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Fanicko de Jésus: « Je ne me prends pas la tête, j’ai gardé mes mêmes amis…»

Adjanohoun Fanick Olivier est un jeune béninois qui aujourd’hui fait partie du cercle fermé des valeureux représentants de la musique africaine. Plus connu sous le nom d’artiste FANICKO de Jésus, il est l’unique à sa mère, esthéticienne-coiffeuse. Son père, commerçant, doit être fier de ce prodige de 23 ans dont il n’a fallu que deux titres (On va faire comment ? et Tu fais trop la bouche) pour scotcher l’Afrique entière. Alors en troisième année Licence en Management de Ressources Humaines, le natif de Cotonou est plus pris par ses tournées qui n’en finissent plus. Depuis deux semaines, il est en terre camerounaise et a séduit les publics de Douala et Kribi. Invité spécial de l’OG Club d’Emmanuel Nguélé sous la supervision d’Arnaud Curtis Mix pour deux dates, l’artiste nous livre son parcours et ses projets imminents. On parle alors de la sortie de son tout nouveau single : « Mon bébé ».

Sois le bienvenu au Cameroun, Fanicko, et merci de répondre aux questions de www.culturene.com

Trop cool votre site d’informations culturelle, et merci pour l’accueil. Le Cameroun est doux et je suis content d’être là.

Pourquoi déjà « de Jésus » sur ton nom ?

Je suis chrétien catholique, ma foi est inexpugnable et je me dis que si je suis où je suis, c’est grâce au Seigneur ; alors c’est pour le maintenir dans ma vie, et surtout continuer de compter sur sa bénédiction.

Tu deviens un phénomène dans ton pays le Bénin, et même dans le continent ; ce succès ne t’effraie pas ?

Non, pour l’instant il ne m’effraie pas, parce que quand je commençais je n’imaginais pas arriver à ce niveau ; donc je ne me prends pas la tête, je suis zen, et on verra bien jusqu’où j’irai.

Avant de parler de tes projets actuels nous allons revenir sur une époque de ta vie, pour nous attarder sur le crew JERUSALEM CLAN. A la base tu es danseur, c’est bien ça ?

C’est vrai, je faisais de la danse électro et j’étais le meilleur de Cotonou ; par la suite je me suis penché vers la photographie professionnelle et il m’est aussi venu l’envie d’essayer dans la musique en voulant suivre des aînés. C’est ainsi que nait le Jerusalem  Clan ; nous étions cinq, dont ADE qui rappait en anglais, Hugo, Junior, Massizo, Franck et moi-même. J’ai créé le groupe parce qu’à Cotonou le rap est un peu mort, il n’y a qu’un seul et digne représentant en la personne de BLAAZ qui d’ailleurs se trouve être mon producteur. Avec Jerusalem Clan on a sorti deux costauds titres qui ont fait très fort, sauf que très souvent les groupes ça ne dure pas vu qu’il y a divergence d’opinions et des visions différentes. Alors je me suis lancé en solo et j’ai fait une reprise de Stromae –un artiste que je kiffe grave-, qui portait le titre « Le gâteau ». Ce titre a tellement marché que ça s’est retrouvé en Europe. Voilà comment mon nom intéresse.

Pour revenir à LAWAL Aseni aka Blaaz, il faut souligner qu’il te signe sous le label Self Made Men…

Exactement, LAWAl aka Blaaz, meilleur rappeur de Cotonou et ex membre du violent groupe de rap le CCC (Cotonou City Crew) est un entrepreneur aujourd’hui et se bat même à imposer sa marque de t-shirts « i fock » (Il fo craindre le karma). Le 1er Septembre prochain nous lancerons, avec sa bénédiction, le site officiel du label www.selfmademen.com . Blaaz à travers son Label m’a donc produit, il a cru en moi, et je ne le décevrai pas. C’est un grand-frère qui œuvre pour le développement et l’élévation de la jeunesse africaine et béninoise en particulier.

