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Simon Abbe : « la chorégraphie, c’est d’abord un travail de recherche auquel se greffent sujets et thèmes biens élaborés… »

Aujourd’hui danseur professionnel et chorégraphe aguerri, il va faire le tour du monde non pas pour seulement compétir ou apprendre, mais aussi dans le but de former d’autres jeunes passionnés. Nous vous laissons découvrir le parcours de ce jeune camerounais qui ne manque pas de détermination.

Qu’est ce qui t’inspire à la base, cette passion pour la danse ?

En fait cela remonte à quand j’étais encore tout petit, j’avais un grand-frère qui à l’époque dansait du Kwassa Kwassa et du Ndombolo, c’était en 1990 pour être plus précis. De temps en temps, après les classes j’allais le rejoindre pour les repet et je dansais du Ndombolo. Plus tard en 1995 je me lance dans la danse hip hop et en 198 je fonde le groupe Blacks Stars qui va même remporter à 4 reprises le titre de champion du Cameroun. Ce qui m’emmène à m’interroger sur mon avenir dans la danse, car je me voyais à ce moment là, aller très loin avec ça. Alors entre 2000 et 2005 je me suis mis à fond et je travaillais avec des gars dans le cadre purement professionnel ; on s’est mis à beaucoup voyager et c’est comme ça que l’aventure a commencé.

Parles-nous de ton passage au ballet national ; c’était sensiblement à la même période ?

Oui, on peut le dire, c’était en 2006, on avait lancé un recrutement pour le ballet national et j’ai été retenu. Là-bas je me suis formé en danse contemporaine classique et moderne, ce qui m’a véritablement passionné ; alors j’ai décidé de m’y consacrer exclusivement. Grâce à tout ça, j’ai beaucoup voyagé surtout du côté de l’Europe, où j’ai appris énormément aussi.

Allais-tu y compétir ou tout simplement dans le but d’apprendre ? Quels sont déjà les pays par lesquels tu es passé ?

(Rire). S’il faille citer tous les pays par lesquels je suis passé, on risque passer la journée ici (rire) ; bon je vais quand-même citer quelques uns comme la France, la Chine (lors de des Jeux Olympiques), le Ghana (lors de la CAN), le Japon…, franchement il y’en a tellement. J’y allais pour compétir, apprendre mais aussi pour former ; je forme les jeunes dans plusieurs pays africains notamment au Ghana, au Gabon, en Guinée Equatoriale et beaucoup plus au Cameroun.

Tu te considères plus comme danseur ou chorégraphe ?

Personnellement, je dirai que je suis un peu comme un malade dans le travaille que je fais, je suis plus dans une logique philosophique qui fait que les gens ne partagent pas toujours ce que je dis. Vous savez, il y a des gens qui sont danseurs, mais qui n’ont pas la possibilité de mettre sur scène ce qu’ils ont comme vision c’est-à-dire, matérialiser sur la scène une pensée artistique ; parce que pour moi, la chorégraphie ce n’est pas coller deux mouvements ni agencer 3-4 mouvements les mettre sur scène et dire que je suis chorégraphe. C’est un vrai travail de recherche avec un sujet et un thème bien constitués. Donc je pense pour ma part qu’on peut être très bon danseur et piètre chorégraphe.

Si tes chorégraphies parlaient, quel message transmettraient-elles ?

Mes chorégraphies essayent de ressortir notre côté relationnel, la condition humaine…, d’ailleurs l’une des dernières pièces que j’ai pu faire s’intitule « Simon » avec le français Xavier Lot et dans cette pièce je mets en scène le rapport football que l’on vit aujourd’hui. Je pense aussi citer « entre là » qui parle d’absence d’amour…

Lors de la dernière édition des « Mango Night » tu as été choisi comme chorégraphe…

(Rire). Je vous dis tout de suite que j’ai une grande-sœur que j’aime beaucoup et qui elle, apprécie énormément ce que je fais, il s’agit de Corry Ndenguemo du groupe « Macase ». C’est depuis l’âge de 17 ans qu’elle me suit et me conseille. Il y a quelques temps quand je rentrais de mon voyage à Libreville, elle m’a appelé et m’a dit de passer lui proposer des choses pour le Mango Night et moi je ne peux rien lui refuser ; c’est de là qu’est née notre collaboration. Alors je suis arrivé et avec les autres, on a fait pas mal de choses à travers la voix, la danse, le corps, l’espace et le temps.

Mènes-tu une activité parallèle à celle de la danse ?

C’est vrai que je chante aussi, mais la danse c’est mon passe-temps, mon gagne pain, ma passion, ma profession, c’est mon amour, c’est ma vie (rire).

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