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Cachets de misère et mépris : Le coup de gueule salutaire du comédien Fortuné Akakpo

L’artiste ivoirien Fortuné Akakpo brise l’omerta sur la rémunération des acteurs. Entre promesses non tenues et manque de considération, il appelle à une prise de conscience collective pour que le talent ne soit plus synonyme de sacrifice.

Dans le milieu du septième art, les paillettes cachent souvent une réalité bien plus sombre : celle de la précarité des visages qui nous font rire ou pleurer à l’écran. Le comédien Fortuné, figure bien connue du paysage audiovisuel, a décidé de ne plus se taire. Pour lui, le combat n’est pas seulement une question de chiffres, mais avant tout une question de dignité.

« Je ne suis plus prêt à continuer ainsi »

Revenant sur son parcours, Fortuné confie avoir trop longtemps accepté des collaborations marquées par un manque criant de considération. Des cachets dérisoires, parfois versés avec un retard humiliant, ou des promesses qui s’envolent une fois le tournage terminé.

« Nous avions accepté par le passé, mais aujourd’hui je ne suis plus prêt à continuer ainsi », martèle-t-il. Une décision qu’il justifie non pas par l’orgueil, mais par la volonté de protéger la profession : « À force, cela ouvre la porte à trop de dérives. » En acceptant l’inacceptable, l’artiste craint de valider un système qui dévalue le métier d’acteur.

Au-delà du montant, le respect du geste

Pour Fortuné, la fiche de paie est le reflet de l’estime qu’un producteur porte à son équipe. « Ce n’est pas seulement le chèque. C’est la façon dont on vous le donne. Le respect qui va avec », explique-t-il avec sagesse. Payer un artiste à temps et à sa juste valeur, c’est reconnaître ses années de travail, son talent et son investissement personnel.

Les bons élèves : Akissi Delta et Franck Vléhi

Dans ce réquisitoire, le comédien a tenu à marquer une pause pour saluer ceux qui font exception et tirent la corporation vers le haut. Il cite avec reconnaissance deux figures majeures de la production ivoirienne :

  • Madame Akissi Delta : Elle est, selon lui, l’une des premières à avoir su estimer son travail à sa juste valeur financière.
  • Monsieur Franck Vléhi : Salué pour son professionnalisme rigoureux, le producteur a su honorer ses engagements dans des délais respectables, prouvant que business et respect de l’humain peuvent cohabiter.

La fin de l’ère du « sacrifice »

Le message de Fortuné est clair : donner sa valeur à un artiste n’est pas un luxe, c’est une obligation morale. À travers cette sortie, il invite ses pairs à plus de fermeté et les décideurs à plus de transparence. Le divertissement est une industrie, et comme dans toute industrie, le travailleur mérite non seulement son salaire, mais aussi et surtout, la considération.

La dignité professionnelle ne se négocie pas. Fortuné vient de le rappeler avec la manière.

 

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