
Le monde du septième art africain est en deuil. Bassek Ba Kobhio, figure de proue du cinéma camerounais et militant infatigable de la culture, nous a quittés. Avec sa disparition, c’est une bibliothèque de sagesse et un regard singulier sur le continent qui s’éteignent.
Un cinéaste au regard acéré
Né à Ninive au Cameroun, Bassek Ba Kobhio a su, dès ses débuts, imposer une signature où l’esthétique servait toujours le propos social. On lui doit des œuvres magistrales qui ont marqué l’histoire du cinéma :
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Sango Malo (1991) : Une critique subtile et puissante du système éducatif post-colonial.
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Le Grand Blanc de Lambaréné (1995) : Un film audacieux qui déconstruit le mythe d’Albert Schweitzer, montrant l’homme derrière la légende avec toutes ses contradictions.
L’architecte du cinéma africain : Écrans Noirs
Au-delà de la caméra, Bassek Ba Kobhio était un bâtisseur. En créant le festival Écrans Noirs à Yaoundé, il a offert aux cinéastes du continent une plateforme de diffusion, de formation et de reconnaissance. Il a lutté toute sa vie pour que les Africains se réapproprient leurs propres images et racontent leurs propres histoires.
« Le cinéma n’est pas seulement un divertissement, c’est un miroir dans lequel un peuple doit pouvoir se reconnaître pour avancer. » — Bassek Ba Kobhio
Un héritage immense
Bassek Ba Kobhio laisse derrière lui un vide immense, mais aussi une voie tracée pour la nouvelle génération. Écrivain, réalisateur et producteur, il a prouvé que la culture est le socle de tout développement durable.
Aujourd’hui, le Cameroun et l’Afrique perdent un fils illustre, mais son œuvre continuera de briller sur les écrans du monde entier.
Repose en paix, Maître.
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