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Portrait : Aminata Diallo-Glez, Actrice-Animatrice-Réalisatrice burkinabè

Née en 1972 à Dori (Burkina Faso) Aminata Diallo-Glez est de nationalité franco-burkinabè. C’est au théâtre qu’elle fait ses armes de comédienne : six ans au Théâtre de la Fraternité de Jean-Pierre Guingané à Ouagadougou et coordonnatrice de l’Ecole de Théâtre de l’UNEDO (Union des ensembles dramatiques de Ouagadougou), elle co-crée en 1996 la compagnie Les Bon Contes Font les Bons Amis qui monte des spectacles de contes sur Ouaga. Au cinéma, elle joue dans « Puk Nini » de Fanta Regina Nacro, et dans « Le pardon » d’Antoine Yougbaré.

Mais c’est à la télévision qu’elle devient célèbre, avec le sitcom « A nous la vie ! » réalisé par Dani Kouyaté et surtout « Kadi Jolie » que réalise Idrissa Ouedraogo. Soucieuse de se donner les moyens de ses ambitions, elle co-crée en 1999 la société de production Jovial’ Productions, dont elle est la directrice et qui coproduit Kadi Jolie. Aminata Diallo, épouse Glez, rêvait d’abord de devenir médecin, un peu comme son Feu père Hassane Diallo, qui était docteur vétérinaire. Mais attirée par les planches, plutôt pour affirmer son indépendance et pour se prendre en charge, celle que tout appelle désormais « Mimi » ou « Kadi Jolie » a fait et continue de faire le bonheur des amateurs de théâtre et des cinéphiles, tant ses prestations sont exquises. « Mon parcours scolaire n’a rien d’extraordinaire ! J’étais comme tant d’autres, pas très brillante, mais pas fainéante non plus… » dixit Aminata Diallo.

Aminata Diallo poursuivait sa scolarité à Wemtenga, un quartier populaire de Ouagadougou. Un soir, alors qu’elle fréquentait la classe de seconde, en revenant des cours, elle entre, par curiosité, dans l’enceinte du Théâtre de la fraternité, où Jean-Pierre Guingané, un monument du théâtre burkinabè, et sa troupe étaient en pleine répétition. « Au début, je m’asseyais et je regardais les autres faire. Un jour, on m’a proposé d’essayer quelque chose. J’étais alors assez timide, mais les choses se sont améliorées progressivement, parce que j’ai été prise en main par des aînés comme Etienne Minoungou, Désiré Yaméogo ou Jean-Baptiste Guigma », raconte-t-elle. C’est le déclic ! Elle décide d’intégrer la troupe, qu’elle fréquente assidûment, une fois l’école terminée. « J’ai vite compris que c’était une autre forme d’école. Jean-Pierre Guingané est un éminent professeur et les textes qu’on apprenait nous formaient vraiment. J’étais aussi attirée par la vie communautaire qui règne dans les troupes de théâtre » affirmait-elle. En fait, Aminata Diallo venait juste de décrocher son baccalauréat G1 (secrétariat). Alors que ses rêves de devenir médecin ont cédé la place à une folle envie d’étudier l’anglais, elle est orientée au département de linguistique de l’Université de Ouagadougou.

Déjà sociétaire du Théâtre de la fraternité, la jeune femme décide de se consacrer entièrement au théâtre et de laisser libre cours à son art. A partir de ce moment, tout s’enchaîne pour elle. Le Théâtre de la fraternité est beaucoup sollicité. La jeune comédienne enchaîne tournée sur tournée avec sa troupe au Burkina et en Europe. Mais ses meilleurs souvenirs au théâtre restent celles des années passées à sillonner le Burkina pour jouer des pièces de sensibilisation, dans des villages parfois reculés, sur des scènes rudimentaires ou même au bord de la route tout simplement. Au début des années 90, elle entame un autre épisode de sa vie. Fanta Regina Nacro, une réalisatrice burkinabè, lui propose un rôle dans son film « Puk-Nini » (Ouvre les yeux). C’est le début d’une fulgurante carrière dans le cinéma.

La série télévisée « Kadi jolie », dont elle l’héroïne principale, diffusée par la télévision nationale, des chaînes africaines et même internationales, comme TV5, lui donne une aura continentale. Des prisonniers lui ont même écrit du Rwanda pour la remercier pour ces sublimes minutes d’évasion qu’elle leur offre à travers la série. Aujourd’hui, la petite Mimi est devenue une chef d’entreprise avisée, qui dirige avec brio « Jovial’ Productions », la maison qui a produit, entre autres, la série « Trois hommes, un village » – Prix de la meilleure série au Fespaco 2005 – et son alter ago, « Trois femmes, un village », ainsi que « Super flics » (ou « Marc et Malika »), une série qui ne manque pas d’aventures policières. Accroc des arts, et des arts du spectacle en particulier, « Mimi » initie « Fêt’Arts », un festival destiné à la galaxie artistique, qui rassemble, chaque année, de grands noms du monde artistique et culturel burkinabè et africain. Conçu comme une fête, « Fêt’Arts » (Artistes en fête), est incontestablement, aujourd’hui, un rendez-vous majeur dans l’agenda culturel du Faso. Constamment sur les scènes et devant la caméra, souvent derrière le cadreur où elle troque volontiers son costume de comédienne contre une tunique de réalisatrice, toujours entre deux avions, vêtue aussi de sa casquette de productrice, pour négocier et trouver des financements pour ses projets, Aminata Diallo Glez tient à préserver sa famille des spots de la starmania.

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