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Dérive : casses et pillages au Hilton Hôtel

Des commerces, une banque et des locaux d’entreprises mis à sac au cours des expulsions forcées perpétrées par la Sni, à travers sa société immobilière, la Cameroon hôtels corporation Sa. La facture des pertes et manque à gagner évaluée à près de 2 Milliards Fcfa ainsi que des centaines d’emplois détruits.

La sérénité n’est pas de retour au centre commercial du Hilton hôtel de Yaoundé. Tellement les impacts de la violence des expulsions de certains locataires sont toujours visibles. Ils sont toujours  nombreux, ces travailleurs désormais désœuvrés abandonnés à l’errance à longueur de journées dans l’attente de la reprise d’activités de leurs employeurs. Les quelques patrons rencontrés sur le terrain avancent le chiffre de plus de deux cents employés au moins ainsi poussés au chômage. Ceux-ci exerçaient des emplois directs dans les dix-huit commerces et entreprises expulsés de leurs locaux aux premières heures de la matinée du lundi 04 mars 2014 par la Cameroon hôtels corporation S.A., une société immobilière du portefeuille de la Sni.

Cette opération fait suite à une décision du tribunal de première instance de Yaoundé, centre administratif, portant expulsion de la société civile immobilière Bâtiment et immobilier (Batimo) et des occupants de son chef en ces lieux au profit de la Cameroon hôtels corporation S.A. Dans le fond, cette décision nourrie des contradictions. Par exemple, les locataires affirment n’avoir jamais été partie prenante à ce procès et que par conséquent, ils ne pourraient souffrir des affres de son verdict.  Mais c’est plutôt l’exécution de la décision, ayant donné lieu  à des casses, des destructions de biens et des pillages des locaux visités par l’huissier de justice et sa troupe de déménageurs qui fait davantage jazzer dans l’opinion.

« Nous avons vu un huissier de justice entrer dans nos bureaux ce matin, sans nous demander quoi que ce soit, des gros bras sont entrés nous brutaliser en nous mettant dehors, et balancer tout dehors et même l’argent. Moi de la société Finex, j’ai reçu une grosse du tribunal vendredi à 17 h, je dis bien à 17h. Je suis surpris, que lundi avant 08h que l’on nous mette dehors. Nous sommes à jour de nos loyers avec Batimo. La nouvelle société qui a pris les rênes ne nous a jamais adressé un document nous faisant savoir que nous ne traitons plus avec Batimo » nous a confié M. Joël Aboutou, un comptable en service dans un établissement bancaire implanté au centre commercial du Hilton hôtel.

« On a vu des voyous débarqués, des fumeurs de chanvres nous molester et nous mettre dehors » renchérie une employée qui évoque sous cape en termes de pertes des centaines de millions Fcfa emportées sans compter les manques à gagner qui s’accumulent quotidiennement. Une discothèque ayant pignon sur rue a vu ses portes soufflées, son bar éventré, la piste de danse et d’autres équipements détruits. Un coffre-fort y a été emporté, selon un témoin de la scène. Des employés évoquent plus d’Un demi-milliard Fcfa de pertes.

L’ardoise des expulsions forcées des locataires du complexe commercial du Hilton hôtel de Yaoundé semblent être de la mer à boire pour son commanditaire. Le décompte des dégâts et leurs conséquences autant sociales qu’économiques nourrie donc de vives tensions à tels point que les observateurs pronostiquent une valse de batailles judiciaires entre les locataires désabusés contre la Cameroon hôtels corporation S.A. Sans doute conscient du mal qu’il aura à faire taire les récriminations dont il fait l’objet, le nouveau bailleur a aussitôt engagé, après son forfait, des négociations avec les locataires désabusés à l’effet de désamorcer la bombe.

En rappel, la Cameroon hôtels corporation S.A dont le siège social est à l’immeuble Sni, a signé en date du 03 avril 2009 pour le compte du Hilton hôtel de Yaoundé un contrat de bail commercial avec la société civile immobilière Batimo, portant sur la gestion du centre commercial pour un loyer de Neuf millions Fcfa par trimestre. Une clause contractuelle que Batimo n’a pas cru devoir respecter en dépit des paiements des baux par ses locataires.

Source : Repères

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