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Portrait: Calixthe Beyala

Calixthe Beyala est originaire d’une famille modeste du Cameroun, où elle passe son enfance Sa sœur aînée l’élève et subvient à sa scolarité. À l’âge de dix-sept ans, elle rejoint la France où elle se marie, obtient un baccalauréat, puis poursuit des études de gestion et de lettres1. Elle est mère de deux enfants.

Calixthe Beyala publie son premier ouvrage à l’âge de vingt-trois ans : C’est le soleil qui m’a brûlée, publié en 1987. Prolifique, son œuvre est récompensée par plusieurs distinctions : le Grand prix littéraire d’Afrique noire pour Maman a un amant, le Grand Prix du roman de l’Académie française pour Les Honneurs perdus, publié en 1996, et le Grand Prix de l’Unicef pour La Petite fille du réverbère. Elle est aussi chevalier des arts et des lettres

En 1995, Le Canard enchaîné relève des emprunts au roman Fantasia chez les ploucs de Charles Williams. Par la suite, Pierre Assouline, de la revue Lire, identifie des emprunts pour une trentaine de passages auprès de quatre auteurs différents. En se fondant sur ce travail de comparaison effectué par Pierre Assouline, le site web du magazine Télérama de juillet 2008 qualifie Calixthe Beyala de« récidiviste de la kleptomanie littéraire ». Selon le Monde, Calixthe Beyala se défend en novembre 1996 des accusations de Pierre Assouline, en se déclarant victime de « persécution[s] » et de la « haine raciale » des « journalistes de gauche». Elle accuse aussi Ben Okri d’avoir plagié son premier roman, après que le traducteur allemand de celui-ci eut signalé des coïncidences troublantes entre les deux romans.

En mai 1996, le tribunal de grande instance de Paris juge que son roman Le Petit Prince de Belleville est une « contrefaçon partielle » d’un roman de Howard Buten, Quand j’avais cinq ans, je m’ai tué. Calixthe Beyala ne fait pas appel.

Selon Hélène Maurel-Indart, Calixthe Beyala aurait également plagié La Vie devant soi de Romain Gary (Goncourt 1975). D’autres de ses récits ont été suspectés d’emprunts puisés chez Ben Okri,Paule Constant, Charles Williams et Alice Walker Lors d’une entrevue avec la journaliste Catherine Argand pour le magazine Lire, l’écrivain Paule Constant déclare : « elle n’est pas la seule à m’avoir plagiée».

Calixthe Beyala critique la sous-représentation des minorités visibles dans le paysage audiovisuel français. Elle est l’initiatrice et la porte-parole de l’association collectif Égalité, fondée en décembre 1998, dont deviennent également membres l’humoriste Dieudonné, le chanteur Manu Dibango et Luc Saint-Éloy. En 1998, elle dépose plainte contre le CSA et le gouvernement français devant l’absence de Noirs à la télévision. Cette démarche conduit le collectif à être reçu, en octobre 1999, par le président du CSA de l’époque, Hervé Bourges. En 2000, elle monte avec Luc Saint-Éloy sur la scène de la cérémonie des César du cinéma pour y revendiquer une plus grande présence des minorités sur les écrans français. Elle y rend également hommage à la comédienne Darling Légitimus, décédée en décembre 1999, que les organisateurs de l’événement n’avaient pas citée lors de leur hommage aux comédiens disparus au cours de l’année précédente. Le 22 février 2005, elle intervient dans le quotidien Le Monde pour réfuter toute « hiérarchie dans la souffrance », lancer un appel au dialogue entre Noirs et Juifs, et condamner les positions prises par Dieudonné. Dans le Figaro du 12 décembre 2007 et l’émission télévisée Revu et Corrigé sur France 5, elle se distingue en saluant la visite de Mouammar Kadhafi en France, et ses actions politiques en tant que dirigeant libyen et africain.

Elle s’est également engagée pour la lutte contre le sida, la promotion de la francophonie, la Maison des peuples d’Afrique. Elle est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. Son action associative et ses prises de positions militantes ont été récompensées par le prix de l’Action communautaire en 2000, et elle a reçu le prix Genova 20023.

Calixthe Beyala a intenté un procès à Michel Drucker, dont elle dit avoir été la maîtresse, auquel elle reproche de ne pas avoir été payée pour sa contribution à un livre de l’animateur (auquel elle a consacré un roman à clé, L’Homme qui m’offrait le ciel). En première instance en juin 2009, elle perd ce procès mais en appel, en janvier 2011, Michel Drucker est condamné à lui verser 40 000 euros.

En janvier 2011, elle prend fait et cause pour Laurent Gbagbo qui avait été déclaré perdant par les Nations unies des élections présidentielles ivoiriennes de 2010, accusant plus tard, lors d’une interview sur I>Télé, les forces d’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) d’avoir envahi la Côte d’Ivoire, puis contestant la valeur et les conclusions des enquêtes conduites par Human Rights Watch.

En mars 2008, Calixthe Beyala suscite une forte réprobation, lorsqu’elle s’exprime en faveur du dictateur libyen Kadhafi.

Calixthe Beyala est une écrivaine engagée qui use de la provocation et du scandale pour attirer l’attention sur ce qu’elle juge être des injustices. Ainsi ses romans, à l’instar de Femme nue, femme noire (2003), suscitent autant d’indignation que d’enthousiasme. Ainsi érotisme et pornographie finissent par se confondre dans le « capitalisme outrancier qui impose sa loi ». Son engagement littéraire en dernière analyse, au-delà du paradoxe entre moyens littéraires et objectif moral, vise à dénoncer la mondialisation dans son entreprise d’uniformisation des esprits : « son écriture recourt aux procédés les plus communs à la vox populi comme le plagiat et le cliché tout en versant dans le registre populaire afin de dénoncer les dangers d’une mondialisation qui formate l’humanité égoïste par la valorisation d’une culture consumériste et hédoniste».

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