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Après le X Maleya, le King serait-il dans l’Empire ?

Un pacte secret a donc été signé entre eux et le public ; qui jusqu’ici est loin de connaitre une dénégation. En rappelant ici que le public camerounais est un public difficile et assez exigeant. Constitué à la fois des jeunes qui s’intéressent le plus à des styles musicaux étranger ; et aussi des vieux qui restent de plus en plus fidèles à une musique traditionnelle qui se modernise  peu à peu. C’est donc dans cette atmosphère belliqueuse que ce trio constitué a réussi à se frayer un sentier, qui est davantage battu. L’effet papillon de Yélélé, n’a pas laissé indifférent les récompenses méritées, les mécènes, les sponsors et des producteurs.

Le tube Yélélé va être réédité, ou alors remixé pour faire usage de l’expression consacrée. C’est une collaboration légendaire qu’offrira le X Maleya avec le mythique Pit Baccardi. Ce lion indomptable du rap français, qu’on a vu à la tête des grandes initiatives du côté de l’hexagone : première classe, le Noyau Dur, Secteur A…pour ne pas tous les citer. Personne n’aurait pensé d’aussitôt que de cette collaboration, naitra le tournant de la légende X Maleya. Pourtant on a longtemps reproché à nos ainés de Paname de ne point s’intéresser à la carrière de leurs frères du pays. Baccardi va prendre sur lui le risque de faire signer X Maleya dans l’Empire. Le nouvel album baptisé Ensemble du trio, sera donc produit sous ce label, et connaitra le succès historique qui a sauté même aux yeux de l’aveugle né. Les tubes comme Tchokolo ou alors Son me, rempliront leurs armoires de trophées,  le palais des sports une nuit de décembre jusqu’à débordement, les mémoires de téléphones et I pod…quelques mois seulement on annonce plus de 60 000 disques vendus. Sous d’autres cieux ceci mérite un disque d’or et promet un disque de platine. Des collabos avec des grands noms de la musique comme Dabany la Maama, Passi, Manu Dibango, Petit Pays, Mokobé…viennent comme pour attester les faits.

Il faudrait plus qu’un article d’une page pour parler de l’effet X Maleya. Le milieu Hip Hop en est fier, même si ce groupe s’en est séparé depuis belle lurette. Il reste un fils du milieu, et un frère. On se demandait déjà pourquoi Baccardi a plutôt choisi un groupe qui n’a rien à voir avec le hip hop, que de prendre sous ses ailes des artistes de ce genre musical pour leur donner leur chance. Pourtant dans le milieu hip hop et surtout R’N’B au Cameroun, du talent il y’en a, et on en trouve à foison. Franky P, Prosby, et surtout le King Duc Z. c’est sur ce dernier que Baccardi va jeter le dévolu. Ce qui a commencé avec le X Maleya, commence avec Duc Z. le remix du tube je ne donne pas le lait, voit donc le jour avec le même Baccardi et la légende du R’n’B français le chateur invétéré du nom de Singuila. Ce remix a été orchestré donc par la maison Empire, c’est ce que nous avons pu voir sur l’épaule gauche des tee-shirts : je ne donne pas le lait remix.

Nous ne pouvons pas dire que c’est un risque pour Baccardi de faire signer Duc Z dans l’Empire. Je ne donne pas le lait, a connu un succès incontestable. Comme si ça ne suffisait pas, Afrika Mamy n’est pas venu donner le lait non plus. Avec une mélodie de l’heure, uen écriture bien trempée dans l’art poétique et les codes de la rue, doublée d’un pas de danse assez original. Ce n’est donc pas une surprise que dans tous les clubs, tous les jours dans toutes les villes du Cameroun, Afrika Mamy soit joué au même titre que May D, Bracket, P Square, et même plus. Afrika Mamy de Duc Z est le tube de l’année comme l’a été Son me de X Maleya. Si l’entrée du King dans l’Empire se confirme, ce serait rien d’autre qu’une consécration. Consécration d’une longue carrière plein de succès, consécration pour un jeune artiste qui a posé les fonds baptismaux de R’n’B au Cameroun, et qui en a porté le flambeau. Consécration pour un artiste qui menace les espaces musicaux étrangers, et arrive à se placer à la tête des hits. Empire Company aura autant à bénéficier que Duc Z, si cette signature se concrétise. Grace à ce succès de Duc Z, désormais quand un profane veut parler du hip hop camerounais, il se préserve de l’usage de tout quolibet. Et parle de ce mouvement avec respect, car il en existe des acteurs qui imposent ce respect là. Nous souhaitons donc bon vent au King du R’n’B camerounais, et lui donnons la charge de porter haut et partout le hip hop camerounais. Comme le X Maleya l’a fait dans un style qu’il peine toujours à définir. Que Duc Z vive de plus en plus de son art, mais qu’il reste toujours et toujours authentique.  Et qu’il se souvienne toujours de cette phrase : « Ça fait 10 ans que la foule m’écoute là, et ce n’est ni du bikutsi  du makossa ».

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