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Yves Ollivier : « L’ifc veut reconquérir le public du cinéma… »

Le directeur de l’institut français du Cameroun (Ifc) présente les contours du cinéma numérique qui sera inauguré les 28 et 29 mars prochain à Yaoundé et Douala.

 

Dans quelques semaines, l’institut français de Yaoundé (Ifc) va migrer vers le cinéma numérique. Quels sont les contours de ce projet ?

Le cinéma c’est le film, c’est une technique, on sait bien que le cinéma au Cameroun rencontre les difficultés. Il n’y a plus de salle depuis très longtemps, l’habitude de venir voir des films dans une salle, collectivement et non pas dans une salle à manger devant son écran de télévision, est perdue. Donc, il faut reconquérir le public, en programmant les films que les gens ont envie de voir. Mais c’est surtout de les programmer dans des conditions techniques de meilleures qualités possibles aux standards internationaux.  L’évolution du cinéma dans le monde entier, c’est d’abord le passage du 35 mm qui était le standard habituel au cinéma numérique. C’est-à-dire qu’on arrive avec des moyens modernes, les nouvelles technologies à une qualité de projection et de diffusion de meilleure qualité de sonore. Cela nécessite sans doute des équipements sophistiqués très modernes. Étant donné que ces migrations sont observées dans tous les pays du monde. La vraie question est de savoir si cette production est possible dans les pays en voies de développement. Il se trouve que le ministère des affaires étrangères, le centre national du cinéma français, a décidé de faire un effort financier pour équiper un certains nombres de salles dans les instituts français en Afrique. Notamment Abidjan, Dakar, Ouagadougou, Yaoundé, Douala entre autres.

Est-ce que le cinéma en salle que vous-voulez encourager  avec cette migration va intéresser les camerounais ?

Les camerounais ont été habitués aux salles il y a longtemps. Il y a eu toute une période durant la colonisation où il y avait des salles de cinéma très fréquentées. Elles réunissaient des gens, des foules énormes et très diversifiées. Tout d’un coup cela s’est arrêté pour des raisons d’équilibre économique. Mais c’est une perte pour le public. De même, c’est aussi une perte pour le cinéma camerounais et africain qui n’a plus de possibilité de diffuser. Donc nous sommes dans une reconquête.

La reconquête se passe par des programmes, qu’est-ce qu’on propose au public, pour permettre de concurrencer positivement les feuilletons qu’on voit à la télévision, les séries, brésiliennes, argentines, nigérians etc. Il faut donc proposer autre autres dans des conditions de diffusion de haute qualité. Ce n’est pas parce qu’on est en Afrique qu’on doit se contenter des mauvaises conditions de projections. La technologie moderne nous permet de bien faire les choses. Faisons- les biens.

Parlant des contenues de ces nouvelles programmations. Des collaborations ont-elles été prévues avec les cinéastes camerounais ?

Nous sommes au début du projet. Nous aurons des séances de travail à l’approche de l’inauguration, on va projeter des films à Yaoundé et Douala. On va diffuser la diversité du cinéma du monde entier ami avec un focus sur le cinéma africain. On va continuer de promouvoir le cinéma africain et francophone. Mais cela ne nous empêche pas de faire un festival de cinéma indien, américain italien etc.

Propos recueillis par Viviane Bahoken

 

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