Nana Ardo : « L’avenir de la comédie camerounaise est sombre »

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Bonjour Nana Ardo, en quelques mots peux tu te présenter aux internautes de culturebene.com ?                                                   

Bonjour, je suis Nana Ardo, artiste comédien-humoriste camerounais, originaire de la Vina, dans la région de l’Adamaoua.

Comment arrives-tu dans la comédie ?

Quand j’étais adolescent, j’admirais énormément les œuvres de Jean Miché Kankan. Ses cassettes audio m’ont fait rêver et j’ai voulu lui ressembler. Alors j’ai intégré le club théâtre du lycée classique de N’Gaoundéré avant d’aller par la suite rejoindre la compagnie « Danata-théâtre » de l’Alliance Franco-camerounaise de l’Adamaoua ou j’ai été initié à l’atelier de la troupe. Nous étions en 2000. C’est à partir de cette période que j’ai pu avoir les fondements du métier de comédien.

Le justicier, c’est ta première pièce ?

Avant de mener une carrière solo en humour, j’ai d’abord fait partie de quelques compagnies. C’est en 2006 que j’ai entamé mon aventure solo (one man show) et « le justicier » est ma troisième création.

D’où te viennent tes inspirations ?

Les inspirations étant toujours externes à l’individu, me viennent de partout : de tout ce que je vis de prés ou de loin. A partir d’une causerie au quartier, d’un journal télévisé ou radiodiffusé, d’une scène de rue… je crée mes spectacles. Les événements que nous vivons sont riches pour inspirer, il suffit d’être attentif et observateur.

Aujourd’hui être comédien et nordiste est il un avantage ou un inconvénient ?

Aujourd’hui, être comédien dans notre contexte camerounais n’est pas chose facile. Il faut batailler sérieusement de manière âpre pour pouvoir exister étant donné notre clochardisation assez avancée. Maintenant, être comédien, nordiste de surcroit est plus difficile ; comme cette activité n’est pas développée dans le nord-Cameroun, on est vite considéré à priori comme quelqu’un qui doit forcement présenter des lacunes. Mais malgré toutes ces difficultés, c’est beau  que d’être comédien, un vrai ; car on donne de la joie au public et on peut modifier les comportements pour tirer son peuple vers le haut. Et être comédien nordiste a son avantage en ce sens qu’on représente de sensibilités artistiques encore inconnues ou mal connues. Là c’est une force pour aller loin, parce que l’originalité est très connue.

Il y’a peu, tu collaborais avec Ghislain Ebang dans l’émission vendredi show ou tu distillais de la bonne humeur au téléspectateur de la CRTV. Que Devient cette collaboration ?

« Vendredi show » est une famille pour moi. Les portes de l’émission me sont toujours ouvertes. Mais ces derniers temps, je suis moins régulier que par le passé par rapport à cette émission qui m’a révélé.

Avec tout ce talent, ne penses tu pas qu’il est temps pour toi de passer à la vitesse supérieure, c’est-à-dire faire des chroniques comme Mamane et bien d’autres… ?

Je peux faire des chroniques de ce genre si un media me fait confiance et me sollicite pour cela.

Selon toi quel est l’avenir de la comédie camerounaise ?

L’avenir de la comédie camerounaise est à mon humble avis, sombre. C’est vrai que le Cameroun regorge de talents impressionnants parmi les jeunes qui montent, mais malheureusement le Cameroun n’a pas de salles de spectacles dans ses villes pour permettre la création et la diffusion des œuvres artistiques. Pour l’instant, nous ne voyons pas une lueur d’espoir pour rêver dans ce sens. Tu crées un spectacle et ne le représentes que deux ou trois fois et c’est fini. Il faut jouer au ccf et c’est terminé. Heureusement nous avons Othni, le laboratoire de théâtre de Yaoundé ; mais combien d’Othni il nous faudra pour le Cameroun, pour l’avenir de sa comédie ?

La comédie nourrit elle son homme ?

Dans le contexte camerounais actuel, le comédien se bat pour survivre.

Quels sont tes modèles?

Dans l’humour, je n’ai pas de modèles actuellement.

C’est quoi ton actualité ?

Je prépare actuellement un spectacle duo avec Stéphane Alima sur la base de mon texte « Entre les accords et la techno » pour le début de l’année 2012. Et au cours de l’année prochaine, j’aurai une tournée en Afrique de l’ouest et quelques participations déjà confirmées à des festivals internationaux. Ce sera une année déterminant pour ma carrière.

Quelle différence fais tu entre l’humour et le théâtre ?

La différence entre l’humour et le théâtre est très simple. Le théâtre peut véhiculer tout type d’émotions : les pleurs, le rire, l’émotion neutre, la joie… tandis que l’humour doit forcement faire rire, sinon, c’est un échec. L’humour est caractérisé par le rire absolument.

Ton mot de la fin ?

Je salue votre initiative qui promeut notre culture et vous remercie sincèrement d’avoir accordée autant d’intérêt à ce que je fais.

La Rédaction

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