
À l’occasion de la 36e Journée de l’enfant africain, le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, en synergie avec Plan International, a lancé l’initiative nationale « Je protège l’enfant partout, fais de même ». Un cri d’alarme et un appel à l’action collective face à des menaces de plus en plus lourdes pour la jeunesse.
« Pas de vacances pour la vigilance ». C’est le mot d’ordre ferme qui a résonné dans la salle de conférence du bâtiment annexe du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF). Face à la presse, la Ministre, Madame Abena Ondoa née Obama Marie Thérèse, a procédé au lancement officiel d’une campagne de salubrité sociale et morale baptisée : « Je protège l’enfant partout, fais de même ».
Organisé conjointement par le MINPROFF et l’ONG internationale Plan International, cet événement s’inscrit dans le cadre des activités marquant la commémoration au Cameroun de la 36e édition de la Journée de l’enfant africain. Une synergie d’action essentielle qui arrive à un moment critique : le début des grandes vacances scolaires, une période où les risques d’abus se multiplient pour la jeunesse.
Un spot choc pour réveiller les consciences
Pour donner un visage concret à cette campagne, la Responsable de la Communication du MINPROFF, Belinda Dzou Délices, a décrypté le contenu des nouveaux outils de sensibilisation développés pour l’occasion. Parmi eux, un spot vidéo d’une quarantaine de secondes qui met en scène une réalité glaçante mais ordinaire : un enfant, isolé du groupe de jeu pour récupérer un jouet, approché par un inconnu aux intentions suspectes armé d’une simple sucrerie. Fort heureusement, l’intervention rapide d’un voisin met fin à la tentative de détournement.
« Je protège l’enfant partout, faites de même. » — Le slogan de la campagne
Ce projet ne se limite pas à des images. L’arsenal de communication se veut bilingue (« Protect the child everywhere, do the same« ) et rappelle l’existence de dispositifs d’alerte majeurs soutenus par les pouvoirs publics et leurs partenaires, à l’instar de la ligne verte 116, numéro d’assistance gratuit et indispensable pour signaler tout cas d’abus ou d’exploitation.
Le paradoxe camerounais : Un cadre juridique riche, une réalité alarmante
Prenant la parole, Madame le Ministre a d’abord rappelé que le Cameroun n’est pas un désert juridique. Le pays est partie prenante des plus grands textes internationaux, notamment la Convention relative aux droits de l’enfant et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant.
Pourtant, le constat sur le terrain reste sombre et légitime l’intervention pressante d’acteurs de la société civile aux côtés de l’État. « L’enfant dans notre pays est, malheureusement, encore victime de toutes sortes de violences », a déploré Marie Thérèse Abena Ondoa. L’atmosphère sociale est régulièrement alourdie par des faits divers qui donnent des sueurs froides : assassinats, mariages précoces, exploitation par le travail, cybercriminalité et petit commerce sur la voie publique. À cela s’ajoute le danger d’un accès non contrôlé aux réseaux sociaux, livrant les plus jeunes à des contenus hautement inappropriés.
Le péril des vacances scolaires
Si l’école offre une forme de protection, les vacances scolaires inversent la tendance. Moment de détente par excellence, elles se transforment trop souvent en période de grande vulnérabilité. Éloignés du cadre sécurisant des salles de classe, les enfants se retrouvent exposés aux prédateurs et aux dérives.
Pour inverser la tendance, la feuille de route commune s’articule autour de quatre piliers :
- Sensibiliser les parents sur leur rôle de premier rempart.
- Mobiliser les communautés et les leaders sociaux pour créer un environnement protecteur.
- Impliquer massivement les médias afin de relayer les messages de prévention.
- Encourager chaque citoyen à adopter un comportement solidaire et responsable.
Un devoir collectif pour l’avenir de la Nation
Pour clore son allocution, la Ministre a convoqué la mémoire de l’ancien Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, rappelant que rien n’est plus important que de bâtir un monde où les enfants peuvent réaliser leur potentiel dans la paix et la dignité.
L’appel de Yaoundé est donc solennel : la protection des mineurs doit cesser d’être vue comme une option ou la seule affaire de l’État et de ses partenaires comme Plan International. C’est un devoir civique et moral. Protéger son enfant est un réflexe, protéger celui du voisin doit désormais devenir une règle d’or pour préserver l’avenir du Cameroun.
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