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Kimpa Vita, étoile révolutionnaire et « Jeanne d’Arc du Kongo » !

Brûlée vive sur un bûcher, la prophétesse Kimpa Vita a libéré la fierté de l’identité noire et porté une foi émancipatrice sur un continent en proie à l’oppression.

Une allure élancée, une prestance de sainte et « de si grands yeux »… C’est ainsi qu’est décrite au début du XVIIIe siècle Kimpa Vita, grande prophétesse du Kongo, par les missionnaires européens. Si les écrits à son sujet sont si nombreux, « c’est qu’elle inquiète beaucoup les colons portugais et l’inquisition. Suffisamment, même, pour qu’on veuille la tuer », précise l’historienne Catherine Coquery-Vidrovitch.

Kimpa Vita, de son nom chrétien Dona Beatriz, utilise la même arme que celle de ses ennemis : la religion. Un jour, alors qu’elle est à peine âgée de 20 ans, la jeune femme a une révélation. Saint Antoine, un chrétien vénéré par les colons portugais, lui apparaît en vision. Tel un frère, il est noir. Il lui ordonne de retrouver Pedro IV, l’actuel roi du Kongo qui a déserté le royaume, et de le ramener à Mbanza Kongo, la capitale (appelée São Salvador par les Portugais), afin d’unifier le royaume qui souffre de divisions internes.

À cette époque, le Royaume Kongo recouvre un immense territoire du centre de l’Afrique, s’étendant de l’Angola au Gabon actuels, en passant par les deux Congo.

L’intensification de l’esclavagisme

La révélation mystique de Kimpa Vita suscite l’espoir dans cette région colonisée. Trois siècles plus tôt, les colons arrivés par bateaux avaient été traités par le roi comme des partenaires commerciaux. « Il y avait alors une bonne entente entre chefs côtiers et négriers portugais ou hollandais », souligne Catherine Coquery-Vidrovitch.

Conséquence : les missionnaires portugais et capucins, également présents, propagent la religion chrétienne dans le royaume. Le roi se convertit lui-même en 1591.

JÉSUS-CHRIST N’EST PAS BLANC, MAIS NOIR, ET LA TERRE SAINTE EST LE KONGO

La roue tourne au XVIIe siècle. Alors que les plantations de cannes à sucre deviennent prééminentes en Amérique, « le commerce des esclaves s’intensifie drastiquement, jusqu’à devenir la traite que nous connaissons. L’Africain se transforme en personnage méprisable dans le regard de l’homme blanc, et le Noir est perçu en simple esclave », poursuit l’historienne.

 

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