Blaise Djilo, photographe indépendant: « Les Mafa doivent conserver une trace de l’authenticité de leur culture » - Culturebene

Blaise Djilo, photographe indépendant: « Les Mafa doivent conserver une trace de l’authenticité de leur culture »

Pourquoi cette exposition et quelles ont été tes motivations :

DITSUMA (« tradition ou culture » en langue Mafa) est une exposition photo qui est installée à la médiathèque de l’Institut Français de Yaoundé et s’achève ce 31 décembre 2016. Ce travail, présente quelques danses rituelles des populations du Mayo Tsanaga et elles ont été prises lors du festival organisé par l’ADEMAT (Association pour le Développement du Mayo Tsanaga), à Garoua le 5 mars 2016 au cours de son assemblée annuelle. Cette exposition présente aux populations de la ville de Yaoundé quelques aspects des nombreux us et coutumes d’un des 06 départements de l’Extrême Nord. Cette circonscription regroupe 07 arrondissements essentiellement rurales  et reconnus au niveau national par la diversité et la qualité de ses sites touristiques.

Quels objectifs souhaites tu atteindre à travers à travers cette mise en valeur via la photographie :

Au cours de cette exposition le visiteur découvrira 16 tableaux qui présentent les phases de la danse Hodok et celle de la fête du Maraye qui sont respectivement des cérémonies initiatiques et de célébration des ancêtres.

La danse Hodok, dite  danse au clair de lune, s’exécute en période d’abondance des récoltes. Elle marque le passage de l’adolescence à l’âge adulte. A cette occasion chaque jeune désireux de trouver l’âme sœur se pare de ses plus beaux atours pour exécuter ses plus gestes de séduction. Illustrés en 09 tableaux des portraits et des photos d’ensemble présentant : des jeunes hommes portant des peaux de bête, ou arborant des serpes pour valoriser leurs qualités de chasseurs et d’agriculteurs. On découvrira également les jeunes femmes Hidé de Tourou parées de leurs plus beaux bijoux, et portant des calebasses dont les frises personnalisées déclinent leurs statues matrimoniales (célibataires, mariées, ou veuves).  On trouvera enfin des scènes montrant des instrumentistes animant ces cérémonies. A l’exemple d’un flutiste jouant du « Tolom » (flute basse), et d’un groupe jouant du tambourin et d’une flute d’accompagnement.

La fête du Maraye est une cérémonie e sacrifice qui marque la fin d’une période d’engraissement d’un taurillon dans une salle obscure sur une période de plus de 02 ans. L’animal ainsi entretenu est  libéré hors de la case pour être abattu en signe de don aux ancêtres. Chaque famille peut faire sa cérémonie. Avant chaque sacrifice une danse rituelle exécutée par des prêtes (généralement des notables) qui intercèdent auprès des ancêtres pour le rituel soit accueilli favorablement. Cette activité est illustrée en 06 tableaux présentant ces notables portant des habits de cérémonie en coton, des bonnets et des outils sceptres propres à leur rang social.

Comment l’exposition a-t-elle été accueillie par le public ? :

Les participants au vernissage ont été très intéressés par l’exposition si on en juge par les multiples questions posées par l’assistance. Beaucoup aurait souhaité voir les détails de chacune des phases évoquées dans les cérémonies. Cela ouvre pour nous la possibilité d’explorer plus profondément ce sujet au demeurant fort riche et complexe.

Et quel bilan fais-tu à mi-parcours de cette exposition ?

Cette exposition qui était partie pour ne durer que sur la période d’octobre 2016, connaît un succès tel qu’il se prolonge jusqu’à la fin du mois de décembre. Tout en gardant la tête sur les épaules, je peux dire que l’appréciation qui en fait par la structure d’accueil de ce travail, et les visiteurs me permet de pense à un début de reconnaissance artistique.

Comment cette exposition peut contribuer-t-elle contribuer à la préservation du patrimoine culturel :

Loin d’être un document anthropologique, cette exposition permet néanmoins de participer à la vulgarisation de la culture du Mayo Tsanaga. Elle permet également aux ressortissants de ce département et à leurs descendants qui ont émigrés vers d’autres régions du pays, de conserver une trace de l’authenticité de leur culture. Elle contribue également à l’archivage du patrimoine immatériel des populations de ce département.

Propos recueillis par Ebah Essongue Shabba

 

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