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Paul Rousseau : « Je quittais l’Europe pour la première fois pour créer à Bandjoun Station, au Cameroun »

Faisant partie de la première vague de diplômés du Montpellier Contemporain – École des Beaux-Arts (MO.CO.), il a effectué une résidence de création à Bandjoun Station, au Cameroun et explique aujourd’hui comment ce carnet de voyage plastique a bonifié son processus créatif.

Vos œuvres ont été exposées hier, 18 décembre, au Montpellier Contemporain – École des Beaux-Arts (MO.CO.). Pouvez-vous nous expliquer la démarche ayant abouti à ce rendu ?

Je travaille sur des figures surreprésentées, des personnages qui deviennent des sortes de standards visuels. Pour cette occasion, j’ai réalisé trois peintures au Cameroun — j’ai fait une sélection de trois œuvres, mais j’en ai produit plusieurs — qui traitent du personnage de Mickey. C’est une figure que j’ai vue absolument partout au Cameroun.

C’est donc devenu une sorte de symbole occidental, une forme de colonisation douce et insidieuse que j’ai voulu représenter de manière un peu brouillée. On reconnaît le personnage, mais en même temps, ce n’est pas tout à fait lui. C’est à l’image de cette colonisation qui ne dit pas son nom. Ma pratique consiste, à chaque fois, à partir d’un personnage pour le traiter d’une autre manière : je le détourne pour raconter autre chose.

Peut-on savoir ce que la résidence à Bandjoun Station a apporté comme plus-value à votre travail ?

Quitter l’Europe pour la première fois pour me rendre au Cameroun, en Afrique, a été un véritable choc. Je n’avais jamais découvert une culture aussi différente, et pourtant avec laquelle nous avons des liens étroits. Ces liens n’existent pas toujours pour de bonnes raisons, notamment à travers l’histoire de la France avec le Cameroun. Tout ce qui a pu se passer là-bas reste très méconnu des Français, et cela m’a un peu scandalisé. En parallèle, j’ai fait des rencontres formidables grâce à l’accueil de Barthélémy Toguo. Il nous a présentés à énormément de gens. Il y avait un véritable engouement pour la rencontre, avec des artistes venus de toute l’Afrique. Forcément, c’est une expérience très enrichissante.

Seriez-vous tenté de revivre cette aventure ?

À partir du moment où j’ai été bien accueilli et que cela a apporté un plus à mon travail, il est tout à fait naturel de vouloir refaire ce chemin.

Par Alain Ndanga

 

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