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Nkometou 3 : La première pierre d’un empire du goût et de l’excellence culinaire

Ce mercredi 25 mars 2026, le village de Nkometou 3 est devenu l’épicentre de la gastronomie africaine. Sous l’impulsion d’Aristide Tchemtchoua et avec le soutien de maîtres chocolatiers mondiaux, la pose de la première pierre de son Centre d’Excellence marque le début d’une ère nouvelle : celle où le Cameroun ne se contente plus de produire du cacao, mais façonne ses propres artisans d’élite.

Une mobilisation de haut rang pour un projet d’envergure

L’événement a drainé une forte délégation venue de Yaoundé, de Douala, mais aussi du Togo et de France. Représentant le ministre Luc Magloire Mbarga Atangana empêché, c’est le Pr Brusil Miranda Martine Métoo, Secrétaire Générale du ministère du Commerce, qui a donné le premier coup de pelle symbolique.

Dans son allocution, elle a souligné la portée politique et sociale de l’ouvrage :

« Le Président de la République, Son Excellence Paul Biya, a placé le septennat des Grandes Espérances dans les femmes et les jeunes. Cette initiative a été prise par une femme, Madame Aristide Tchemtchoua. Nous posons la première pierre d’une école qui va former en art culinaire à travers la chocolaterie, la pâtisserie et les glaces ; c’est-à-dire, mettre le savoir-faire des femmes au service du peuple camerounais et de l’Afrique, en formant, en éduquant et en transformant ce que nous avons de mieux comme notre chocolat. C’est la meilleure des choses que les femmes pouvaient faire pour accompagner le septennat des grandes espérances. »

Elle a également réitéré l’engagement indéfectible de l’État :

«Nous allons l’aider à écouler les produits qui seront fabriqués ici, mettre à sa disposition la matière première qui est le cacao. Aucune administration au Cameroun ne sait vendre mieux notre cacao que le ministère du Commerce. »

La vision de Christophe Bertrand : « Former les talents pour faire naître le marché »

Christophe Bertrand, représentant l’Association Chocolatier et Pâtissier du Monde, a partagé une vision audacieuse du développement. Pour lui, l’accompagnement des jeunes des pays producteurs est une priorité qui ne peut attendre :

« L’Association chocolatier et pâtissier du monde a pour objectif d’accompagner les jeunes chocolatiers des pays producteurs du chocolat. Est-ce qu’il faut attendre que le marché existe pour former des talents ? Ou alors il faut former les talents pour faire naître le marché ? Un adage dit qu’il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Nous avons choisi d’avancer, de construire et d’y croire. Nous avons fait ce choix grâce à la détermination d’Aristide Tchemtchoua et au soutien du ministre de Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana. Ce projet prend aujourd’hui une dimension concrète. Avant la pose de la première pierre, les premières machines nécessaires à la formation ont déjà été offertes par une société américaine. Ce que nous construisons ici, ce n’est pas seulement une école, c’est un lieu de transmission, un levier de développement. »

Jean-Paul Hévin : L’amour de la qualité camerounaise

Le célèbre maître chocolatier Jean-Paul Hévin, après avoir encensé Aristide Tchemtchoua, a exprimé son admiration pour le terroir local :

« Je travaille avec le chocolat camerounais depuis quelques années, mon objectif est de faire connaître le cacao camerounais dans le monde entier. Le cacao est un produit qu’il faut nobiliser, valoriser. Le cacao camerounais est un produit de très haute qualité ; je ne dirais pas de luxe, parce que le luxe c’est superflu, mais la qualité, ça ne l’est pas. »

Aristide Tchemtchoua : Transformer les larmes en ambition

Face à la presse, la promotrice n’a pu cacher son émotion : « Je n’exprime que ma joie et ma gratitude. Je suis très fière de voir mes pères derrière moi encourager cette initiative de pouvoir former la jeunesse camerounaise surtout que la demande est extrêmement grande. J’espère que le soutien qu’ils ont promis va aller véritablement jusqu’au bout pour que le projet puisse voir le jour à la grande inauguration. »

Elle est revenue sur son parcours édifiant, rappelant que « le destin n’est pas une fatalité, mais une construction » :

« Mon parcours, c’est celui d’une femme qui a dû transformer ses larmes et ses découragements en une sueur d’ambition. Mon cœur s’est établi ici dans la Lekié, ancienne couturière devenue mère au foyer. J’ai décidé de m’intéresser au cacao en 2015 pour défendre la cause fragile des prix. Je pensais aux efforts de ceux qui se battaient pour fournir un cacao de qualité sans tirer un juste prix. En 2016, j’ai regardé un reportage sur un chocolatier célèbre, Pierre Marcolini, et j’ai compris que notre problème n’était pas la qualité de nos produits, mais l’isolement de notre circuit de vente. »

Elle raconte ensuite son audace incroyable : contacter sur internet les 15 meilleurs chocolatiers de France. Seul le 11e, Christophe Bertrand, répond avec une exigence ferme. Sans garantie et avec des ressources inexistantes, elle contracte une dette de 700 euros (environ 460 000 FR CFA). Un geste de confiance qui touchera Christophe Bertrand au point qu’il viendra au Cameroun accompagné d’autres experts, dont Jean-Paul Hévin. « Jean-Paul et Christophe sont mes parents d’un autre teint », affirme-t-elle aujourd’hui.

Un complexe moderne et hi-tech : Le projet en chiffres

L’école, dont le chantier sera livré dans un an pour un budget global de 400 millions de FR CFA, est entre les mains de l’ingénieur junior Djoumessi. Le bâtiment, bâti sur 800 mètres carrés, se compose de trois blocs stratégiques :

  • Bloc 1 (Académie) : 4 salles de classe théoriques (capacité de 35 étudiants), 4 élaborateurs hi-tech pour la pratique, une salle de soutenance et de conférence.
  • Bloc 2 (Hébergement) : 6 appartements modernes de style américain pour accueillir les enseignants et invités internationaux.
  • Bloc 3 (Industrie) : Une chaîne complète de transformation du cacao et de ses dérivés.

« Quand cette école sera opérationnelle, on n’aura plus besoin d’envoyer nos enfants se former en France », précise Aristide Tchemtchoua.

Une fête culturelle et une ambition panafricaine

La diva Annie Anzouer a mis le feu à la cérémonie par une prestation mémorable. On notait également la présence du comédien de l’heure Daniel Nsang, ainsi que de Tata Michelle Ngoumou, ancienne présentatrice vedette de la CRTV.

Le rayonnement du projet est déjà continental : une délégation togolaise a fait le déplacement. Après Nkometou 3, l’ambition est déjà de construire une école similaire au Togo. En attendant, les regards se tournent vers Yaoundé où, les 26 et 27 mars, le Cercle Municipal vibrera au rythme de la 3e édition de la « Battle des Chefs ».

Béni par les chefs traditionnels de Nkometou 3, le projet porté par celle qui dirige également l’association des cultivateurs (150 membres), le groupe ATPAN et la SCOOPS-CA, est désormais sur les rails de l’histoire.

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