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ART PLASTIQUE : Abdalle Amara, peintre du désordre urbain.

Portrait du plasticien Abdalle Amara, un peintre multidimensionnel.

La passion, la détermination, la foi, une sainte trinité chez Abdalle Amara. Un artiste plasticien qui, grâce à son regard pluriel et son talent, est parvenu à se faire une place dans le gotha de la culture du Grand Nord. Abdoulaye Sali de son vrai nom est né le 09 mai 1986 à Garoua. Tout commence par la bande dessinée pour Abdalle Amara. « Dès le bas âge j’ai commencé à copier les bandes dessinées les personnages de dessin animé. Mon père qui l’a remarqué m’a inscrit à la Maison des Jeunes de Garoua (Mjc, ndlr) en 1994 afin d’acquérir les bases du dessin et de la peinture », se souvient encore Abdalle qui avait pour maitre le célèbre plasticien William Kayo.

C’est en 2006 lors d’un stage d’approfondissement  Mjc de Garoua que sa carrière a connu plusieurs bouleversements. « Il y’avait un projet de fresque murale. C’est à cette occasion que j’ai connu les artistes professionnels tel que Abiamba Francis, Pade et bien d’autres » Des ainés au parcours bien rompu qui conseillent au jeune Abdalle d’aller à l’Institut de Formation Artistique de Mbalmayo afin de se former. Un conseil que va suivre Abdalle qui intègre l’Ifa en 2007. Comme une révélation, il découvre alors les artistes de la renaissance tels que Léonard De Vinci, Michel-Ange, Raphaël. Insatiable, sa quête de connaissance le mènera par la suite à la découverte de  Picasso, Barsquiart, Pollock.

Toujours plus loin, toujours plus haut, au courant de l’année 2008, Abdalla Amara décide de rejoindre capitale économique Douala. Ce périple en territoire va non seulement lui permettre de prendre part à de nombreux projets, mais  il fera également la rencontre de plasticiens Kemplo, Chopping, Bobi, Ajarb. « Ce brassage de culture et d’ethnie m’a aidé à développer d’avantage mon travail et me permet de d’expérimenter plusieurs styles et courants artistiques ». Entre 2008 et 2012 Abdalle prendra part à plusieurs projets et expositions collectives. Dans la foulée son talent se bonifie et les lauriers s’enchainent.  Lauréat de la foire de l’initiative et de la créativité des jeunes au palais de congrès de Yaoundé en 2012, ces œuvres trouvent par ailleurs acheteurs. L’Ong Shasoh fait alors appel à lui pour un projet à Douala visant à enseigner les techniques de l’art aux enfants de en difficulté du centre d’accueil de Bepanda et les prisonniers mineurs de la prison de New Bell.

En 2013, pour des raisons professionnelles Abdalle Amara va s’installer à Maroua, puis à Garoua. Depuis 2015 a pris ses quartiers à Yaoundé où ses œuvres, en compagnie de celles d’autres artistes Camerounais sont exposés dans plusieurs galeries de la capitale. Même s’il se réjouit de son parcours, Abdalle Amara a tout de même un pincement au cœur lorsqu’il regarde la situation des arts dans le Grand Nord. « Les arts plastiques restent encore peu connus dans le Septentrion. Il manque de galerie d’art ou de vitrines d’exposition, des monuments et il manque cruellement d’artistes. Pourtant le Septentrion est riche de par sa diversité culturelle, les paysages que l’artiste peut mettre en valeur à travers les arts plastiques »

S’intéressant à la thématique de la saturation en milieu urbain notamment les bidonvilles, les embouteillages, le plasticien Abdalle Amara travaille actuellement sur sa première exposition solo prévue en 2017. Parallèlement, il rencontre des mécènes pour financer un projet de galerie dans le Septentrion : « plus qu’une simple galerie, ce lieu sera un centre pour l’art, le savoir et la société, où toutes les facettes et les apports de l’art sont valorisés, afin de le rendre accessible au plus grand nombre», affirme-t-il.

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