
Le drapeau africain flotte très haut sur la Croisette ! Pour cette clôture du Festival de Cannes 2026, l’histoire s’est écrite en lettres d’or pour le cinéma rwandais et panafricain. La talentueuse réalisatrice Marie-Clémentine Dusabejambo a remporté la mythique Caméra d’or pour son tout premier long-métrage, Ben’imana (« Au nom de Dieu »). Un exploit retentissant qui secoue le monde du septième art.
C’est le genre de moment qui donne des frissons à tout un continent. Le jury de la Caméra d’or, qui récompense le meilleur premier film toutes sections confondues, a rendu son verdict, et c’est le Rwanda qui triomphe. Présenté dans la section Un Certain Regard, Ben’imana a mis tout le monde d’accord par sa puissance visuelle et son authenticité.
Un coup de maître historique
On le sait, fouler le tapis rouge de Cannes est déjà un Graal. Mais y imposer un film 100 % rwandais – produit localement, porté par une équipe nationale et des acteurs du cru – était déjà un pari immense. Repartir avec la Caméra d’or ? C’est un coup de maître absolu !
Marie-Clémentine Dusabejambo, que l’on suivait déjà de près pour la finesse de ses courts-métrages (La Face cachée de l’identité, A Place for Myself), entre officiellement dans la cour des grands. Elle succède à des légendes du cinéma mondial et prouve que le talent n’a pas de frontières.
Ben’imana : La force des silences et du pardon
Le film nous plonge en 2012, au cœur d’un Rwanda en pleine reconstruction, dix-huit ans après le génocide des Tutsi. On y suit Vénéranda, une survivante dont les blessures du passé se réveillent alors que les tribunaux populaires traditionnels (Gacaca) ferment leurs portes.
« Les mots sortent, mais encore faut-il que la parole prenne vie et survive. Et c’est un long voyage… » — Marie-Clémentine Dusabejambo, lors de son vibrant discours sur scène.
Loin des clichés et du sensationnalisme, la réalisatrice filme la reconstruction, la transmission du traumatisme et la quête presque impossible du pardon avec une pudeur bouleversante. Porté par une vibrante Clémentine U. Nyirinkindi (dans le rôle principal) et un casting d’acteurs majoritairement non professionnels, le film brille par son authenticité brute.
L’Afrique reprend le contrôle de son récit !
Chez Culturebene, on ne peut que célébrer cette victoire qui résonne bien au-delà des collines de Kigali. Pendant trop longtemps, les histoires africaines ont été racontées par d’autres. Avec Ben’imana, le Rwanda démontre qu’avec de la vision, de l’indépendance financière et une exigence artistique, le cinéma africain peut s’imposer au sommet du monde sans rien perdre de son âme.
Le cinéma est-africain vient de s’ouvrir les portes du marché international par la grande porte. Félicitations à Marie-Clémentine Dusabejambo et à toute son équipe pour cette consécration historique. L’Afrique est fière !
Commentaires
0 commentaires



