
L’ÉVÉNEMENT : Quand la robe noire rencontre la couronne ancestrale
Le mercredi 29 avril 2026 restera une date marquante pour la communauté Batanga. Dans la salle de conférences du Ministère des Arts et de la Culture, une audience de prestige a réuni le pouvoir public et la tradition. Sa Majesté Mahouvé IV, première femme en un siècle de chefferie à succéder à son père, le regretté Michel Mahouvé III, a été officiellement reçue pour présenter les enjeux du festival MAYI 2026.
La souveraine n’est pas venue seule. Elle était accompagnée du Notable Ndjokwe Didier, digne fils de la chefferie et magistrat (ancien procureur à Batouri). Un duo de choc puisque Sa Majesté est également Magistrate de profession (en détachement à l’ART) : une preuve éclatante que la culture Batanga est aujourd’hui portée par une élite intellectuelle et juridique de haut vol.
L’HISTOIRE : Le « Geste d’Humanité » qui sauva un peuple du génocide
Au cours de cette audience dirigée par Madame l’Inspectrice Générale, Sa Majesté a rappelé que le MAYI est avant tout un devoir de mémoire.
En 1914, Kribi, port stratégique en eau profonde, devient le théâtre d’affrontements violents entre les forces franco-britanniques et les Allemands. Pris en étau, le peuple Batanga subit les affres d’une guerre qu’il n’a pas choisie, servant tragiquement de « chair à canon ».
Le salut viendra du Commandant français Cheron. Par un geste d’humanité, il décide de déplacer le peuple pour éviter son extinction. Le 27 février 1915, c’est l’exil vers le Sud-Ouest (Buea Town, Molyko). Pendant deux ans, ce peuple de pêcheurs survit dans les plantations, loin de son océan, jusqu’au retour miraculeux en deux contingents les 14 février et 09 mai 1916. C’est cette résilience que célèbrent le February et le Mayi.
LE PROGRAMME : Entre mystique, sport et transmission
Après avoir remis l’invitation officielle au Ministre — qui a assuré de l’entière implication de son département, en précisant qu’il serait présent ou représenté selon les exigences de son agenda de « commis de l’État » — Sa Majesté a dévoilé un programme riche :
1. Spiritualité et Hommage (Dès le 26 Avril)
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Dimanche 26 avril : Cultes d’action de grâce dans toutes les paroisses, honorant l’entrée de l’église protestante par Kribi.
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Mercredi 1er Mai : Lancement officiel avec une marche aux flambeaux dans toute la ville et les cimetières pour saluer les ancêtres.
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Soirée Itongo Mayi : Révélation mystique de l’esprit de l’eau (Mami Wata).
2. Innovations et Culture (8 Mai)
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L’Ikolokosso : Pour la 3e année, ce spectacle unique de percussions aquatiques se déroulera dans une piscine sanctuaire au village.
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Opéra Batanga : Une fresque musicale de 2h30 chantée intégralement en langue locale pour raconter l’âme du peuple.
3. Apothéose Populaire (9 Mai)
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Grand Carnaval : Un défilé de 9 km dans les artères de la ville, présidé par le Préfet.
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Compétitions : Course de pirogues, football, beach soccer et beach volley.
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Transmission : Initiation de 110 enfants (4 à 10 ans) à la culture Batanga et clôture par la Grande Foire Culturelle.
L’ENGAGEMENT DU MINAC : Cap sur l’UNESCO
Madame Marie-Thierry Edjoa Akoa, Directrice du Patrimoine Culturel, a confirmé des nouvelles historiques lors de cette séance :
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Rapatriement des biens : Travail sur le retour des objets d’art et des restes humains Batanga exposés à l’étranger.
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Label Mondial : Étude pour l’inscription du MAYI sur la liste de l’UNESCO (Label Route de l’Esclavage / Sites de mémoire).
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Inventaire : Déploiement d’une équipe technique pour actualiser le catalogue de la diversité culturelle du Cameroun.
Kribi, le cœur battant du Cameroun en mai
Sous l’impulsion de sa « Reine Magistrate », le peuple Batanga s’apprête à offrir au monde une leçon de dignité. Le MAYI 2026 n’est plus un simple festival, c’est un rendez-vous avec l’Histoire.
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