Serge Tamba : « La culture camerounaise est en régression totale… » - Culturebene
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Serge Tamba : « La culture camerounaise est en régression totale… »

Bonjour Serge, c’est un plaisir de vous avoir sur culturebene.com

Bonjour. Je vous remercie déjà de l’approche, vive la culture camerounaise, haut la culture camerounaise, vive culturebene, je pense que résolument, c’est le combat permanent, quotidien et continuel d’une certaine jeunesse consciente du fait que la culture est une visibilité désormais et que c’est un véritable patrimoine quoi qu’ignoré parfois par les autorités en charge. C’est pour cela qu’aujourd’hui j’accepte de répondre à vos questions à travers votre tribune. C’est d’autant plus une marque de confiance et de respect pour ce que vous faites. Je ne raconte pas d’histoire, j’épouse ce que je sens bon, ce que je trouve beau. Donc merci à vous.

On a remarqué votre présence lors du tournage du clip « secouer » de lady ponce, vous êtes un élément important dans sa carrière et surtout dans son entourage, comment vont les choses jusqu’ici ?

En toute honnêteté, c’est à vous de faire votre lumière et votre analyse. Pour moi, je pense ça se passe très  bien, on sent aujourd’hui que c’est vraiment l’espoir, sinon la confirmation dans le monde culturel et du Showbiz camerounais. On lui prête encore une petite bénédiction, une onction pour que ce soit résolument toute l’Afrique et peut être le monde entier. Mais je pense qu’elle a de la matière, elle a de la qualité. Maintenant il va falloir également accorder les jalons, trouver des personnes qui peuvent davantage porter cette image là. Nous, nous l’avons commencé déjà dés le départ, je puis déjà vous dire que Lady Ponce est une cousine à moi, la raison pour laquelle j’avais intégré sa carrière, il y’a Chantal Ayissi aussi, elles sont véritablement des cousines à moi. Donc j’avais décidé de soutenir le projet, je me souviens lui avoir dit dés le premier album que j’accepte t’aider parce que je sens qu’il y’a de la matière. Et avant la production de son 2e album je lui avais dit qu’il va falloir travailler double, au 3e album je lui ai dit pareil. Cet album-ci a connu quelques soucis du fait que vous allez écouter beaucoup de versions, mais en même temps ça démontre la capacité « féconde » de l’artiste. Une capacité à vouloir toujours offrir le meilleur d’elle-même à ses fans, au peuple. En même temps, une manière de décrier parfois des situations qui arrivent aux autres. Parfois on peut dire que, soit nous même nous sommes des cimetières des talents et des Mozart, soit les producteurs sont des cimetières des talents et des Mozart, soit les arrangeurs sont les cimetières de talents et des Mozart. Donc pour dire qu’il est arrivé des petites choses, je ne veux pas revenir dessus, on positive, on regarde droit devant, tout en fonçant comme une flèche. On se dit, accompagnons Lady Ponce elle est bénie de Dieu, c’est Dieu qui lui a donné, au-delà du fait qu’elle bosse beaucoup et qu’elle adore le faire, c’est la raison pour laquelle nous accompagnons des talents, des génies et la potentialité ou encore la confirmation que nous avons en patrimoine.

Faut il forcement avoir un nom pour espérer un accompagnement de Serge Tamba ?

Lady Ponce en commençant n’avait pas de nom. Chantal Ayissi au départ n’avait pas de grand nom. C’est vrai qu’elle a commencé avant, j’allais encore au Lycée quand elle faisait de la danse, quand elle faisait du Handball et moi j’avais mon grand-frère, le Feu Ministre de L’information et de la Culture Henri Bandolo avec lequel j’ai grandi et qui l’a beaucoup soutenu également. Donc je ne pense pas que ce soit le cas, parce qu’il faut dire que j’ai récupéré beaucoup de projets entre autres Mani Bella, il y’a Mathematik de Petit Pays dont j’avais pris le 1er album et j’ai hissé au top, il y’a Hugo Nyamé avec qui j’ai fait pareil…, beaucoup d’artistes en tout cas. On ne peut pas dire que je ne prends que des explosions, moi j’aime prendre un projet à son tout début parce que je suis un constructeur, un édificateur, un architecte.

Aujourd’hui vous vous faites appeler le « Graal », quelle histoire se cache derrière cette appellation ?

