Nana Ardo, humoriste et écrivain : « Le célibat consacre la faillite dans les rapports hommes femmes » - Culturebene
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Nana Ardo, humoriste et écrivain : « Le célibat consacre la faillite dans les rapports hommes femmes »

Figure bien connue de la scène humoristique camerounaise, Nana Ardo a bifurqué vers la littérature, le temps d’un roman dans lequel il crève l’abcès du célibat. Pour Culturebene, il s’est confié sur les raisons ayant motivé le choix de cette thématique ainsi que ses attentes

Ton livre Pourquoi tant de célibataires, vient de paraître. Qu’est ce qui t’a motivé à écrire ce livre?

L’écriture de ce livre est partie d’un constat, suite à l’observation : les mariages deviennent rares, et même quand on les contracte, ces mariages sont d’une fragilité sans nom. Alors je me suis intéressé aux profils des conjoints dont les mariages se disloquent facilement. Pour y parvenir, il suffit d’assister aux procès et de vérifier les profils, les classes sociales des conjoints. On observe une certaine constance. Alors j’ai écrit juste pour rendre compte de mes observations. Je ne donne de leçons à personne. Je constate les faits et leurs fréquences d’apparition puis je les interprète. Je peux me tromper.

Abordé le sujet du célibat était-il si important pour toi?

J’aborde le sujet du célibat parce qu’il est essentiel pour les humains. Le célibat consacre la faillite dans les rapports hommes femmes. Or l’humanité ne peut se perpétuer qu’à travers le couple homme femme. Bien sûr on peut faire son enfant en dehors du mariage pour ceux qui n’appréhendent pas les choses en croyants religieux, mais tout de même le mariage constitue un cadre par excellence pour une meilleure socialisation des enfants. Le célibat prédispose les enfants à connaître une éducation moins équilibrée, où le modèle de papa n’existe pas. Pour une société moins violente, plus harmonieuse et plus respectueuse, il faut que la famille repose sur le mariage. J’ai voulu pointer du doigt des réalités. A chacun d’en faire ce qu’il veut.

Quel message as-tu voulu transmettre à travers ce livre et comment veux-tu que les lecteurs l’accueil ?

Dans le livre, j’ai voulu rendre compte de mon observation de la société où désormais  être femme est perçu comme rétrograde. Les femmes essaient d’imiter les rôles originels de femme sans les jouer à fond, tout en imitant les rôles d’hommes dans l’espace public pour se réaliser. Dans le même temps, l’homme imite les rôles d’hommes sans aller jusqu’au bout tout en imitant la femme. Au lieu d’assister et de protéger la femme, beaucoup d’hommes cherchent à dépendre des revenus de femmes soit partiellement soit totalement. Le féminisme a produit au moins 80% de gigolos parmi les hommes et au moins 80% de femmes hyper matérialistes.

Doit-on désormais ajouter à ton arc la corde d’écrivain ?

Ajouter une corde à mon arc ? Rire. Je ne me définis pas en humoriste, en écrivain… L’être humain est libre de s’exprimer de manières diverses et variées, et exercer n’importe quel métier qu’il aime. Le fait de se définir sous le prisme d’un métier, c’est être assigné à profession, comme un assigné à résidence. Pour moi c’est un prisonnier.

Que devient ta carrière d’artiste musicien?

Cette question rejoint la précédente. J’ai appris à jouer de la garaya, un instrument traditionnel à cordes. Et j’adore la musique. Il m’est arrivé de chanter, d’enregistrer des chansons. Et je compte le faire à tout moment. Car la musique est un excellent moyen pour s’exprimer, vivre des émotions et les partager.

Entretien mené par Ebah Essongue Shabba

 

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