A la uneInterviewMusique

Tenor : « Le succès n’est pas facile à vivre…»

Il a lancé tout un mouvement : Le Dab, il a fait danser la Première Dame, il fait crier les gars et trembler les filles, lui c’est TENOR, Le fiang le way le ya mooh pour les intimes. Il s’est entretenu avec nous afin que vous le connaissiez mieux… Bonne lecture à vous !

Bonjour Tenor c’est un plaisir de te recevoir sur culturebene

Bonjour Culturebene c’est moi qui vous remercie pour tout le travail que vous abattez pour la culture, son évolution.

Le mérite vous revient, vous « la jeune génération » qui aujourd’hui apportez du vôtre pour l’évolution de la musique urbaine camerounaise qui tutoie désormais les cimes ; Tenor en fait partie et ses titres sont scandés partout… Au-delà de cette reconnaissance, revenons sur la personne. Qui est Tenor ?

Je me nomme MENGOMO AYA Thierry, je suis d’Akonolinga, un BETI 100%, mon père est Ewondo et ma mère est Bulu. Avant mon succès dans le hiphop j’ai pratiquement fait trois ans à Edéa qui est aujourd’hui mon sanctuaire, car c’est de là que je tire mon inspiration, c’est où tout a commencé.

Il nous a été rapporté que vous seriez en classe de Terminale… Avec cette montée fulgurante, comment est-ce que vous arrivez à gérer les études, les camarades, quel est le climat avec vos enseignants ?

Disons qu’aujourd’hui je ne suis plus dans un lycée ou dans une école, je continue d’apprendre comme un autodidacte ; vous savez, avec la responsabilité que j’ai aujourd’hui, les chances que Dieu m’a accordé de pouvoir m’exprimer, le bas qui blesse c’est indéniablement le fait de ne plus pouvoir suivre assidument les cours comme tout élève normal. Cependant, comme je l’ai dit plus haut, j’apprends au jour le jour, grâce à mes recherches en ligne ou sur le terrain si les circonstances s’y prêtent.

Qu’est-ce qui a changé chez Tenor ou son entourage ?

Je l’apprends à mes dépens ; le succès ne nous change pas forcément, mais plutôt les gens autour de nous. Ceux qui sont avec toi et te connaissent véritablement, comprennent, mais les autres c’est pas le cas. Ils te regardent autrement, tes moindres défauts sont amplifiés, ils te jugent à leur guise… C’est normal que le succès change l’intéressé dans la mesure où il a de moins en moins de temps à consacrer aux amis et proches, les responsabilités à assumer, les sollicitations un peu partout, etc. Mais l’entourage ne le prend pas toujours bien, alors bonjour les préjugés, les mauvaises interprétations des choses. Voilà quoi !

In fine, le succès n’est pas facile à vivre !

Pas facile du tout, mais qu’est-ce qui est donc facile ? Rien finalement ! Même le motoman qui sort de chez lui matin peut faire un accident banal et ne plus arriver à subvenir aux besoins de sa famille. Rien n’est facile dans la vie. Il faut juste se donner les moyens de réussir dans la vie.

Vous êtes très adulé des jeunes et en partie les jeunes filles, avec tous les risques que l’on puisse imaginer… On vous sait très jeune, alors forcément, quelqu’un joue le rôle du gendarme auprès de vous…

Avant tout, nous sommes des humains, donc il peut arriver que le succès nous monte à la tête, que l’on soit dépassé par certains évènements, ou tenté de faire des choses pouvant entraîner de lourdes conséquences… Bref, je remercie mon équipe qui est toujours là pour me remettre sur le droit chemin, il y a surtout ma famille car elle est là à chaque fois. Elle me montre au quotidien que peu importe ce que je suis devenu, je reste leur fils, leur frère, c’est tout ce qui me reste si jamais il m’arrivait de perdre tout.

On remarque qu’autour de votre cou vous portez une chaine dorée avec une grosse croix ; vous êtes chrétien alors ?

Oui oui je le suis…

Vous priez beaucoup alors …

Euh… Oui, malgré l’emploi du temps surchargé on trouve toujours un peu pour prier, rendre grâce à Dieu. Ce n’est plus très évident de se rendre à l’église, de peur de créer un désordre ou même monopoliser les attentions. Alors le moindre petit coin me sert d’église et je rends grâce à Dieu, car sans lui, peu importe ce que tu ferras, ça n’aboutira pas.

Et deux années ont suffit pour qu’il vous bénisse véritablement ; une bénédiction qui ne fait pas que des amis, car au regard des avis à votre sujet, certains se posent des questions sur votre bague à la pierre rouge, vos dents en or, et vos yeux tout le temps blanchis. Tout cela n’est-il que pure superstition ?

C’est dommage pour eux, moi je ne suis pas si surpris de mon succès ; il y a certes à peine 5 ans que je me suis mis à rapper, je prenais de l’argent de mes cotisations de classe pour voyager et venir rencontrer des grand-frères juste pour des conseils. En fait ceux qui m’ont connu à cette époque vous le diront, je suis un mordu de la musique et du rappe, j’écris et rappe sans arrêt, c’est comme une drogue, et le don que m’a fait Dieu de retenir le maximum de textes et la capacité d’improviser à chaque fois, ont largement contribué à ce à quoi vous assistez aujourd’hui. Alors, les bagues, les dents en or et tout… bah, c’est juste des artifices pour identifier le personnage, sinon la personne reste la même au fond.

