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Dovie Kendo : « Je défends la cause des femmes… »

Approchée par nos reporters à la fin du spectacle « Epilogue d’une trottoire », qui raconte les mésaventures d’une prostituée, une mise en scène qui porte son nom, elle nous livre ses premières impressions.

Bonsoir Dovie Kendo, merci d’accorder cette interview à culturebene.com. Vous êtes sous votre casquette de metteur en scène ce soir et le spectacle auquel nous venons d’assister révèle en quelque sorte les mésaventures que vivraient les « trottoires », dans les conditions toujours aussi difficiles, mais pouvez vous nous dire réellement le message que vous essayez de passer à travers cette pièce ?

Bonsoir à vous. Je veux demander aux hommes qui sont nos pères, nos chéris, de mettre dans leur tête que la femme, c’est un bonbon, c’est leur mère, c’est leur sœur, donc avant de l’utiliser, il faudrait qu’ils pensent aussi à la respecter. Qu’une femme soit prostituée, ne vous donne pas le droit d’abuser d’elle n’importe comment. Vous êtes loin d’imaginer ce qu’elles subissent dans leur métier que pourtant, elles assument. L’homme oublie parfois qu’en venant vers une prostituée, c’est parce qu’il s’est senti délaissé, qu’il s’est senti mal. Alors, il trouve réconfort auprès de cette « troittoire » qu’il n’est même pas capable de respecter, juste parce qu’il lui a remis de l’argent.  D’aucuns pensent que je défends les prostituées et beh non, je défends la cause des femmes, car toutes sont victimes de ce genre de comportement, même dans leur foyer.

En fustigeant ce comportement « d’homme », derrière ne se cacherait-il pas aussi une invite aux femmes ou filles à ne pas s’engager à corps perdu dans ce métier qui, nous le savons tous, comporte de très grands risques ?

Justement, j’y arrivais, il est très important d’ailleurs de soulever ce problème, car beaucoup ignorent les dangers qui entourent ce métier. Faudrait vraiment que les femmes comprennent que la rue n’est pas du tout facile, et pour celles qui verront cette représentation, elles se rendront très vite compte de tout ce qu’on peut rencontrer les nuits, quand on mène ce genre d’activité. Dans ce travail, vous rencontrez tout, même l’inimaginable : les pervers, les démons, les fantômes, tous profiteront de leur corps, sans même qu’elles aient eu le temps de comprendre ce qui vient de leurs arriver. Donc il faudrait qu’elles fassent très attention. Il y’a pas qu’elles, même dans nos ménages c’est devenu très compliqué, quel avenir pour nos enfants ? Aujourd’hui l’homme chosifie la femme, il ne lui fait plus l’amour, il abuse d’elle, parce qu’il lui a donné un 5.000frs, il pense devoir l’utiliser à sa guise. Même à la maison, le mari parce qu’il rationne, pense pouvoir faire à sa femme ce qu’il veut, sous prétexte qu’elle ne travaille pas. Mais c’est faux, car c’est elle qui fait la cuisine, s’occupe des enfants, prend soin de son homme quand il est malade, entretien la maison, donc elle bosse deux fois plus que l’homme qui sort pour aller au boulot. Alors, elle mérite énormément de respect, même si elle ne ramène pas le salaire.

Pensez vous qu’à travers cet œuvre, les mentalités changeront peut être ?

Je ne peux pas le savoir avec exactitude. Ce que je fais, c’est exposer un problème, à chaque homme et à chaque femme de réfléchir. J’ai été séduite par l’écriture de l’auteur et j’ai décidé de la mettre en scène, il revient maintenant à tout un chacun d’en tirer une leçon à sa façon.

Une fois de plus nous vous retrouvons dans votre logique de combat pour les droits des femmes, tout récemment vous apparaissiez dans un long métrage « les veuves volontaires », aux cotés d’Alphonse Bénis », est ce à dire que vous ne jouez que des rôles ayant trait à ce combat ?

OUI. Dans chaque projet que l’on me propose, quand je sais que je vais défendre la femme, je m’y mets à fond. Vous savez, dans un ménage, lorsque l’homme et la femme travaillent, ils prennent une bonne pour s’occuper de la maison et lui payent un salaire en fin du mois. Mais quand la femme ne travaille pas, mais qu’à la maison elle veille à ce que tout marche, s’occupe du mari, des enfants, fait la cuisine, la lessive, fait les achats, tient correctement son foyer, pourquoi n’a-t-elle pas droit au respect ? Pourquoi n’a-t-elle pas droit au salaire ? Elle est plutôt méprisée, battue, chosifiée et subie des violences sexuelles, parfois pires que celles vécues par les prostituées. Chers maris, chers frères, apprenez à reconnaitre l’importance de la femme.

La scène de tout à l’heure tend à présenter l’homme comme un bourreau sexuel, estimiez-vous que la femme est une laissée pour compte ?

Vous savez, si vous posez la question à 100 femmes, 90 vous diront que l’homme est égoïste. Parce que l’homme, dés qu’il a pris son pied, il se fout de savoir si la femme est satisfaite. Vous allez me permettre l’expression, l’homme « baise » la femme, il ne fait pas l’amour à la femme et comme elle est soumise, elle ne boude pas, après qu’il se soit retiré, elle reste triste dans son coin. C’est égoïste tout ça.

Sinon, dans l’ensemble êtes vous satisfaite de la prestation ?

Oui, à 100%. L’actrice a merveilleusement bien jouée. Elle a franchement assurée, ce n’est pas facile de porter un spectacle de ce genre tout seul, un monologue aussi compliqué que celui auquel on vient d’assister. Je suis très contente d’elle.

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