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Tchad : Djemi, la nouvelle sensation du slam tchadien

Cette talentueuse slameuse  a marqué  les esprits lors de la dernière édition du festival Ndjam S’enflamme en Slam.

Au milieu des six slamzone qui étaient à l’honneur cette année lors de la cinquième édition du festival international Ndjam S’enflamme en Slam, trônait la slameuse tchadienne Djemi. Passionnée des mots et de la scène, Djemi de son vrai nom Ommel Gwladice Djiraibe, s’est révélée au public comme une artiste éblouissante à la plume mature et aux textes atemporels. Ses deux prestations, d’abord à l’Institut français du Tchad le vendredi 8 novembre ensuite au Selasao le dimanche 10 novembre 2019, étaient un savant dosage de talent, de créativité, et de passion. Cette passion, Djemi l’a partagé avec le public qui a aussi profité pour découvrir l’univers de cette slameuse qui découvre le slam il y a deux ans. Dans ses textes elle dénonce les violences faites aux femmes, le sexisme,  et ne cache pas son envie de vouloir guérir les maux avec les mots. « Lors du spectacle de l’institut français j’ai déclamé trois textes. « Dans le premier texte intitulé « En vie », je me suis mise dans la peau d’une jeune fille qui aurait voulu ne jamais naitre. Je veux amener tout un chacun à s’interroger sur ce qu’il vit, ce qu’il pose comme acte, ce qu’il peut faire pour barrer la route au mal. Dans le second texte « Toucher le fond », je caricature la femme diplômée que certains hommes réduisent au sexe. Je veux que ces hommes-là comprennent que la femme vaut beaucoup plus que des fesses et des seins. « Mes mots contre les maux », mon troisième texte est une thérapie slam car j’aimerais tellement guérir le monde parce qu’il souffre. Notre monde est tellement malade et moi toute seule je suis incapable de le sauver. Tout ce que je peux faire c’est lui appliquer un baume à travers mes vers, ça ne guérira peut être pas mais ça soulage. Je n’ai que mes mots face au maux », déclare Djemi la slameuse.

Artiste engagée, pour Djemi le slam ne se limite pas qu’à une simple déclamation de textes rythmés. « Le slam c’est la liberté de dire ma pensée, c’est la liberté d’expression. En tant que Slameuses je suis la voix de la société. Le slam peut être un moteur de changement pour le Tchad », nous confie-t-elle.

Au Tchad, le slam est encore un jeune mouvement qui suscite néanmoins un engouement chez les jeunes grâce au travail abattu par des passionnés à l’instar de Didier Lalaye alias Croquemort. « La pratique du slam fait face à de nombreuses difficultés car nous ne sommes pas aussi nombreux que les musiciens par exemple.  Le slam n’est pas encore populaire mais on parvient déjà à drainer des foules et faire salle comble lors des spectacles. Tout ceci c’est aussi en partie grâce à Croquemort qui a montré la voix à beaucoup d’entre nous et a permis au Tchad d’avoir l’un des plus grands festivals en Afrique ». Malgré tous les obstacles, Djemi ne compte pas s’arrêter en chemin. Elle compte s’investir d’avantage pour amener le public vers le slam. « J’ai en projet d’initier des ateliers en direction des jeunes du secondaire pour faire connaître le slam auprès des jeunes, collaborer avec les collectifs de slameurs existant afin de donner plus de visibilité au slam tchadiens », conclut-elle.

Par Ebah Essongue Shabba

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