
Le froid ne se contente plus de rafraîchir nos boissons ; il est le moteur invisible de notre économie, de notre santé et de notre avenir durable. Ce mercredi 24 juin 2026, le siège du Groupe Universal Pro Service Sarl (GUPS) à Biyem Assi (Yaoundé) a vibré au rythme d’un café de presse captivant. En prélude à la 6e Journée Mondiale de la Réfrigération (WRD) qui se célébrera ce 26 juin sous le thème international du « Froid intelligent » (Cool Intelligence), l’Association des Professionnels du Froid et de la Climatisation du Cameroun (APFCC) est montée au créneau. Entre leadership africain du Cameroun, urgence environnementale et montée en puissance des femmes frigoristes, les experts locaux ont envoyé un message fort : le secteur du froid au Cameroun passe à la vitesse supérieure.
Une diplomatie du froid : Le Cameroun au sommet de l’Afrique
Créée en 2019, l’APFCC s’est imposée comme une force majeure sur le continent. Comme l’a rappelé Alain Tchoua Ndjeudji, Secrétaire Général de l’association et SG adjoint de l’Union des Associations Africaines des Acteurs de la Réfrigération et de la Climatisation (U-3ARC), le Cameroun brille à l’international. Élu au poste de SG adjoint en Tunisie en 2024, le pays a également décroché le prestigieux prix de la meilleure association africaine de froid en 2025 au Burkina Faso.
Fort de cette légitimité, l’APFCC prépare activement sa participation au grand forum d’octobre 2026 au Rwanda, tout en consolidant ses liens avec l’État. Pour la grande célébration du 26 juin à l’hôtel GFAC SIS (carrefour EMIA, Melen), une vingtaine de ministères (Santé, Sports, Élevage, Mines, Industrie…) sont attendus pour sceller des partenariats public-privé. Un rapport scientifique contenant des doléances concrètes sera même adressé directement au Chef de l’État, Son Excellence Paul Biya, garant de la chaîne de froid nationale.
« Le froid, c’est l’avenir de l’Afrique »
Pour Arthur Feuteu, président de l’antenne Centre de l’APFCC et promoteur de GUPS, le constat est sans appel
« Le continent africain ne saurait se développer sans le froid. Le Cameroun doit s’activer via les pouvoirs publics. Avec le froid, on doit améliorer les conditions de vie de la population africaine. »
Le métier s’est professionnalisé. Aujourd’hui, un bon frigoriste ne se contente plus de brancher des câbles ; il doit maîtriser l’électricité, la plomberie et l’architecture des bâtiments. Yves Tchitchouang, premier vice-président de l’APFCC, a rappelé qu’après 28 ans d’expérience, son rôle est de transmettre son savoir-faire à la jeunesse et de prouver à l’État la compétence des experts locaux pour les grands projets structurants du pays.
Femmes frigoristes : Briser les stéréotypes par la compétence
L’un des moments forts de ce café de presse a été l’intervention inspirante de Madame Julie Hortense Noumsi, Secrétaire chargée de la mobilisation des femmes de l’APFCC. Interrogée sur le déclic qui l’a poussée vers ce secteur, elle a partagé une anecdote personnelle aussi touchante que révélatrice des réalités sociales :
« Au départ, je voulais faire mécanique parce que j’ai un oncle qui faisait dans ça et qui était un modèle pour moi. Ma mère a trouvé que ce n’était pas adapté pour une fille. En tant qu’enseignante au lycée technique, elle m’a alors dirigée vers le froid et la climatisation. »
Un choix guidé par le destin familial qui a fait d’elle une experte accomplie. Pourtant, le chemin reste difficile pour ses paires : dans ce secteur traditionnellement masculin, sur 10 femmes qui s’engagent, à peine 3 vont jusqu’au bout de leur formation. C’est pourquoi l’APFCC a décidé d’inverser la tendance.
Grâce à des formations intensives et des challenges nationaux et africains, la femme frigoriste camerounaise s’arrime à la mondialisation et aux nouvelles technologies. Le message de Mme Noumsi aux jeunes filles (du CAP aux études supérieures) est un appel à l’excellence :
« Nous interpellons les femmes à ne pas attendre que ce soient les autres qui les valorisent, mais qu’elles se forment davantage pour prouver leur vraie valeur par elles-mêmes, par leurs actions, par leurs résultats, et non parce qu’elles ont des avantages particuliers. ».
Technologie et Éco-responsabilité : L’urgence du « Froid Intelligent »
Qui dit froid, dit impact environnemental majeur sur la couche d’ozone et la consommation énergétique mondiale. C’est tout l’enjeu du thème de cette année, qui prône l’intégration de l’Intelligence Artificielle (IA) pour un refroidissement durable.
Sur le terrain, la transition écologique est déjà en marche. Thierry Tsafack, PDG de Horizon National Froid et partenaire de l’association, a présenté un kit de maintenance éco-responsable conforme aux directives du Ministère de l’Environnement. Équipés d’une balance électronique de précision, d’une station et d’une bouteille de récupération, les techniciens peuvent désormais capter les fluides frigorigènes au lieu de les relâcher dans la nature. L’intégration des normes de sécurité face aux nouveaux réfrigérants écologiques est devenue une priorité absolue pour éviter les accidents domestiques et industriels.
Célébrée au Cameroun depuis 2021, la Journée Mondiale de la Réfrigération s’articulera cette année sur trois jours intenses : conférences-débats, ateliers de formation courte et une grande exposition du savoir-faire local. Face à la complexité de ces nouvelles technologies, le mot de la fin revient au Secrétaire Général, Alain Tchoua Ndjeudji, qui lance un conseil crucial à tous les ménages camerounais : arrêtez d’acheter vos équipements à l’aveuglette. « Comme quand vous êtes malade vous consultez un médecin, c’est pareil : quand vous voulez acheter du matériel pour votre maison, consultez d’abord les professionnels du domaine froid et climatisation. » Le rendez-vous est pris pour à l’hôtel GFAC SIS au carrefour EMIA, au quartier Melen à Yaoundé pour découvrir les solutions de demain !
Commentaires
0 commentaires






