
À l’approche de la 41ᵉ Journée Internationale de la Femme, le CPFF et le RAFAMO ont investi le cœur commercial de Mouanko pour une opération de sensibilisation coup de poing. L’objectif : armer les commerçantes contre le fléau des violences basées sur le genre.
Alors que le Cameroun fait face à une recrudescence alarmante des féminicides, le silence n’est plus une option. C’est ce cri de ralliement qui a résonné ce jour entre les étals du marché d’Epolo. Dans une démarche de proximité inédite, le Centre de Promotion de la Femme et de la Famille (CPFF) de Mouanko, soutenu par le RAFAMO, a choisi d’aller à la rencontre de celles qui font battre le cœur économique de l’arrondissement : les femmes commerçantes.
Des étals transformés en remparts contre la violence
Loin des discours feutrés des salons officiels, c’est au milieu des échanges commerciaux que la sensibilisation a pris vie. Pour les organisateurs, le choix du marché d’Epolo est stratégique. Les commerçantes, bien que piliers de leurs foyers, sont souvent les premières exposées à des violences multiformes — physiques, psychologiques, mais aussi économiques.
Durant plusieurs heures, des équipes de terrain ont échangé avec ces femmes sur les réalités brutales des Violences Basées sur le Genre (VBG). Au-delà du simple constat, l’accent a été mis sur l’action immédiate. Des dépliants didactiques ont circulé de main en main, tandis que des affiches de sensibilisation, rappelant les numéros d’urgence et les procédures de dénonciation, ont été apposées sur les points névralgiques du marché.
« Dénoncer pour ne pas périr »
L’activité ne s’est pas contentée de pointer du doigt les agresseurs ; elle a surtout mis en lumière les mécanismes de protection. « Il est impératif que chaque femme comprenne que la dénonciation est un acte de survie, et non une trahison », a souligné un responsable du CPFF lors des échanges. Les femmes ont ainsi été édifiées sur les circuits de prise en charge existants, souvent méconnus en zone rurale.
Cette initiative s’inscrit dans le calendrier de la 41ᵉ édition de la Journée Internationale de la Femme (JIF). Elle rappelle que derrière le pagne et les célébrations, le combat pour la vie et l’intégrité physique des Camerounaises reste la priorité absolue.
Vers une vigilance communautaire
En quittant le marché d’Epolo, le CPFF et le RAFAMO laissent derrière eux bien plus que des affiches : ils ont semé les graines d’une vigilance collective. En transformant chaque commerçante en un relais d’information, Mouanko pose les jalons d’une société plus juste. Car si la sensibilisation est un premier pas, la fin des féminicides passera par une rupture définitive avec la loi du silence. Le message est désormais clair : à Epolo, la peur doit changer de camp.
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