
Prix Goethe Decouverte 2024, elle construit de fil en aiguille sa reconduction de metteur en scène en offrant la 2e représentation de la pièce « Les fleurs du bien » d’Alain 5 Ba’aba, le 8 novembre prochain, au Laboratoire de théâtre de Yaoundé (Othni).
Qu’est-ce que cela vous fait de célébrer votre 2e représentation à Othni ?
C’est un très grand honneur pour moi et pour toute l’équipe qui travaille sur ce spectacle. La distribution assurée par Vanessa Tibet et Jean Gaston Tsegue, la scénographie par Alioum Moussa, la régie lumière par Rosine Nkem, Joel Chedjou à la composition musicale, Keutch à la customisation, Nota Kemmala à la régie générale, André Takou Sa’a à la chorégraphie, la voix assurée par Assala Kofane et moi-même au costumes et à la mise en scène. Nous l’avons joué en novembre 2024. Là, je me suis sentie traversée par un énorme feu (rires). Mais j’avoue qu’il y a toujours cette sensation de première fois : l’excitation, la pression, les questionnements, les remises en question, l’auto censure, le doute… mais la joie que je ressens de jouer une pièce en tant que metteur en scène dans cette salle qui m’a vue naître, tituber, qui m’a appris à poser mes premiers pas en dramaturgie, j’en suis certaine me fera franchir d’autres marches et de me faire grandir encore plus.
Il existe plusieurs genres de théâtre. Vous vous réclamiez de quel genre en tant que metteur en scène ?
Quand je vois le travail de mes aînés, de ceux dont j’admire les œuvres, de ce à quoi j’aspire, c’est avec beaucoup de retenue que je me présente comme metteur en scène, et même comme artiste. Pour l’heure je dirai que je suis une âme en pleine exploration de sa vision du monde.
Comment s’est passée votre transformation de comédienne à metteur en scène ?
Je crois qu’elle s’est faite au fil des jours pendant que je suivais une formation en jeu d’acteur à Othni. Les cours étaient vraiment diversifiés et denses, avec des encadreurs aussi polyvalents que pointilleux. Déjà en 2017, je participais à un atelier en jeu d’acteur avec le doyen Daniel Ndo qui trouvait que j’avais des aptitudes en mise en scène. Entre cette remarque qui ne m’a jamais quittée et la passion contagieuse de Martin Ambara, on va dire que c’était inévitable.
Que dit cette pièce et pourquoi l’avoir choisie ?
Les fleurs du bien est une aventure poétique qui explore douleur, chaos, inconfort émotionnel, doute, peur à travers une ironie déconcertante et sarcastique, dans le but de dénoncer le mal être social et la déshumanisation de la société. J’ai choisi ce texte parce que lors du premier contact avec lui, c’était comme un coup de foudre (rires). Je n’avais jamais ressenti ce que j’ai ressenti ce soir en lisant ce texte puis je me suis dit : ce texte, il faut en faire quelque chose. Au départ je pensais à une lecture spectacle mais lorsque j’ai vu l’appel à candidatures pour le Goethe découverte, je me suis dit que c’était le moment. J’ai donc postulé, j’ai été retenue et voilà que le spectacle « Les fleurs du bien » est créé et il fait son bout de chemin.
Vous avez deux comédiens dans la distribution. Comment s’est opéré le choix ?
Quand j’ai su que j’allais le mettre en scène, il y avait un visage à chaque lecture qui me venait en tête; celui de Gaston Tsegue. Je l’ai contacté et il a accepté de faire partie du projet. Étant donné que la dramaturgie me menait à une distribution de deux acteurs sur le plateau, j’ai pensé être la deuxième comédienne mais après je me suis dit qu’il valait mieux me concentrer sur la mise en scène, vu que c’était ma première expérience. Je recherchais une comédienne qui a une personnalité opposée à celle de Gaston qui est plutôt extravertie et explosive, afin d’avoir un rapport de force juste et mieux faire ressortir les nuances du texte. C’est ainsi que j’ai contacté Vanessa Tibet qui, bien-sûr, a donné son accord.
Quel est votre plus grand souhait en termes de public pour la représentation du 8 novembre ?
Je souhaite bien évidemment avoir une salle pleine de spectateurs disposés à voyager. Mais mon plus grand souhait est le retour du public et des aînés, puisque nous sommes sur leurs pas, il faut bien progresser et conquérir d’autres publics.
Par Alain Ndanga
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