
Le Palais des Congrès de Yaoundé sert de cadre, depuis ce jeudi 23 avril 2026, à la conférence annuelle des responsables des services centraux et déconcentrés du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF). Entre bilan technique et cri d’alarme face aux violences barbares, cette édition se veut le point de départ d’une riposte nationale.
Un cadre de pilotage stratégique
Venus des dix régions du Cameroun, les délégués régionaux, les chefs de services et les responsables des Unités Techniques Spécialisées (UTS) se sont réunis autour d’un objectif majeur : « Renforcer l’autonomisation des femmes et des familles dans un contexte marqué par des fléaux sociaux émergents ».
Plus qu’une simple rencontre administrative, cette conférence est un outil de gouvernance qui permet d’ajuster les politiques publiques aux réalités du terrain. Pour le ministère, il s’agit d’évaluer les recommandations de l’année écoulée et de planifier les actions de 2027 en cohérence avec les orientations du sommet de l’État.
Le constat glaçant de Marie Thérèse Abena Ondoa
L’ouverture des travaux par Madame la Ministre, Marie Thérèse Abena Ondoa née OBAMA, a été marquée par une solennité poignante. Après une minute de silence en mémoire des collaborateurs disparus et des victimes de violences, la Ministre a dressé un tableau sombre de la conjoncture sociale actuelle.
« Le peuple camerounais assiste médusé à des actes d’une rare barbarie. Pour le seul premier trimestre de cette année, il a été rapporté le décès d’une trentaine de femmes et plus d’une demi-dizaine de cas d’infanticides », a-t-elle déclaré.
Elle a pointé du doigt la banalisation du crime, souvent commis au sein même du cercle familial, tout en s’inquiétant de la montée des discours de haine sur les réseaux sociaux. Un hommage vibrant a été rendu aux personnels exerçant dans les zones de crise (Extrême-Nord et NOSO), qui maintiennent le service public malgré des conditions sécuritaires précaires.
L’autonomisation comme bouclier
Le thème de cette année fait écho aux engagements du Président de la République, Paul Biya, qui, lors de son discours du 6 novembre 2025, réaffirmait que la protection des femmes et des jeunes serait au cœur de son nouveau septennat. Pour le MINPROFF, l’autonomisation économique n’est pas qu’un concept financier, c’est un levier de protection contre la vulnérabilité.
Des réformes concrètes en examen
Sous la coordination du Secrétaire Général, M. Moussa Aoudou, quatre exposés majeurs ont meublé cette première journée :
- Performance : La présentation d’une nouvelle cartographie des programmes du MINPROFF pour un meilleur suivi des résultats.
- Économie : Les stratégies pour faire de l’entrepreneuriat féminin un moteur de transformation durable (Mme NDAGHA Cordelia).
- Droits : Un focus sur les nouveaux enjeux juridiques liés à la protection de la femme (Mme WONGOLO Vanessa).
- Enfance : La mise en place de dispositifs de veille face aux nouveaux dangers (cybercriminalité, maltraitance) (Mme NDÉMAZE Pascaline).
Accompagnée de nombreuses personnalités, dont le Ministre des Affaires Sociales (MINAS) et de la représentante de la Présidence de la République, Marie Thérèse Abena Ondoa attend de ces assises des résolutions fortes et applicables immédiatement sur le terrain.
En attendant le verdict de demain
La conférence se poursuit ce vendredi 24 avril avec trois autres exposés techniques, avant la lecture des résolutions finales. Ces dernières sont très attendues par les acteurs sociaux, car elles définiront la feuille de route du ministère pour les mois à venir.
Le discours de clôture de la Ministre devrait venir sceller cet engagement renouvelé pour une famille camerounaise plus forte, plus digne et mieux protégée.
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