
Rites de veuvage dégradants, spoliations massives, exclusion sociale… Au Cameroun, perdre son époux s’apparente encore trop souvent à une descente aux enfers pour des milliers de femmes. À l’approche de la 16ème édition de la Journée Internationale des Veuves ce 23 juin 2026, le pays se mobilise autour d’un cri de ralliement crucial : « Justice, dignité et autonomisation économique ». Décryptage d’un combat culturel et juridique qui nous concerne tous.
Un tableau encore trop sombre au pays de Manu Dibango
Sur le papier, l’arsenal juridique camerounais s’est considérablement enrichi. Entre la criminalisation de la déshéritation dans le Code pénal de 2019 et la récente loi de décembre 2024 modernisant l’état civil pour sécuriser les actes de mariage, le gouvernement montre des muscles.
Mais sur le terrain, le poids de la tradition patriarcale et des coutumes rétrogrades pèse encore de tout son poids. Rites de veuvage humiliants, confiscation des terres par la belle-famille, isolement total, chantage affectif impliquant les enfants… Privées d’accès à la justice par manque d’information ou par peur du qu’en-dira-t-on, de nombreuses veuves basculent instantanément dans la grande précarité.
« Garantir la justice pour les veuves, ce n’est pas une faveur qu’on leur fait, c’est un droit. Il faut que l’arsenal civil prenne définitivement le dessus sur les abus coutumiers », glisse un juriste engagé dans la cause.
L’arme fatale : L’indépendance financière et le Guide en langues nationales
Pour cette édition 2026, la stratégie change de paradigme. L’accent est mis sur l’autonomisation économique. L’objectif ? Permettre à ces femmes de ne plus dépendre de la « charité » d’une belle-famille parfois hostile, en les formant aux Activités Génératrices de Revenus (AGR) et à l’entrepreneuriat.
L’autre grande innovation pratique qui va rythmer cette quinzaine d’activités est la vulgarisation massive du Guide d’Accompagnement Juridique des Veuves. Preuve que le combat s’adapte aux réalités locales, ce précieux sésame a été traduit en quatre de nos langues nationales : le Pidgin, l’Ewondo, le Fufuldé et le Ghomala. Une initiative saluée par les acteurs de terrain, car elle permet de briser la barrière de l’analphabétisme et de porter le message de la liberté au cœur des zones rurales.
Une célébration XXL : Tables rondes, médias et plaidoyers
Si le lieu officiel des grandes articulations reste à déterminer, le programme s’annonce d’ores et déjà électrique à travers le triangle national :
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Des séances d’alphabétisation juridique et des dialogues communautaires avec les chefs traditionnels et religieux pour tordre le cou aux rites dégradants.
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Des ateliers de renforcement des capacités entrepreneuriales pour donner le pouvoir financier aux veuves.
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Des tribunes de témoignages poignants où les principales concernées prendront la parole pour inspirer leurs paires.
Toutes les forces vives de la nation – administrations publiques, Collectivités Territoriales Décentralisées, secteur privé, artistes, médias et société civile – sont appelées à faire bloc.
Pour que le 24 juin ne soit pas un retour à l’indifférence
Célébrer les veuves le 23 juin est une nécessité absolue, mais le véritable défi commencera le lendemain. La culture d’une nation se mesure à la manière dont elle traite ses membres les plus vulnérables. Nos veuves ne sont pas des poids pour la société ; elles sont des piliers de familles, des gardiennes de mémoire et des actrices de développement à part entière. En 2026, il est temps que la peur change de camp. Que les spoliateurs tremblent, car la justice et la dignité sont en marche. Et vous, quel regard poserez-vous sur la veuve de votre quartier après le 23 juin ?
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