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L’album SASSAYÉ de Nar6 Pryze est enfin là

Un collège de cinq personnes pour défendre un projet déjà validé de tous ; Racyn Sagath (artiste), Justice Beyené (artiste et producteur), Cyrille Bojiko (animateur et propriétaire d’une radio), et Paul Mahel (présentateur télé) useront de tout leur vocabulaire pour susciter l’approbation et le soutien des hommes de médias présents dans une des somptueuses salles des conférences du Hilton Hôtel, juchée au 10ème étage. Les superlatifs étaient de mise, pour mieux expliquer la pertinence et la qualité de cette galette musicale, mais aussi, la très grande expérience et le professionnalisme de celui qui portait encore le nom de Narcisse Priso avant sa riche et exultant carrière artistique.

Il est exactement 17h45 min et la salle se remplie (encore) peu à peu, ainsi que le panel. On ne s’ennui pourtant pas, puisque les doigts magiques d’un certain Jules Tawembe (du groupe MACASE) au piano, nous caressent langoureusement les esgourdes… Une poignée de minutes plus tard, tout peut alors commencer.

Annoncé par le modérateur Paul Mahel, Narcisse fait son entrée dans la salle ; il ne gagnera pas tout de suite le panel, mais saisira un micro pour saluer (à sa façon) ses nombreux invités. L’artiste exécutera un air extrait de son nouvel album, une esquisse de quelques secondes certes, mais pas des moins plaisants.

Le panel présenté, la première prise de parole est de Justice Beyené, grand ami et confrère de Narcisse, puis chacun exposera (selon sa pensée) sur sa vie, sa carrière et l’album à l’ordre du jour. Première remarque, à tout du moins pour ce qui est de la carrière de Narcisse Pryze, on note un changement, une « mutation » (pour reprendre son propos) mais qui n’étouffent pas pour autant le style originel du Makossa qu’il chéri tant : « Un vrai artiste devrait savoir évoluer avec le temps et la mode ; tout est question d’orientation et d’orchestration », avouera-t-il. Une dizaine de titres méticuleusement concoctés, aux influences (quoi que légères) techno-hiphop-makossa qu’il qualifiera lui-même d’ « épices étrangères », sont autant d’arguments qui contribuent à la richesse de ce produit, déjà illuminé par le génie et l’expérience de son concepteur.

« SASSAYÉ pour dire : Prenez-moi cadeau, comme je suis », expliquera le deïdo boy. Même dans sa stratégie, le père de Itued’a muna, Muayé, Love & Love et Elégancia a choisi cette fois-ci sortir son produit à Yaoundé plutôt qu’à son douala natal ; un choix lourd de symbole, surtout qu’il souhaite affirmer et confirmer son ouverture aux autres coins du pays : « Je suis un artiste Camerounais et non un artiste de Douala », arguera-t-il. Un véritable coup de maître, et peut-être même le meilleur album de sa carrière, si l’on s’appui sur les dires de Paul Mahel, proche de l’artiste : « Ce que je pourrais d’ores et déjà avancer comme impression c’est que les mélomanes  auront à découvrir un Narcisse Pryze qui est, j’ai envie de dire, égal à lui-même ; qui est resté dans la pure ligne du Makossa avec la touche personnelle qu’on lui connait (qui ne va pas dans les déviances), mais il faut également noter qu’on y retrouvera une nouvelle touche artistique, je vais dire des jeux qui vous donneront l’impression qu’il sort carrément du temps, qu’il sort de la note. Parfois vous sentirez même à la fin de la chanson qu’il va continuer (rire), bref, avec ces jeux il vous fait comprendre qu’il progresse, parce que Narcisse, il faut le dire, il passe d’une étape à une autre et c’est cette méthodologie et cette progression qui m’impressionne chez cet artiste dont le talent n’est plus à démontrer».

En tout cas, nous avons eu le privilège d’écouter SASSAYÉ dans son intégralité juste après cet échange, et les premières impressions qui s’en dégagent lui augurent des jours meilleurs.

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