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Michel Ndoh : « Le Cameroun a beaucoup de talents…»

  1. Michel Ndoh était le président du jury du Concours de Créativité initié par le Centre Culture Camerounais à l’occasion des Journées Portes Ouvertes dudit espace ; plutôt objectif et serein quant à la pérennité de cet établissement 100% camerounais, culturellement parlant, l’homme n’en démord pas quand il s’agit de valoriser « notre propre culture »

Nous sommes en plein dans les Journées Portes Ouvertes du CCC et  il nous a été dévoilé le vainqueur du Concours de la Créativité, par vos soins, puisque vous faisiez partie du jury…

Oui, je faisais partie du jury et j’en étais le président ; je rappelle tout de suite que le concours avait pour thème : Renaissance et innovation culturelle. Ce fut un concours très relevé, et je salue encore le génie des différents candidats car on y a décelé un très fort potentiel.

Peut-on revenir sur les critères ?

Disons que nous sommes restés bien sûr sur la logique d’une critologie basée sur la présentation du travail qu’avaient à faire les candidats, la méthode et la compréhension même du concept, la technique du travail, l’harmonie des couleurs, les dispositions et pour finir, le petit génie qui vient meubler tout cela. L’appel à candidature avait été lancé il y a un peu plus d’un mois, ensuite ils ont été soumis à un règlement qui d’ailleurs avait été affiché sur le site du CCC, c’est-à-dire : présenter une fiche technique sur laquelle certains éléments devaient figurer. Ils étaient 10, mais un seul n’a pas pu présenter un dossier en bonne et due forme, alors il a été éliminé et neuf sont restés. Donc, voilà un peu les critères fondamentaux, parce qu’il faut préciser qu’on s’dressait ici aux amateurs et non des professionnels. Sinon, je le réitère sans détour, nous avons des talents.

Avant d’en venir au vainqueur, un mot déjà sur les retombées de ce concours ?

Déjà la première chose, compte tenu du manque d’espace d’expressions culturelles pour les artistes –puisque pour le moment nous n’avons pas de galerie nationale, mais elle est en gestation-, nous comptons des galeries privées qui elles, obéissent à certaines contraintes et conditions ; pour dire que le vainqueur a entre autres reçu un abonnement d’un an au Centre Culturel Camerounais afin qu’il bénéficie des tarifications spécifiques, il a également l’espace pour exposer ses œuvres sur une durée d’un mois voire plus selon la date qu’il choisira etc. Donc pour vous dire qu’en termes de visibilité, puisqu’il en a besoin, tout est mis en œuvre.

Le vainqueur a-t-il fait l’unanimité et de qui était composé le jury ?

Oui, M. Dieudonné Bayokolak a fait l’unanimité ; vous savez dans un jury il faut équilibrer les choses et les dispositions sont telles qu’on prenne les gens selon les sensibilités. En fait ce jury était un composite de personnes assez outillées dans l’art surtout d’artistes peintres avérés et enseignants de surcroit ; moi qui vous parle, je suis Commissaire d’expositions. Je travaille beaucoup sur les problèmes liés à la scénographie, aux lumières, à l’esthétique, mais il y avait à côté de moi ceux qui sont beaucoup dans l’éthique. Bref, le président du jury que je suis avait plus un rôle de coordonnateur, celui qui régule et non celui qui impose. Donc le résultat final est très objectif ; maintenant il faudrait bien que l’on poursuive dans ce sens, que chaque semestre au moins l’on organise d’autres éditions du genre, mais penser également à accorder plus de temps aux candidats car certains ont produit en moins de trois semaines notamment la jeune fille qui n’a eu que quatre jours mais qui s’en est sortie plutôt pas mal. Je tire un coup de chapeau au MINAC pour l’initiative, à Mme Ama Tutu Muna. Bien de choses à tous ceux-là qui ont le privilège et le devoir de mener à bien la culture Camerounaise. Des espaces comme le Centre Culturel Camerounais, ne sont pas légion, mais quand il y en a « un », il est très important que chacun de nous puisse s’y impliquer. C’est leur lieu, qu’ils se l’approprient, qu’ils émettent des suggestions ; et retenons qu’aucun peuple au monde n’a pu se développer sans passer par la culture. C’est la culture qui est la base du développement de tout pays. Alors, que les annonceurs, les sponsors, les communautés décentralisées  -j’en appelle les maires et le délégué du gouvernement se manifestent afin que cet espace puisse grandir, et que d’autres puissent naitre aussi. Si notre culture marche, beaucoup de choses changeront, j’en suis persuadé.

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