
La figure révolutionnaire afro-américaine Assata Shakur s’est éteinte le 25 septembre 2025 à La Havane, à l’âge de 78 ans. Exilée à Cuba depuis plus de quatre décennies, l’ancienne militante du Black Panther Party laisse derrière elle un héritage politique et culturel immense, marqué par sa lutte sans concession contre les discriminations raciales.
L’information a été confirmée par le ministère cubain des Affaires étrangères ainsi que par sa fille, Kakuya Shakur. Assata Shakur, née JoAnne Deborah Chesimard le 16 juillet 1947, est décédée de causes naturelles liées à son âge avancé.
Une vie au cœur de la lutte pour les droits civiques
Engagée dès la fin des années 1960 au sein du Black Panther Party puis de la Black Liberation Army (BLA), Assata Shakur s’est imposée comme l’une des voix les plus fermes du militantisme afro-américain.
Son parcours bascule définitivement le 2 mai 1973 lors d’une fusillade tragique sur l’autoroute du New Jersey, au cours de laquelle un policier et un militant de la BLA trouvent la mort. Condamnée à la prison à perpétuité en 1977 au terme d’un procès dont elle et ses partisans ont toujours contesté l’équité, elle réussit une évasion spectaculaire deux ans plus tard, en 1979.
L’asile à Cuba et la traque du FBI
En 1984, elle refait surface à Cuba, où le gouvernement de Fidel Castro lui accorde l’asile politique, la considérant comme une prisonnière politique victime du programme de répression fédéral américain (COINTELPRO).
Malgré les nombreuses tentatives d’extradition de Washington et son inscription en 2013 sur la liste des « terroristes les plus recherchés » du FBI — faisant d’elle la première femme à y figurer —, elle vivra libre à La Havane jusqu’à son dernier souffle.
Une empreinte indélébile sur la culture Hip-Hop
Au-delà de son rôle politique, Assata Shakur occupait une place centrale dans la culture populaire afro-américaine. Marraine et belle-tante du légendaire rappeur Tupac Shakur, son histoire et ses écrits ont profondément nourri le mouvement Hip-Hop conscient.
Des artistes de renom tels que Common, Mos Def, Public Enemy ou encore Nas lui ont rendu hommage à travers leurs œuvres. Son célèbre mantra, tiré de son autobiographie publiée en 1987, continue d’être scandé dans les manifestations à travers le monde :
« C’est notre devoir de lutter pour notre liberté. C’est notre devoir de gagner. Nous devons nous aimer et nous soutenir les uns les autres. Nous n’avons rien à perdre que nos chaînes. »
Avec la disparition d’Assata Shakur, c’est une page d’histoire du radicalisme noir du XXe siècle qui se tourne, laissant une trace indélébile dans les mémoires militantes et culturelles afro-descendantes.
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