Au début, je m’étais donné une culture pluridimensionnelle ; animateur, people… je porte une casquette, qui est celle du don de Dieu, c’est la raison pour laquelle on m’appelle le Graal. Je me suis fait appeler ainsi parce que le Graal symbolise cette coupe dans laquelle Jésus buvait avec ses disciples, cette coupe qui était convoitée par tout le monde. Donc le Graal, pour dire que je suis un produit divin.

A quel moment de votre vie exactement avez-vous succombé au virus de la communication ?

Je devais faire la classe de 6e à l’époque. Je voyais certains animateurs et présentateurs télé comme Elvis Kemayou dont je pensais intérieurement qu’à sa place j’aurais pu faire ceci, pu faire cela… suivez mon regard. Par la suite, j’ai écouté Consty Eka avec digital en 1990, j’étais toujours au lycée et j’ai trouvé qu’il était innovateur dans la radio. Et après, je me suis survolté quand j’ai vu Pascal Pierre passer à la télé et je me suis dit Beh, pourquoi pas moi, je ferai mieux. Puis un jour j’ai vu Nadine Patricia et j’ai tout de suite apprécié le talent, c’est à ce moment que je ma lance en fait. Mais au début j’avais pensé que c’était facile, je me suis buté en radio, je croyais que voilà, tout de suite dés que tu commences c’est du bon, c’est après que je m’étais rétracté en me disant que c’est le fruit du travail, le fruit d’une longue expérience et beaucoup d’années. Franchement il faut forger, forger, ce n’est pas facile à l’immédiat. Et du moment où tu atteints le succès, continue à travailler, le travail doit être permanent, il doit être eternel.

Ça va faire combien de temps que vous êtes dans l’animation ?

Mes débuts, c’est en 1996, dans l’émission de vacances. J’anime ma première émission en 2001 sur la Radio Siantou 90.5.

Nous allons vous proposés 2 noms tirés au hasard et vous nous direz ce que vous en pensez. Nous commençons par Amobé Mevegué

C’est le top, il est d’un intellectualisme exceptionnel, il est très cultivé, je pense également qu’il aura été mon inspiration quand il passait sur CFI. Mais on voyait bien qu’au départ, il avait de la peine à s’accepter camerounais, c’était sans doute pour mieux s’intégrer… il se faisait appeler Amobe. Ce que j’aime en lui en tout cas, c’est qu’il est pur traditionnaliste. Il adore la culture de son pays.

Et claudy Siar ?

Claudy…, je pense que son engagement pour l’africanisme, pour l’africanité positive est quelque chose à honorer. Je sais une chose, c’est que à mes débuts il était venu au Cameroun, c’était en 2000. Et puis j’ai pris le micro devant J. Remy Ngono et devant lui, il y’avait également Jocelyne Labylle…, donc j’ai pris le micro et il a fait Waouh ! Il a vraiment kiffé. Par la suite il a confié : « il y’a des talents ici, des animateurs qui arrivent, il faudrait juste qu’ils tombent sur des bonnes personnes au bon moment, j’ai écouté un jeune animateur là, lorsqu’il a pris le micro j’ai eu la chair de poule, il s’appelait Serge Tamba ». Et moi un jour j’ai été émerveillé lorsque j’écoutais RFI, je l’entends dire : « Bonjour à Serge Tamba de Radio Siantou à Yaoundé au Cameroun » et ce plusieurs fois. J’ai du respect pour lui, pour ce qu’il fait, je pense que c’est le travail qui lui a permis d’intégrer la République Française, bref Claudy Siar c’est un bosseur.

Quelle image vous faites vous de la culture camerounaise aujourd’hui ?

La culture camerounaise est en régression totale. On a perdu du terrain, on a une musique qui est sectaire et c’est un peu regrettable. La faute revient à tout le monde, tout le système, aux autorités en place, au Ministère des arts et de la Culture, aux animateurs… tout le monde.

Y’aura-t-il un espoir réel de sortir de cette situation ?

Il y’a de l’espoir du moment où il y’a une implication réelle de l’              Etat du Cameroun, comme l’avait fait le feu Mumbutu comme l’ont fait les comités en Côte D’Ivoire ou encore l’Etat Gabonais. Je pense sincèrement qu’il y’a une non considération de l’Etat Camerounais sur le plan Culturel et pour la culture camerounaise.

Quel conseil donneriez-vous à tous ceux qui aimeraient suivre les pas de Serge Tamba ?

Travailler comme Samuel Eto’o                Fils, il faut avoir la foi, le moral, prier beaucoup. Avoir une capacité créatrice féconde et permanente. Ne pas verser dans l’alcoolisme, le tabagisme et dans l’homosexualité.

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