Raymond Tchengang : « Il est temps que ceux qui se servaient des droits des artistes, payent... » - Culturebene
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Raymond Tchengang : « Il est temps que ceux qui se servaient des droits des artistes, payent… »

Tout serait partie d’une gestion calamiteuse et crapuleuse de la société civile des droits d’auteurs SOCAM par des administrateurs véreux, selon Raymond Tchengang. Ce dernier, documents en guise de preuves à la main (bonds de retrait d’argent dans les différents comptes alloués à la Socam), réclame alors justice. Ayant mené des investigations approfondies, les résultats à nous servis par sieur Tchengang couperaient le sommeil : Ce dernier estime les chiffres à près de deux milliards de francs CFA de dépensés, pourtant les artistes n’auraient même pas perçu trois 300 millions lors des répartitions.

 Vous avez toujours accompagné les artistes du mieux que vous pouviez, et voici qu’un syndicat, le SYNAPROM qui défendra leur droits est sur le point d’être créé. Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est le problème SOCAM ; vous avez décidé de trainer en justice ses anciens administrateurs. Qu’en est-il ?

Je commencerai par dire ma satisfaction relativement aux mandats du juge d’instruction qui somment les sieurs Roméo Dika, Achille Aimé  Niebou et Mme Odile Ngaska de s’expliquer sur les nombreuses malversations sur la gestion des droits d’auteurs depuis la mise en place de la SOCAM. C’est un combat que je mène depuis fort longtemps, et Dieu merci, aujourd’hui les choses se dessinent déjà favorablement. En ce qui concerne M. Niebou avec son cabinet « fictif » du même nom, avait créé des faux comptes pour la SOCAM or il n’en était même pas membre. Odile Ngaska ou Mme Biatcha quant à elle, se servait dans ces comptes à chaque fois que l’envie lui venait et jusqu’ici, personne ne se doutait de rien. Bref, pour vous dire que peu importe le temps, la justice aura le dernier mot, et je suis content qu’il existe une justice dans notre pays. Il est temps que des gens qui se servaient dans ce qui revenait de droit aux artistes, payent pour leurs crimes.

Aujourd’hui on ne parle presque plus de la SOCAM ; que s’est-il réellement passé ou plutôt, pourquoi cet acharnement de votre part ?

Vous savez, les faits remontent à longtemps. A l’époque je me suis engagé à fond ; nul n’ignore que j’ai soutenu intégralement la candidature de dame Ngaska comme PCA tout simplement parce qu’au départ il m’a été rapporté que c’est une personne dotée d’une bonne moralité, qui plus est est chrétienne. A aucun moment je ne me doutais que cette femme en réalité était là pour tuer la culture, pour tuer l’artiste camerounais. Au lendemain de sa victoire, ou plutôt de « notre » victoire car j’ai été élu administrateur, j’ai demandé à ce qu’avant la tenue du premier conseil d’administration l’on se réunisse avec les autres administrateurs pour qu’ensemble nous dressons le bilan de la société depuis sa création et que nous puissions débattre sur les perspectives. A la simple prononciation du mot « bilan », j’ai remarqué que les gens autour de moi chuchotaient. J’étais loin de penser qu’ils complotaient contre moi. Je l’ai su une fois qu’ils ont décidé de m’exclure, de me destituer. C’est à parti de là que les problèmes ont commencé. C’est au cours d’une assemblée que j’ai été élu administrateur, mais pour me destituer, ils n’ont tenu aucune assemblée, je ne l’ai appris que par le biais des amis et des médias. Immédiatement, ayant senti que quelque chose n’allait pas, et qu’on voulait certainement me le cacher, j’ai engagé des détectives pour des enquêtes approfondies. Croyez-moi, les résultats de leurs enquêtes donnaient la chair de poule. J’ai découvert que la SOCAM à elle-seule avait « 11 » comptes bancaires. J’ai même pu mettre la main sur certains relevés bancaires qui incriminent dame Ngaska et Cie. Croyez-moi, de 2008 à 2010, la Socam avait encaissé près de deux milliards de francs Cfa, or elle n’a jamais fait des répartitions de plus de 100 millions dans cet intervalle. Alors j’ai porté plainte au niveau de la PJ et ces personnes ont été entendues, et avec eux Mme Ngwenang qui travaille aux services juridiques du MINAC, ainsi que l’ancienne présidente de la CPMC dont le nom m’échappe. L’affaire avait été envoyée devant le juge, sauf que Mme Ngaska ne s’y est jamais présentée, pareil pour M. Dika et même le fameux commissaire au compte Niebou, qui avait validé « les comptes » de la SOCAM. Là le juge d’instruction demande à les entendre.

Nous remarquons aussi que vous avez avec vous des documents qui soutiendraient vos allégations…

Ce sont lesdites convocations, il y en a trois ; mais il y a aussi et surtout des correspondances que j’ai adressé à la présidence de la république, au premier ministère, au contrôle supérieur de l’Etat, à la Conac, au Ministère de la justice, au CPMC, à la PJ, au RDPC et au SDF par le biais de leurs secrétariats généraux au sujet desdites malversations. Oui, je les ai tous saisi. Là j’ai également des relevés bancaires qui attestent les sommes encaissées par dame Biatcha ou Ngaska.

A votre avis, ces fonds retirés ou encaissés ont servi à quoi ? N’étaient-ils pas reversés aux artistes ?

Le problème ici, monsieur le journaliste, c’est que ces fonds reviennent aux artistes ; Mme Ngaska était PCA, était-ce à elle que revenait le droit d’encaisser de l’argent ? Je vous retourne la question. Elle effectuait ces retraits avec deux noms : Soit Mme Ngaska, soit Mme Biatcha . C’estr quand-même assez curieux. Moi, je ne comprends toujours pas comment la SOCAM, de 2008 à 2010 ait pu dépenser deux milliards, mais qu’elle n’ait pas pu répartir trois millions aux artistes.

Plus haut vous disiez avoir saisi les autorités compétentes afin de les mettre au courant d’un certain nombre de choses ; Avez-vous eu suite, sinon non, pourquoi ?

Malheureusement je n’ai jamais eu de suite ; même la CONAC ne m’a jamais répondu. Bref, je me dis que cela est sans doute dû à ce qu’on appelle chez nous la lenteur administrative. J’ose croire qu’ils sont en train d’étudier les dossiers.

Auriez-vous des nouvelles de vos accusés ?

A ma connaissance, dès que dame Ngaska a perçu la deuxième convocation du juge d’instruction, le lendemain elle a pris un avion pour les Etats-Unis. Peut-être y est-elle pour demander l’exil, parce que ça va bientôt faire trois mois que nous n’avons plus de ses nouvelles. Selon moi, elle sait très bien ce qu’elle a fait, et ce qui l’attend. Vous êtes, tout comme moi, sans ignorer que l’épervier plane au-dessus de nous… Ces gens devraient rendre des comptes à la justice en disant où est parti l’argent destiné aux artistes. C’est mon combat aujourd’hui, et c’est d’ailleurs d’où m’est venue l’idée de mettre en place le SYNAPROM.

 

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