
Réunis à Yaoundé ce 13 février 2026, les acteurs débits de boissons, des OGC et des boissons du Cameroun ont officialisé la mise en œuvre de la décision conjointe Minac-Mincommerce. Désormais, chaque bouteille vendue contribuera directement aux revenus des créateurs.
L’hôtel Franco de Yaoundé a servi de cadre, ce vendredi 13 février 2026, à un événement que beaucoup qualifient déjà de « tournant décisif ». Sous l’égide des cinq Organismes de Gestion Collective (OGC) et en présence d’un représentant de la Présidence de la République, la décision conjointe 00034/Minac/Mincommerce du 25 avril 2023 est entrée dans sa phase active. Objectif : fixer les modalités de perception des droits d’auteur auprès des débits de boisson.
Un front uni contre la précarité artistique
L’image était forte : autour de la même table siégeaient les responsables des OGC, les syndicats de distributeurs et détaillants (Aneba, Syndebarcam, Synedeboc, etc.), la direction des Boissons du Cameroun, ainsi que les représentants des ministères des Arts et de la Culture, et du Commerce.
Pour le Dr Ateh Bazor, PCA de la SONACAM et porte-parole des OGC, le sentiment de fierté prédomine : « C’est un jour historique. Nous franchissons un pas de géant dans la politique de l’État visant à éradiquer la pauvreté en milieu artistique », a-t-il déclaré, saluant au passage la vision du Chef de l’État, Paul Biya, pionnier de la gestion collective par les artistes eux-mêmes.
La fin du « racket » et de l’arbitraire
L’innovation majeure réside dans le prélèvement à la source. Jusqu’ici, le recouvrement des droits était source de conflits permanents. « Il y avait trop de tensions entre les OGC et les tenanciers. On faisait intervenir des huissiers, le matériel était saisi et parfois détérioré », a rappelé Ateh Bazor, n’hésitant pas à pointer du doigt les dérives passées de certains percepteurs véreux.
Roger Tapak, président des détaillants, a renchéri en soulignant que l’ancien système, basé sur « la tête du client », favorisait la corruption. « Aujourd’hui, tout est clair. Le syndicat a accepté de payer car l’injustice a été levée », a-t-il assuré.
Le mécanisme : 1 franc par bouteille
Le fonctionnement technique, rendu possible par un logiciel dédié mis en place par les Boissons du Cameroun, est d’une simplicité chirurgicale :
Le tarif : Pour chaque bouteille vendue, 1 franc CFA est reversé aux artistes (soit 12 francs par casier).
Le circuit : L’argent est collecté par les distributeurs, puis reversé sur un compte de dépôt spécial.
La répartition : Les sommes seront redistribuées aux cinq OGC.
« Cette convention va apporter des milliards aux artistes », projette avec optimisme l’artiste Joly Koum, administrateur à la SONACAM. De son côté, le Dr François Edimo, président de la CCOGC, a annoncé que la première répartition de 2026 aura lieu dans moins de deux mois.
Un écosystème solidaire
Pour les Boissons du Cameroun, représentées par Mme Elimbi, ce soutien est stratégique : « Les artistes, les bars et les distributeurs sont essentiels à notre écosystème. Sans eux, nous n’existons pas. » Un avis partagé par Hervé Nana, président des distributeurs, qui souhaite que les artistes deviennent enfin de « véritables miroirs du Cameroun ».
Avec cette réforme, le Cameroun devient le premier pays africain à instaurer un tel mécanisme. Le vœu de toute une corporation est désormais que l’élargissement de cette assiette permette enfin à l’artiste camerounais de vivre dignement de son art.
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