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Portrait : Wole Soyinka, premier Africain prix Nobel de littérature

1934 : Akinwande Oluwole Soyinka, dit Wole Soyinka, naît à Abeokuta, une grande ville du Sud-Ouest du Nigéria, pays alors sous protectorat britannique, d’un prêtre anglican, également directeur d’école, et d’une mère commerçante politisée, engagée en faveur des droits des femmes, issue de l’importante famille des Ransome-Kuti. Wole grandit dans une atmosphère syncrétique, entre la religion yoruba traditionnelle de la région et l’anglicanisme de ses parents ; il deviendra cependant athée. Il se révèle un élève brillant, notamment en composition littéraire. De douze à dix-huit ans, il étudie dans un établissement public prestigieux d’Ibadan, toujours dans le Sud-Ouest du pays. Il reste dans cette ville pour étudier la littérature anglaise, le grec et l’histoire occidentale à l’université. À cette époque, il écrit une courte pièce pour la radio. Il est aussi un des cofondateurs de la première confrérie du pays.
1954 : Wole Soyinka part en Angleterre étudier la littérature anglaise à l’université de Leeds. Il a pour mentor l’universitaire G. Wilson Knight (1897-1985), spécialisé dans l’étude des textes sous l’angle du mythe. Il rencontre de jeunes auteurs anglais, collabore à un magazine satirique et tient une chronique incisive sur la vie académique. Il publie en outre des poèmes dans une revue nigériane.
1959 : Après sa première pièce majeure, The Swamp Dwellers (1958), Wole Soyinka fait paraître Le Lion et la Perle (The Lion and the Jewel), une comédie de mœurs en trois actes où il représente l’éternelle lutte entre tradition et modernité à travers la rivalité entre Baroka, le chef d’un village nigérian, le « lion », un homme sage attaché aux traditions, et Lakunle, un instituteur à l’esprit moderne, qui tous deux convoitent Sidi, une belle jeune femme, la « perle » du titre. Soyinka parle ici d’une modernisation précipitée de l’Afrique, de l’évangélisation de la population, du statut peu enviable de la femme, et interroge la pertinence de l’apport d’une éducation nouvelle, mis en regard des besoins quotidiens.

Après des études aux universités d’Ibadan et de Leeds, Soyinka travaille au Royal Court Theatre de Londres. Par la suite, il fonde plusieurs troupes théâtrales au Nigéria dont « 1960, Masks drama troupe » et occupe de nombreux postes universitaires à Ibadan, Ife et Lagos. En 1952, Soyinka crée l’association « The Pyrate » à l’université d’Ibadan afin de combattre la mentalité coloniale.

En 1962, il oppose au célèbre concept de négritude, fondé par Léopold Sédar Senghor, le concept de tigritude à propos duquel il dira « qu’un tigre ne proclame pas sa tigritude. Il bondit sur sa proie et la dévore. ».

L’auteur est emprisonné au Nigéria entre 1967 et 1969 pour avoir soutenu le mouvement d’indépendance du Biafra. Après sa libération, il reste au Nigéria et enseigne aux départements d’art dramatique d’Ife et d’Ibadan.

Il voyage aussi à travers le monde pour mettre en scène ses pièces, donner des conférences et éditer des magazines littéraires comme Transition.

En 1994, il est contraint à l’exil après avoir été condamné à mort par le gouvernement de Sani Abacha. Il ne pourra rentrer au pays qu’après la mort du dictateur, en 1998.

Le 25 septembre 2010, il crée son parti, le Democratic Front for a People’s Federation (DFPF, Front Démocratique pour une Fédération des Peuples).
Il est le premier auteur africain et le premier auteur noir lauréat du prix Nobel de littérature, qu’il obtient en 1986.

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