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Logtega : «On vit une génération où la jeunesse écoute ce qui déprave…»

Comment commence ta carrière, et dans quelle condition sors-tu ton premier album « Code J » ?

Déjà je dirais que c’est des moments qui me marqueront toujours, si je pouvais les garder au froid dans un réfrigérateur histoire de les revoir un jour ce serait avec plaisir (rire). J’ai entamé ma carrière musicale en 2002, m’étant positionné comme ambassadeur de Christ au milieu d’une tendance jeunette musicalement parlant ; ce n’était pas facile pour moi, mais je trouvais ça très excitant parce que j’étais conscient du fait que ça portera des fruits demain ; je me rappelle qu’à l’époque il était tabou de chanter du gospel avec des rimes et des sonorités RnB, soul ou reggae, il fallait rester dans un style assez orthodoxe pour ne pas dire religieux. Alors je me suis dit beh tiens, les jeunes ont un problème par rapport à l’évangile, ils ont l’impression qu’une fois qu’ils sont dans la maison de Dieu ils ne peuvent plus être eux-mêmes, ils oublient leur identité, leur position en tant que jeunes ; alors je me mets à écrire et je décide de me servir des musiques que les jeunes aiment pour véhiculer les messages de l’évangile, et je sors donc « Code J », « J » mis pour Jésus.

Et ça a marché ?

Pour moi ça a marché, même si c’était dur au départ, aujourd’hui ce n’est plus un tabou que de chanter Christ en d’autres rythmes, et j’estime que je n’ai pas perdu les années de ma jeunesse.

Dans quel registre exactement te classes-tu ? Est-ce du Rnb Gospel ? Du Gospel and B ?

Beh, RnB Gospel ou Soul Gospel, pour moi c’est pareil, puisque les rythmes connaissent des modifications au fil des années. A cette époque on parlait plus de Rnb parce que les gens étaient encore dans une séquences RnB pur, mais aujourd’hui on parle plus de la musique électro ou des musiques qui connaissent des variantes par rapports  à avant même au niveau des rimes, des sons et des danses. Donc peu importe la musique, le combat pour moi était de faire savoir que le plus important c’est le message positif de l’évangile qui y est véhiculé, tout en distillant la bonne humeur, surtout quand on sait qu’on vit une génération où la jeunesse écoute tous les jours ce qui déprave.

Après Code J tu sors « Spiritual » en 2006 et ton dernier projet en date c’est « l’Essentiel » sorti en 2011, mais on a l’impression qu’ils passent presqu’inaperçus, si on les compare  au premier album ?

Moi je dirais que le premier combat a été remporté, celui d’introduire la musique Gospel sur la scène musicale camerounaise, maintenant il y a un autre combat qui est celui d’emmener la communauté chrétienne à consommer ces produits ou à défendre ce en quoi ils croient. L’autre souci vient de l’organisation, c’est-à-dire qu’il n’y a presque pas de scènes si ce n’est des petites, or moi je fais pas mal de tournées internationales, mais revenir au pays pour organiser des mini concerts…, c’est assez épuisant du point de vue moral. Là je suis en train de travailler sur le marché de la production, pour une saturation effective. Je ne dirais pas que le dernier album ne marche pas, c’est juste que dans le premier on découvrait quelqu’un, on découvrait un style nouveau, maintenant on attend une confirmation, une continuité. Il faut aussi surmonter la bataille de la distribution.

C’est toi-même qui signe la production de tes albums, n’est-ce pas pesant pour toi ?

C’est exact, j’ai toujours produit mes albums depuis le premier, donc pour vous dire que ce n’est pas qu’une bataille pour l’insertion d’un genre nouveau, j’ai dû payer de ma sueur, de mes moyens, de ma jeunesse et ce depuis 2003, donc quand on commence à avoir un peu de sous comme c’est mon cas aujourd’hui, j’estime que ça va. Surtout que nous vivons actuellement une tendance qui est la piraterie, les producteurs sont devenus très méchants et veulent tout prendre et rien vous laisser.

Tu joues de plusieurs instruments, avec lequel te sens-tu plus à l’aise ?

J’ai commencé en fait la musique avec la batterie, puis je découvre ma voix ; seulement ce n’était pas évident de chanter et de taper sur la batterie en même temps, alors je me rabats sur la guitare, et je fini par avoir le coup de foudre pour le piano. Donc je suis plus pianiste que tout autre instrument, parce que ça me permet de développer mes techniques de chant ainsi que mon niveau d’écriture.

Tes contacts, pour tous ceux qui voudront sans doute se procurer tes albums ?

Au Cameroun je réponds au 99 12 01 54, les albums sont vendus sur tous les médias chrétiens, le dernier coûte 2000 frs, pour les amoureux du net je suis sur facebook, tapez tout simplement « Logtega » et vous serez livrez à domicile où que vous soyez au pays même en passant par le contact donné plus haut.

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