Retic 2009 : Rideau en humour et en hommage

A la une, Théatre & Danse, Théâtre contemporain — Par ydrisu le vendredi 04 décembre 2009 à 22:19 a vendredi 04 décembre 2009 à 22:19

La dernière scène de la 17è édition a eu lieu mardi au Ccfv de Yaoundé, devant un public des grands jours.

Ainsi donc pendant que le pays s’embrasait au début des années 90 suite à l’effervescence consécutive au vent d’Est et à l’ouverture démocratique, le jeune Valéry Ndongo faisait ses classes. «Parce qu’il n’y a pas de conservatoire chez nous et parce que ça coûte cher en tout cas, c’est au kwat [quartier] que j’ai fait ma formation d’acteur». Cela en fréquentant assidûment les «Video clubs» qui diffusaient à longueur de journée des films divers dans les entrailles des sous-quartiers de Yaoundé. C’est dans ces baraquements de fortune et entre deux causeries qu’il a entamé une histoire avec le cinéma qui allait l’amener plus tard à créer un personnage fort ironique du nom de James Black.

logoretic_droitEt quel personnage ! Pourrait-on s’exclamer. Personnage que le public a redécouvert hier à la faveur de la cérémonie de clôture de la 17è édition des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic). C’était à Yaoundé sur les planches du centre culturel François Villon. Pour un spectacle inoubliable de 90 minutes. Où les souvenirs d’enfance donnaient le change à la dureté de la vie dans les sous-quartiers ; où la question des mœurs et des valeurs était portée à la surface par un talent certain ; où la présence scénique et la maîtrise du texte assurait ; où l’insuffisance des espaces de spectacles, voire leur absence contrastaient avec le talent de l’artiste; où la performance d’ensemble donnait des gages sur l’avenir d’un humoriste qui en a encore dans le ventre et la tête.

Evénement

Si le spectacle de Valery Ndongo a tant fait marrer le public, il reste qu’il n’y eût pas que de l’humour mardi soir. Ce fût également l’occasion pour Ambroise Mbia et son équipe de faire le bilan de la semaine qui s’achevait ainsi. Semaine au cours de laquelle toutes les articulations prévues au programme ont bien été au rendez-vous. Ce fût le cas des ateliers (il y en a eu trois sur la régie, le conte et la mise en scène) et des spectacles qui ont eu lieu aux dires du président du comité d’organisation à Yaoundé, Douala, Dschang et Buea. Lui qui a aussi ajouté que «quelques manquements ont été observés». Sans toutefois plomber l’édifice. Un événement dont le retour après une édition manquée l’année dernière a été salué par les amoureux du théâtre. Qui ont répondu en nombre pour cette dernière scène. Une scène qui a vu les femmes du théâtre être reconnues par leurs pairs.

C’est ainsi que Werewere Liking, Rabiatou Njoya, Massan à Biroko, Anny Tang (pour le Cameroun), Mariam Mayoumbila (Tchad) Martine Quentric-Seguy (France) ont reçu un hommage très applaudi. Et si la dramaturge grecque Lia Karavia, la grosse pointure de cette édition, ne fût point présente à la soirée après un séjour de quelques jours à Yaoundé, les comédiens, metteurs en scènes et techniciens étrangers étaient bien présents.
Des hommes et femmes de théâtre qui avaient mis à profit la semaine pour se voir, se parler, échanger. Pour le bien d’un art qui commence à renaître au Cameroun après une longue traversée du désert. Et qui ne trouvera son salut qu’avec l’implication des pouvoirs publics que Werewere Liking a appelé de tous ses vœux dans son allocution de circonstance.
Un vœu dont on pourrait évaluer le niveau de réalisation lors de la 18è édition qu’Ambroise Mbia a promis de mettre en route au sortir de celle-ci. Et qui est prévue du 17 au 25 novembre 2010.

Parfait Tabapsi / http://www.quotidienmutations.info

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