
Le Conseil de Direction s’est réuni ce vendredi 30 janvier 2026 au Musée National de Yaoundé. Entre budget 2026, passage au numérique et mise en conformité avec la nouvelle loi de 2024, l’institution dirigée par le Dr Esther Olembe se positionne désormais comme le garant de la « souveraineté informationnelle » du pays.
Le quorum était atteint ce vendredi 30 janvier 2026 dans la salle de convivialité du Musée National pour la 12e session ordinaire du Conseil de Direction des Archives Nationales. Présidée par le Ministre des Arts et de la Culture, cette session marque une étape charnière : celle de la mutation profonde d’une institution qui quitte ses vieux habits pour endosser ceux de la modernité technologique.
Un nouveau cadre juridique pour une gestion moderne
L’ordre du jour était dense : examen du rapport de la session précédente, présentation du bilan annuel 2025 et adoption du budget 2026. Mais au-delà des chiffres, c’est l’application de la Loi N°2024/001 du 24 juillet 2024 qui a cristallisé les attentions.
Ce texte majeur transforme la gestion du patrimoine documentaire camerounais via deux leviers principaux :
1. La création d’un organisme public dédié au Système National d’Archivage.
2. Le lancement d’un Fonds spécial pour la modernisation des infrastructures, nécessaire pour répondre à l’exiguïté des locaux actuels.
Numérisation et infrastructures : les grands chantiers de 2026
Sous l’impulsion du Ministre et de la Directrice des Archives Nationales, le Dr Esther Olembe, trois priorités ont été définies pour l’exercice à venir :
• Le passage au numérique : Évaluation de la numérisation des fonds historiques (allemands, britanniques et coloniaux français) pour faciliter la recherche sans dégrader les originaux.
• Le défi immobilier : Le suivi de la construction du nouveau bâtiment à Yaoundé, projet phare destiné à résoudre les problèmes de conservation.
• La souveraineté numérique : Sécuriser les données de l’État produites sous format électronique pour garantir l’efficacité de l’e-gouvernement.
La Directrice des Archives Nationales du Cameroun nous parle des chantiers qui attendent les archives nationales en 2026. « Pour l’exercice 2026, nous sommes dans un processus de restructuration et de mise en conformité avec la nouvelle législation. Notre rôle premier reste la conservation du patrimoine informationnel de l’État, mais nous allons intensifier la mise en œuvre du cadre juridique. En collaboration avec notre tutelle, nous travaillons à la finalisation du cadre réglementaire pour donner à cette institution toute la plénitude prévue par la loi. Parallèlement, nous poursuivrons l’accompagnement des administrations publiques et privées pour les aider à mettre en place des systèmes d’archivage internes, consolidant ainsi le système national. ».
Ce que la nouvelle loi change pour les citoyens et les administrations
La transition entre l’ancienne loi de 1998 et celle de 2024 impose de nouvelles règles strictes. Désormais, le versement des documents administratifs est obligatoire sous peine de sanctions. Le document numérique acquiert une véritable valeur légale, et l’exportation de documents historiques originaux est formellement interdite sans autorisation spéciale.
Comment consulter les archives ?
Pour les chercheurs et les citoyens, l’accès reste régi par des délais précis : 30 ans pour les documents publics et jusqu’à 100 ans pour les dossiers médicaux ou privés. Les bureaux des archives nationales sont situés à Yaoundé (quartier Lac) et les catalogues sont de plus en plus accessibles via le portail archivesnationales.cm.
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