Inside

Garoua: Mvogo Elise-Christelle promeut le fruit de Baobab

Lors de la visite des stands d’exposition durant la récente assemblée générale annuelle de l’association camerounaise des femmes ingénieures agrosylvopastorales tenue à Garoua le 04 mai dernier, le ministre délégué chargé de l’agriculture et du développement rural, madame Ananga Messina Clémentine, avait été particulièrement impressionné par le stand de l’entreprise James Services, tenue par sa fondatrice madame Mvogo Elise-Christelle. Un stand où l’on pouvait avoir de l’huile de fenugrec, de la farine de fonio, de l’huile de ricin, de l’huile d’argan, de la poudre de chebe, des produits de gommage naturel ou encore de la farine de céréale. Mais le produit phare qui a captivé durant une dizaine minute l’attention de la ministre déléguée qu’accompagnait le gouverneur de la région du Nord, c’est la poudre de pain de singe, extrait du fruit du baobab que dame Mvogo Elise-Christelle avait pris soin de transformer pour obtenir différents produits dérivés. Originaire du département de la Sanaga Maritime, Mvogo Elise-Christelle est une Bassa qui connait mieux que quiconque le baobab, cet arbre millénaire qui caractérise les paysages de la partie septentrionale du Cameroun. Elle pratique traditionnellement la transformation de la pulpe de Baobab en poudre depuis bientôt deux ans. Sans aucune formation préalable, c’est plutôt à partir des recherches personnelles sur internet et après s’être abondamment documenté, elle a pu acquérir les techniques nécessaires pour pouvoir avoir une poudre sans impureté, sans grumeaux et transformée dans des conditions d’hygiène satisfaisante. « Ma passion pour le pain de singe est née spontanément. J’étais animée par le souci de valoriser cette poudre est utilisée en cosmétique, en préparation culinaire et dans la pharmacopée mais dont les populations du septentrion ignorent les nombreuses vertus », explique-t-elle.

En effet, le pain de singe, particulièrement riche, contient six fois plus de vitamine C qu’une orange, deux fois plus de calcium que le lait, et une quantité importante de phosphore et de fer, sans compter les antioxydants. « C’est l’aliment idéal pour éviter la dénutrition des personnes âgées et c’est aussi un aliment fortifiant conseiller pour les nourrissons puisqu’il est la source de nombreux micronutriments et antioxydants », explique Mvogo Elise-Christelle. Cependant, celle-ci se désole de constater que cette ressource qui pousse pourtant en abondance dans le septentrion soit très peu exploitée. « Les populations locales consomment très faiblement le pain de singe. A lieu de sécuriser les arbres qui existent, ceux-ci sont plutôt détruit. Le gouvernement doit urgemment réfléchir sur la question de la revalorisation de la pulpe de Baobab qui peut être exporté et peut faire vivre des familles dans nos villages », déclare Mvogo Elise-Christelle.

D’après elle, la demande du pain de singe étant de plus en plus forte au niveau international et l’autorisation de commercialiser ce produit en Europe ou encore aux USA étant désormais possible, les femmes rurales doivent se regrouper au sein des coopératives et en faire une source de revenus grâce à sa commercialisation. « A l’ère de l’agroalimentaire bio et du marketing autour des aliments exotiques en occident, le baobab africain s’est imposé dans les boutiques occidentales et est au cœur d’un juteux commerce mondial. C’est une source de revenu durable », selon Mvogo Elise-Christelle. Et pour mieux faire connaitre ses produits auprès des consommateurs, elle a créé l’entreprise James Services dont les bureaux sont situés au Centre Artisanal de Garoua et elle utilise les réseaux sociaux pour offrir une visibilité à son business en attendant de lever assez de fonds pour s’attaquer au marché international.

Par Ebah Essongue Shabba

Commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Ne manquez aucune actu !

Laissez votre adresse e-mail pour recevoir une selection des meilleurs articles du site !
Email
Prénom
Secure and Spam free...