Sali Yao sadjo : « je rends un vibrant hommage aux lamibés du grand nord »

Interviews, Musique — Par admin le lundi 12 octobre 2009 à 09:07 a lundi 12 octobre 2009 à 09:07

img_0042Beaucoup le connaisse sous le nom de Sali Ngong, Sali Yao Sadjo est bel et bien natif de Ngong cette localité située à 40km de Garoua. « On m’a surnommé Sali Ngong parce que c’est ma ville de naissance et j’y réside également » nous a-t-il confié en aparté. Originaire de Hina, Sali  dit appartenir à ces deux localités qui font partie de sa vie. « Mes parents sont de Hina, ils sont venus s’installer à Ngong juste après l’indépendance. C’est tout à fait normal que ces 2 localités à savoir Ngong et Hina fassent parti de ma vie » dit il. Il vient de commettre son tout premier qui s’intitule Yidé Debo, Après 30 ans de carrière. Nous l’avons rencontré dans son domicile à Ngong, il nous parle de cet opus.

Qui est Sali Yao sadjo ?

Sali est un artiste camerounais auteur-compositeur-interprète, qui est dans la musique depuis 1979. Je vis à Ngong (localité située à 40km de Garoua, capitale régionale du nord Cameroun, ndrl). Je suis originaire de Hina, c’est une localité située à l’extrême nord du Cameroun. Je suis également marié et père de 3 enfants. Je suis l’un des pionniers de la musique sahélienne.

Parle-nous de tes débuts ?

Comme je l’ai tantôt dans mon propos liminaire, je suis dans la musique depuis 1979. Je dirais que ça n’a pas été facile de convaincre les miens qui  considèrent le musicien comme un raté. Je dois également rappeler que je ne viens pas d’une famille de griot. J’ai commencé des troupes traditionnelles, après j’ai appris à composer mes propres chansons, à jouer à la guitare et à la Gaya (guitare traditionnelle à deux cordes). Jusque là je ne me produisais que lors des fêtes traditionnelles, lors des mariages, bref lors des grandes cérémonies traditionnelles. J’avais fait une maquette au Nigeria depuis des années, faute de producteur, j’ai décidé moi-même de passer à l’action. L’album est disponible depuis quelques mots.

Justement, parle-moi de cet opus ?

C’est un album de 8 titres qui s’intitule Yidé Debo (l’amour d’une femme peul). En fait je parle de l’amour de la femme peul, lorsqu’elle t’aime, c’est des problèmes et même lorsqu’elle ne t’aime pas c’est également des problèmes. On retrouve entre autre les titres tels NGiwa lamido (le roi Eléphant en Haoussa), je rends un vibrant hommage aux lamibés du grand nord, plus spécialement à mon lamido, le lamido de Tchebboa. Le titre Ngong Loumo Manga (Ngong le grand Marché), je parle du marché de mon village, Ngong. C’est un marché Hebdomadaire (tous les lundis), les gens viennent de Garoua, du Nigeria, de partout. Je dois rappeler que mon album a été enregistré au Nigeria, dans l’Etat de Adamawa State.

Pourquoi t’as choisi chanté en Fulfuldé et quelle est ta cible ?

Je chante en fulfuldé, premièrement c’est la langue que je maitrise le mieux. Deuxièmes, je voudrai valoriser cette langue comme les sénégalais le font avec le Wolof, les Maliens avec le Bambara, Les Nigériens avec le Haoussa. Il est vrai que j’aspire à faire une carrière internationale, il est aussi vrai que mes objectifs premiers c’est avant tout de devenir célèbre chez moi et comme le fulfuldé est une langue qui est causé par toute la population du grand nord, le message que je véhicule passe facilement.

Comment t’organises-tu ?

J’ai orchestre complet à moi, j’ai à ma charge onze personnes, nous répétons tous les jeudis et samedis chez moi à Ngong.

Ou peut-on se procurer l’album ?

L’album est disponible dans ma localité à Ngong, vous pouvez aussi m’appeler au (237) 77 08 59 91 ou au (237) 97 19 37 29, nous verrons comment vous le faire parvenir. Nous sommes aussi entrain de travailler pour qu’il soit accessible sur le net, je parle bien entendu du téléchargement payant. C’est juste une histoire de temps.

Quelques contacts utiles ?

Vous pouvez m’écrire à saliyaosadjo@yahoo.fr.

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