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Portrait : Martin Ambara, La foi d’un maître

Martin Ambara est metteur en scène, dramaturge et comédien camerounais. Il est le fondateur du Laboratoire de théâtre  de Yaoundé (Othni).

Charismatique, l’allure fière, Martin Ambara n’est pas plus grand que la plupart de ses acteurs, et pourtant, ils le suivent à la lettre. Les raisons de ce respect sont nombreuses. Tout d’abord, il cumule les fonctions de fondateur directeur de la troupe « les Ménestrels » à laquelle appartiennent les jeunes comédiens du Laboratoire de théâtre de Yaoundé (Othni) qui les prend en charge. C’est en 1999, que lui vient l’idée de mettre sur pied cette troupe, avant d’ouvrir, onze ans plus tard, l’Othni. Ensuite, il est une référence certaine en matière de théâtre en Afrique de par les nombreux ateliers, stages, pièces mises en scène et les prix qu’il a à son actif. Sa seule ambition est d’expérimenter les nouvelles formes de théâtre et d’échanger ces expériences avec d’autres esthéticiens dans le monde entier. Depuis 2004, il a dirigé des ateliers de théâtre en Italie, au Burkina-Faso et au Cameroun. Il est aussi lauréat du prix Visas pour la création Von Culturesfrance, boursier du Centre national du livre France en 2008 et, en 2010, du Nrw Kultursekretariats en Allemagne. En termes de pièces mises sur pied, on peut citer : « Jusqu’au bout de l’absurde » en 2001, « Le monodélire de la rue case-tout », « Osiriades S.G.2.1 », « Epiposture » en 2011, etc.

L’Othni se situe au quartier Titi garage à Yaoundé. Il défend l’interrogation des formes artistiques contemporaines (danse, sculpture, peinture, photographie, cinéma, vidéo) comme creusets susceptibles de participer au renouvellement de l’esthétique théâtrale aujourd’hui. Il favorise l’exploration des écritures théâtrales contemporaines et ce qu’elles induisent comme langage et formes de transcription sur un espace scénique. Pour le faire vivre, tout comme le personnel et les activités qui y sont menées au quotidien, Martin Ambara est contraint de sortir l’argent de ses poches. A cause de l’absence de subvention de l’Etat. Il n’a pas vraiment le choix. Et malgré ses nombreux voyages au Burkina-Faso où se trouve sa famille, il assure parfaitement son rôle d’administrateur.

Les dépenses sont nombreuses pour les maigres recettes encaissées lors des spectacles, ateliers, etc. Et pourtant, le quadragénaire né un 11 février 1970 à Yaoundé croit dur comme fer à son affaire. Cette foi, il la doit à son amour pour le théâtre et aussi à la confiance de ses collaborateurs, sans lesquels le rêve se serait déjà écroulé. Il est actuellement en train d’écrire une ligne dramaturgique au Prophète de Khalil Gibran pour la carte blanche qu’il a reçue aux Récréâtrales à Ouagadougou où la pièce sera montée en septembre prochain. Selon le dramaturge camerounais, il faut redéfinir au théâtre un véritable champ d’expression qui sache joindre la théorie et la pratique. « On ne navigue pas à vue dans le théâtre qui est un art subversif par essence», déclare-t-il.

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