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Chef Émile Engoulou : «Les plus grandes recettes en cuisine sont réalisées par les hommes…»

Son nom est devenu une institution dans le domaine de l’art culinaire, ses plats aux saveurs exquises font rêver des palais. Le temps d’un entretien, nous avons grignoté le temps de Chef Émile Engoulou coordonnateur du pôle Art culinaire à la 4eme édition de la rentrée culturelle artistique nationale au musée national. Sans ambages, le chef s’est réjoui de la tenue de cet événement organisé par le ministère des arts et de la culture.

Vous êtes une star incontestée de l’art culinaire au Cameroun, on aimerait savoir d’où vient votre amour pour la cuisine ?

Je vais vous étonner,  la cuisine est une révélation tardive, je me passionne d’abord de gestion hôtelière que j’étudie jusqu’au bout. C’est dans ma fonction de restaurateur accompli que j’entends l’appel de la cuisine et que je commence à pratiquer ce noble art, ça m’a fait surfer sur la chape de connaissances que j’ai reçue pendant ma formation et là je me rends compte que je suis habile à la cuisine, c’est ainsi que je me suis lancé dans l’antre de la cuisine. Toutefois, en cuisine j’aspire à être une star.

Lorsque vous étiez plus jeune est ce qu’il vous arrivait de fouiner dans la cuisine de maman ?

Non justement, ma cuisine est l’ensemble de recherches  des instants très furtifs que j’ai connu avec ma mère mais qui remonte lorsqu’elle décède quand je me rends compte qu’elle n’est plus là, je me mets à rechercher ce que j’ai eu de magnifique avec elle et c’était des moments très furtifs des instants en cuisine. Furtif parcequ’étant tout petit, étant l’homonyme de mon père je n’avais pas le droit d’aller en cuisine, quand j’étais avec ma mère dans la cuisine à chaque fois que mon père m’appelait, ma mère me disait que vas -y , je n’aimerais pas que tu aies des problèmes avec ton père et ces instants furtifs de cuisine avec ma mère nourrissent mon activité que je pratique aujourd’hui.

Comment s’est déroulée l’enfance du Chef Émile Engoulou ?

Je suis le septième d’une fratrie de 36, je suis né à Douala où j’ai fait pratiquement tout mon cycle primaire, à cause des affectations de mon père j’ai fait l’école au village deux fois. J’ai fait la classe de sixième dans un établissement confessionnel à Ebolowa, l’année d’après toujours à cause des affectations je suis allé au lycée de Kousseri après deux ans je suis allé au lycée d’Akonolinga, je suis devenu un touriste sans le savoir. J’ai fréquenté au lycée technique de Douala après je me suis rendu en France où j’ai fréquenté à  l’école mixte de gestion de tourisme de Vichy. Enfin j’ai clos mes études à l’Institut International de Maxime de Paris avant de rentrer au Cameroun.

Revenu  au Cameroun quelle a été la suite ?

Je suis resté fidèle à ce qu’on m’a appris à l’école et c’est ce que j’apprends à mes étudiants quand on sort de l’école on est maladroit et il est préférable de commettre des erreurs chez autrui. Donc pendant 5 ans j’ai été Directeur de la Restauration dans un hôtel de la place avant de créer mon entreprise qui m’a permis de travailler dans d’autres hôtels parceque c’était un cabinet conseil et surtout du conseil assistance, nous avons travaillé avec l’hôtel Beauséjour et plusieurs autres entreprises. Ce qui m’a fait venir à Yaoundé c’est parceque je travaillais pour une résidence familiale qu’on a transformé en hôtel, c’est après que ça ne se soit pas bien passé que j’entre dans l’exercice commercial de la restauration à Yaoundé.

Quelle est la différence entre la gastronomie et la cuisine ?

La cuisine déjà est un ensemble de préparations qui à mon sens sont converties en recettes. Des recettes qui aboutissent à des productions spécificités de façon répétitive  qui donnent des mêmes résultats et la gastronomie elle est le perfectionnement de la cuisine, c’est pour cela que moi je dis qu’il y’a pas de gastronomie et de cuisine  camerounaises. Par l’appréciation systémique nous ne sommes pas encore  de ce côté, du côté artistique oui car l’art n’a pas de canons rigides.

Selon vous les femmes ne cuisinent pas, elles préparent, es-ce à dire que les meilleurs cuisiniers du monde sont les hommes ?

Oui de loin, vous n’avez qu’à regarder dans l’histoire des civilisations, il y’a qu’en Afrique qu’on ose croire que les femmes cuisinent mieux que les hommes mais il me semble que c’est parcequ’il y’a pas de prétention artistique de la cuisine, parceque ce qu’on fait à la maison, la cuisine utilitaire ce n’est pas de la gastronomie à mon sens, on peut retrouver des canons de la gastronomie là-dedans mais en tant qu’institution ce n’est pas encore de la gastronomie. Les plus grandes recettes en cuisine sont réalisées par les hommes.

Pour transmettre votre savoir vous avez décidé de créer votre institution universitaire pouvez vous nous présenter de manière succincte votre établissement ?

l’Académie H2T (Hôtellerie, tourisme et territoire) est le résultat d’une autorisation conférée par le Ministère de l’enseignement supérieur où nous préparons les camerounais au BTS. Nous délivrons au terme de deux années d’étude pour ceux qui ont un Bac en hôtellerie et trois ans pour ceux qui  ont un bac général, un BTS en génie culinaire (science de la cuisine ), un BTS en gestion et management hôtelier, un BTS en commercialisation des services de restauration et un BTS en management touristique. Il faut le dire le management touristique est l’  ensemble des activités qui concourent au fonctionnement des agences de voyages et des agences de transpor.

Côté jardin, le Chef Émile est-il marié ?

Je suis bien marié et je suis père de 4 enfants aujourd’hui.

Vous qui êtes chef cuisinier quel est votre plat préféré ?

Mon plat préféré est un met à base de  légumes sans sel c’est le Sangha.

Si aujourd’hui vous n’étiez pas  cuisinier quel métier auriez-vous rêvé  de pratiquer ? 

Je le pratique partiellement car mon rêve d’enfance était de devenir agronome, j’aurais voulu fréquenter à Dschang. Maintenant avec des difficultés que j’ai rencontrées  ici, parceque quand je pars à l’étranger je n’ai pas le baccalauréat, je m’inscris à l’école mixte de gestion de tourisme où j’ai eu la possibilité de préparer un programme qui m’a permis d’avoir le baccalauréat .Avec ma formation, j’ai retrouvé l’agronomie dans l’agriculture parceque je possède quelques exploitations.

Quels conseils pouvez vous prodiguer aux jeunes qui aimeraient suivre vos pas ?

Je leur  dirai de faire attention, car ce n’est pas un long fleuve tranquille, il faudrait qu’il travaille énormément, car le métier nourrit sa personne, la preuve je suis bien dans ma peau. Il faut beaucoup de concentration pour s’imposer et à travers ce métier on rencontre des personnes qu’on avait jamais imaginé, on se fait des amis à travers le monde.

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