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Qui est Phakel’umthakathi, la figure controversée au cœur de la crise migratoire en Afrique du Sud ?

De son vrai nom Nkosikhona Ndabandaba, ce militant culturel zoulou est devenu le visage de la mobilisation ultra-médiatisée contre l’immigration clandestine, culminant avec les manifestations sous haute tension du 30 juin 2026.

L’Afrique du Sud traverse une nouvelle zone de turbulences politiques et sociales, et un nom sature l’espace médiatique : Nkosikhona Ndabandaba, plus connu sous son pseudonyme public Phakel’umthakathi. Ancien journaliste, activiste culturel zoulou et ex-conseiller de l’IFP (Inkatha Freedom Party), l’homme s’est imposé ces derniers mois comme l’un des leaders non étatiques les plus influents — et les plus contestés — du pays.

À la tête du mouvement « March & March », aux côtés de figures comme Jacinta Ngobese-Zuma et Ngizwe Mchunu, il a mené une campagne nationale agressive exigeant le départ des ressortissants étrangers en situation irrégulière.

Un parcours entre tradition zouloue et militantisme politique

Né en 1980 à Nongoma, dans le cœur culturel du KwaZulu-Natal, Nkosikhona Ndabandaba a grandi imprégné des coutumes zouloues. Après des études à l’Université d’Afrique du Sud (UNISA), il exerce le métier de journaliste pendant près d’une décennie.

Sa notoriété explose véritablement en 2023 lors des obsèques du Prince Mangosuthu Buthelezi, où il mène avec ferveur les amabutho (les guerriers traditionnels zoulous). Parallèlement, via sa fondation Insizwa Ngobunsizwa, il se consacre à l’éducation et à l’apprentissage des valeurs traditionnelles chez les jeunes garçons.

Cependant, en 2026, son profil prend un virage radicalement politique. Porté par une forte audience en ligne, il s’impose sur la scène publique en fixant un ultimatum national au 30 juin 2026, enjoignant les migrants sans papiers à quitter le territoire sud-africain.

Les coulisses d’une journée du 30 juin électrique

La date butoir du 30 juin a donné lieu à des marches massives à Soweto, Johannesburg, Pretoria et Durban. Bien que Phakel’umthakathi ait répété que son mouvement ne prônait pas la violence, des incidents isolés, des tentatives de pillage de commerces et des incendies de véhicules ont été signalés, entraînant au moins huit arrestations officielles selon la police de la province du Gauteng.

L’activiste a lui-même alimenté les gros titres en arrivant en retard à la manifestation de Durban. Lors d’un point presse ultérieur, il a affirmé avoir été contraint de changer de véhicule à la dernière minute après avoir reçu des informations des services de renseignement concernant un complot visant à l’assassiner.

Vers une « Nouvelle Charte Sud-Africaine » sur fond de suspicions

Au lendemain des manifestations, Phakel’umthakathi a dévoilé la suite de son agenda lors d’un grand oral devant les médias. Il appelle désormais à la création d’une « Nouvelle Charte Sud-Africaine », exigeant des réformes immédiates du système d’immigration et un renforcement drastique de la sécurité aux frontières, tout en réfutant fermement les accusations de xénophobie et de vigilance illégale portées par ses détracteurs.

Mais l’actualité de l’activiste se joue aussi en coulisses. Début juillet, une vive polémique a éclaté au sein de son propre mouvement. Ses partisans l’accusent d’avoir mené une réunion secrète nocturne à huis clos avec le président sud-africain Cyril Ramaphosa, en excluant les autres cadres de la contestation. Une rencontre qui suscite de profonds soupçons de compromission et fragilise l’unité des manifestants.

En somme, qu’on le perçoive comme un défenseur de l’identité culturelle et de la souveraineté nationale ou comme un agitateur attisant les tensions sociales, Phakel’umthakathi est devenu un acteur incontournable du débat politique sud-africain. Son bras de fer avec les autorités et l’évolution de son mouvement seront à suivre de très près au cours des prochaines semaines.

Par la rédaction de Culturebene

 

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