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« Briser les lames, bâtir l’avenir : Le nouveau défi de la lutte contre les MGF »

Ce vendredi 6 février 2026, la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille a présidé la 19ᵉ Journée internationale de lutte contre les MGF. Entre chiffres alarmants et nouvelles stratégies, l’heure est à l’action collective pour atteindre l’objectif « zéro excision » d’ici 2030.

Par l’éducation, la sensibilisation et l’engagement des chefs traditionnels, le gouvernement camerounais affiche une volonté claire : transformer les victimes d’hier en actrices de changement de demain. Réunie à la Délégation régionale du Centre, l’audience a planché sur un thème pivot : « Investir sur les filles et les communautés pour un avenir sans mutilations génitales féminines ».

Un bilan mondial qui interpelle

Malgré des décennies de lutte, les chiffres partagés par l’UNFPA et l’UNICEF restent un signal d’alarme pour la communauté internationale.

  • 230 millions de femmes sont déjà victimes de mutilations dans le monde.

  • 4,6 millions de filles risquent de subir le même sort au cours de cette seule année 2026.

  • 23 millions de jeunes filles sont menacées à court terme si la cadence des réformes ne s’accélère pas.

Face à cette urgence, les Nations Unies, par la voix d’António Guterres, appellent à un engagement politique sans faille et des investissements massifs.

L’éducation : le bouclier le plus efficace

Pourquoi cibler l’investissement sur les filles ? La réponse est statistique. Une fille scolarisée et autonome possède les outils pour refuser la pratique et protéger sa propre descendance.

« Investir sur les filles, c’est investir dans notre avenir commun », a martelé Mme Abena Ondoa née Obama Marie Thérèse, Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille. Pour elle, l’enjeu est de donner aux filles la capacité de résister aux pressions sociales, notamment les mariages précoces qui accompagnent souvent l’excision.

Le rôle clé des communautés et de la « masculinité positive »

Le texte ministériel souligne un virage stratégique : la loi ne suffit plus. Pour déraciner une pratique ancrée dans la culture, il faut convaincre ceux qui la gardent.

  1. Le dialogue intergénérationnel : Engager les chefs traditionnels pour modifier les normes de l’intérieur.

  2. L’abandon collectif : Éviter la stigmatisation des filles non-excisées en faisant de l’abandon une décision de groupe.

  3. L’implication des hommes : Promouvoir la « masculinité positive » pour déconstruire les préjugés sexistes.

Des défis persistants à l’horizon 2030

Si la volonté est là, le chemin reste semé d’embûches. La vulnérabilité des filles dans les zones reculées et le manque de ressources financières durables freinent encore l’élan global.

En clôturant les travaux, la Ministre a appelé à une synergie d’action : « Je reste convaincue qu’ensemble, nous nous rapprocherons de notre objectif d’ici à 2030. » Le rendez-vous est pris. Pour que le « plus jamais ça » devienne enfin une réalité, l’investissement devra être à la hauteur des enjeux : humain, financier et surtout, culturel.

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