Il faut également préciser que le succès de Tenor tient de la confiance qu’a mise en lui le label WAR MACHINE… Racontez-nous cette histoire !

En fait je rencontre le boss de War Machine qui n’est autre que Dex Willy, lors du tournage du titre Les Lions sont fâchés Remix. J’ai fait le remix de cette chanson qui en réalité est celle de Dex Willy, et Still Dash qui est un ami à moi, me le présente sur le plateau de tournage. Voilà, il a écouté et il a beaucoup apprécié. Malheureusement le clip n’a pas pu sortir. Après ça on s’est assis, on a échangé longuement, puis par la suite je continuais de lui envoyer mes chansons, jusqu’au jour où il me fait un whatsapp me disant ; « Ecoutes petit, on va te construire une carrière. On va prendre ta carrière en main et on évoluera ensemble dans le sérieux ». Voilà comment War Machine me signe. A partir de là on a sorti « Nathalie », « La fille là est laide remix », « Gatié Abedi remix », puis « Do le dab » et aujourd’hui « Kaba Ngondo », sans compter les grosses surprises qui arrivent.

Entre temps, Tenor a TENORisé la 11ème édition des CANAL 2’OR au point d’inciter la Première Dame à esquisser le Dab… Comment vous êtes-vous senti en ce moment ?

J’étais tout simplement très émerveillé ; cependant, ce que beaucoup n’ont pas compris c’est qu’à chacune de mes scènes je cherche toujours à satisfaire tout le public, et je prends chaque scène comme si c’était la toute dernière de ma vie, donc je me donne à fond. Pour revenir au moment dont vous faites allusion, oui, j’ai bien remarqué que la Première Dame faisait déjà le Dab étant assise, puis je me suis dit : ouiiiiii ! Mais j’avais tout un public à chauffer alors j’allais d’un bout à l’autre de la scène dans le but de communier avec l’ensemble. Je savais qu’il fallait que je reste concentré et que en focalisant l’attention sur la Première Dame je risquerais de léser le reste du public… Mais après elle s’est levée, et c’était vraiment fou ; je me suis dit intérieurement : Voilà un pas de marquer, le travail est en train de payer, Dieu a béni !

C’est désormais des collaborations avec des groupes et artistes internationaux qui se peaufinent, des nuits blanches dans les studios d’enregistrement, des scènes dans différentes villes du pays… Comment est-ce que Tenor arrive à tenir ?

Tout est question d’organisation ; à l’école je faisais Marketing et communication et on nous apprenait comment gérer un certain nombre de choses dans une organisation. Donc je m’organise beaucoup avec mon équipe, vu que je n’ai pas encore de homestudio je bosse sans arrêt avec mon Dj Ramzy. Nous avons des dizaines de singles enregistrés et ce n’est qu’un début. Je ne passe pas mon temps libre à fêter ou à m’amuser, je me mets sur mon cahier et j’écris

Revenons un tant soit peu sur cette rumeur sur une prétendue relation entre vous et Coco Emilia… On a évoqué des captures de conversations whatsapp émanant de vous… Que s’est-il réellement passé ?

Coco Emilia est une femme que je respecte,  qui se respecte elle-même et qu’on respecte; c’est une femme qui a une image, elle influence beaucoup de personnes notamment la jeune fille, d’ailleurs elle représente une grosse entreprise dans les différentes villes du pays et partout ailleurs, donc son image doit être respectée. J’ai eu vent de cette histoire… les screenshots etc… Bref s’il y a eu une histoire de la sorte et que je suis présenté comme fautif, la première chose qui me vienne en tête c’est de préserver l’image de Coco Émilia pour ceux qui la regardent et ceux qu’elle influence. Je lui ai présenté mes excuses sur mon compte Instagram et on s’est d’ailleurs vu par la suite on a longuement discuté, entre elle et moi il n’y a pas de problème ce ne sont que des ragots comme on en a l’habitude au pays. C’est une grande sœur et j’en étais navré. Bref il y a des gens qui n’ont rien  à faire que de s’occuper de la vie des autres en créant des comptes fictifs pour insulter et calomnier.

On va sortir de cet entretien, mais on ne le saurait, sans s’enquérir du jardin secret de Tenor ; est-il un cœur à prendre, aurait-il une fiancée quelque part qui veille sur lui après ses performances scéniques ?

(Rires) Pour le moment j’y pense pas vraiment ; ce qui m’importe c’est ma carrière et la femme de ma vie pour l’instant c’est ma mère. Je suis encore très jeune, et j’influence pas mal de jeunes,  donc quand j’ai besoin d’une femme pour me remettre sur les rails, bah je me réfère à ma maman qui me gronde ou me lessive correctement afin que je ne flanche pas.

C’est quoi le style de fille qui plairait à Tenor ?

Avec tout le respect que je dois aux femmes, je dirais que je n’ai aucun critère de sélection ; je suis un bon gars et je ne suis pas rare. Si vous avez seulement le Kaba Ngondo il faut venir yaaaah mooooh !

Bon courage à vous !

Merci encore Culturebene

 

Commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Ne manquez aucune actu !

Laissez votre adresse e-mail pour recevoir une selection des meilleurs articles du site !
Email
Prénom
Secure and Spam free...