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Le cinéma ghanéen porte désormais le nom : GHALLYHOOD

La production cinématographique ghanéenne a connu ces dix dernières années un essor sans précèdent, une augmentation qualitative et quantitative des films.

Elle est dynamique et avoisine désormais les 200 films vidéos par  mois de presque toutes les catégories.

Ghallywood est le nom choisi par les promoteurs du cinéma ghanéen pour désigner l’industrie cinématographie ghanéen. Si Certains apprécient et accueillent favorablement ce nom calqué sur le modèle américain, d’autres déplorent son manque d’originalité. Car, cette appellation ne rend aucunement compte de l’authenticité africaine ghanéenne. Ils estiment que ses concepteurs ont été peu créatifs alors qu’ils auraient gagné à promouvoir ou faire découvrir au monde un nom purement ghanéen. « Pourquoi vouloir suivre systématiquement tout le monde ? Les Ghanéens ne peuvent pas vraiment  se reconnaitre  dans le nom Ghallywood. Il fait plus américain que ghanéen. Il aurait été plutôt préférable que l’industrie cinématographique ghanéenne épouse notre culture, traduise notre identité et se voit  attribuer un nom plus ghanéen qui dépeigne les riches traditions du Ghana et de sa culture ». Dira Ama K Abebrese célèbre actrice ghanéenne. Nikki Samonas, une autre actrice  lui emboite le pas. « L’industrie du cinéma au Ghana  qui a encore un long chemin à parcourir avait un réel besoin de recadrage. Et, ses  priorités ne sont certainement pas de lui trouver un nom à l’américaine ».

Ces productions sont dominées par les fameux « 1 and 2 » et « 3 and 4 ».  Les courts et longs métrages, les feuilletons sans oublier les séries télévisées, tout  y passe.  Dès lors, les professionnels du cinéma et de l’audiovisuel ghanéen sentent de plus en plus la nécessité de créer un cadre formel d’expression, un lieu plus adapté où se retrouveraient ensemble tous ceux qui œuvrent  d’une manière ou d’une autre au développement du cinéma. Une industrie s’installe et elle a besoin d’être encadrée et professionnalisée. C’était le rêve de M. William Nana Akuffo Awuku qui avait « une vision de développer un lieu communautaire où ghanéens et artistes internationaux, acteurs et l’équipe de production peuvent vivre et travailler ensemble ». C’est ainsi que Ghallywood Academy of Film Acting ayant commencé comme une petite école privée située à Kwame Nkrumah Cercle a pris de la valeur. Ainsi venait donc de naitre l’industrie cinématographique ghanéenne.  Elle s’appelera  Ghallywood.

Derrière Ghallywood s’est bâtie une œuvre gigantesque, preuve de la professionnalisation du cinéma au Ghana. Une organisation pensée  et mise en œuvre par les professionnels du cinéma et de l’audiovisuel soutenue par une volonté politique clairement affichée.

Pour beaucoup, le cinéma ghanéen  reste une fierté nationale. Il suffit de voyager à bord d’un bus reliant Accra à Takoradi ou Kumasi ou encore Cape Coast pour s’en rendre compte. Tout le long du trajet, les voyageurs seront servis aux films ghanéens en anglais ou en twi. Et, ce n’est pas fait pour leur déplaire au grand dam de quelques passagers ne comprenant ni le twi (langue majoritairement parlée) ni l’anglais.

Malgré tout, l’industrie cinématographique du Ghana est prometteuse de grands espoirs. Edward Agyekum Kuffour, acteur affirme qu’elle a « du potentiel lucratif à condition que  les investissements nécessaires soient mobilisés  pour la soutenir».

Dans l’univers magique et merveilleux Ghallywoodéen, on ne se contente plus seulement de rêver.  On peut aussi  le réaliser.

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