Pour revenir à ton succès, l’Afrique te découvre véritablement avec le titre OVFC (On va faire comment)…

Aaaah ça… Disons que c’était mon premier truc, j’y croyais pas vraiment parce qu’autour de moi tout le monde me demandait : « Mais c’est encore quoi ça ? ». Vous savez, professionnellement les gens prennent le temps d’écrire leurs chansons, mais moi j’ai ma démarche à moi, celle de laisser libre cours à mon inspiration. C’est-à-dire qu’il y a l’instru, j’entre au studio et je m’amuse quoi. Avec « On va faire comment », mon producteur BLAAZ m’a appelé au studio, on a juste eu le temps de concocter un refrain, puis je me suis lâché, et en une heure le son était bouclé. C’était du pur freestyle, du délire en fait. J’aime m’amuser sur mes sons, à part bien sûr mon dernier single qui est sorti il y a moins d’une semaine, le titre c’est « Mon Bébé ». Je me suis vraiment concentré, pour épater le cœur des jolies demoiselles qui l’écouteront. Le clip sort bientôt sur Trace Africa et Urban.

Ça donne déjà envie de voir ce que ça va donner… Sinon, après OVFC, tu enchaine avec Tu Fais Trop La Bouche ; le titre qui cartonne en ce moment. C’est quoi l’histoire ?

Ce titre prend deux orientations : celle qui décrie ceux-là qui s’immiscent dans les histoires des autres, et celle qui décrie le comportement des jeunes qui aujourd’hui sont des vrais mordus des réseaux sociaux. On les voit toujours en train de se faires des selfies en faisant la bouche. En fait je m’inspire de la mouvance actuelle.

On s’en voudrait de ne pas revenir sur un passage de « On Va Faire Comment ? » qui accroche visiblement les jeunes, dans lequel tu dis : « On va faire comment, si là-bas ça sent, moi pas mettre dedans, même si on me donne l’argent »…

(Il éclate de rire) En fait les gos sont très dangereuses de nos jours, à peine tu la connais elles te demandent déjà tout et sont prêtes à tout te faire ; dans le clip on voit bien que j’entre à peine en classe et une fille me chuchote des trucs incroyables à l’oreille et me demande des sous. Bref je suis très étonné et dégouté en même temps, alors je lui dis ces mots (rires)… En même temps, vous savez, il y en a qui sont propres et qui n’aimeraient pas aller avec une fille sans qu’elle n’est prise un bain, et c’est une bonne chose au fond.

Tu parlais tantôt de ton tout nouveau single « Mon bébé » dont la sortie du clip est très attendue, on voit qu’ici tu as décidé de laisser s’exprimer ton cœur. Pourquoi cette nouvelle orientation ?

Cette question revient tout le temps (rires), même mes potes m’ont demandé : « Mais Fani, t’es amoureux ou quoi ? ». Dans cette chanson je voulais ressortir la situation d’un couple qui peut être en mal du fait de la distance. Vous savez, il y en a qui ne supportent pas le fait d’être séparés de leur moitié. J’ai eu envie de mettre en avant mon  côté lover, encore qu’à une époque j’étais un tombeur. Il fallait bien montrer aussi que je ne fais pas que du dansant mais du doux également.

Fanicko au Cameroun depuis deux semaines déjà, des passages très remarqués dans les villes de Douala et Kribi et aujourd’hui à Yaoundé sur invitation spéciale d’Emmanuel Nguélé pour deux prestations au OG Club avec le concours d’Arnaud Curtis Mix. On imagine bien qu’entre prestations et interventions dans les médias, tu n’as pas eu le temps d’admirer les beautés camerounaises ! Tu tiens vraiment à ton célibat…

Non, il y aura le temps pour ça t’inquiètes (rires).

Tu as tout de même apprécié les mets d’ici ?

On m’a fait goutter du ndolè, il y avait deux version : le salé et le sucré. J’ai bien apprécié le Folon, mais les bâtons de manioc c’est pas trop ma tasse..

Ton succès a changé grand-chose autour de toi dans ton quartier ?

Déjà je suis resté dans le même quartier, à Zobouré à côté du stade de l’Amitié et mes amis restent les mêmes ; rien n’a changé, je ne me prends pas la tête. Je sors tout le temps sans problème, et autour de moi on m’apprécie, surtout mon humilité car je suis très respectueux

 

 

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