
Ce mercredi 30 septembre 2026, la salle des conférences du bâtiment annexe du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) a abrité une réunion élargie aux partenaires stratégiques. Présidée par Monsieur Moussa AOUDOU, Secrétaire Général du MINPROFF, cette assise vise à élaborer une stratégie nationale renforcée contre les féminicides et les violences basées sur le genre (VBG).
Le constat est sans équivoque et le ton se veut résolu. Face à la résurgence des violences faites aux femmes au Cameroun, le MINPROFF entend adapter son dispositif d’action. En ouvrant ces travaux de réflexion au nom de Madame le Ministre, le Secrétaire Général Moussa AOUDOU a rappelé l’urgence d’agir face à un phénomène qui touche au cœur des droits humains fondamentaux.
Un continuum de violences à stopper à tout prix
Dans son allocution d’ouverture, Moussa AOUDOU a tenu à redéfinir la gravité particulière des crimes visant les femmes. « Le féminicide n’est pas une violence comme les autres. C’est le point culminant d’un continuum de violences, de discriminations et du silence », a-t-il déclaré, martelant qu’aucune politique publique ne peut se dire efficace tant que cette réalité persiste.
Un constat partagé par Mme Françoise Bernadette BEKONO, Sous-Directeur de la Promotion des Droits de la Femme au MINPROFF. « Depuis 2023, l’ampleur est alarmante. L’objectif de cette rencontre est de réfléchir ensemble pour pouvoir déceler les stratégies de renforcement des mesures gouvernementales à prendre », a-t-elle précisé lors de son intervention.
Adapter le cadre juridique de 2016 aux réalités actuelles
Bien que le Cameroun se soit doté d’instruments légaux solides, notamment à travers le Code pénal révisé de 2016, les acteurs réunis au bâtiment annexe du MINPROFF s’accordent sur la nécessité d’intensifier la réponse institutionnelle et interministérielle.
« L’arsenal juridique existait déjà avec la loi de 2016, mais nous voulons voir comment nous pouvons encore réfléchir mieux avec les autres administrations pour déceler ce que nous pouvons renforcer pour que ces féminicides cessent », a souligné Mme BEKONO.
Les 5 exigences impératives de la riposte
Pour guider les travaux et aboutir à une réponse d’État cohérente et immédiatement opérationnelle, le Secrétaire Général Moussa AOUDOU a fixé cinq axes prioritaires :
Prévention : Éduquer dès le plus jeune âge et déconstruire les normes sociales qui légitiment la violence.
Prise en charge : Renforcer l’alerte précoce, l’hébergement d’urgence et l’accompagnement global des victimes.
Répression : Mettre un terme définitif à l’impunité grâce à une chaîne pénale diligente et exemplaire.
Collecte de données : Documenter et suivre rigoureusement chaque cas à l’échelle nationale.
Coordination : Harmoniser les actions interministérielles pour une efficacité maximale.
« Est-ce que cette mesure aurait pu sauver une vie ? »
En exhortant les experts et partenaires présents à travailler avec rigueur, objectivité et humanité, le Secrétaire Général a assigné un cap éthique à la concertation : « Que chaque stratégie que nous proposerons soit guidée par une seule question : est-ce que cette mesure aurait pu sauver une vie ? »
Cette rencontre marque ainsi une étape clé vers l’élaboration d’une feuille de route gouvernementale renforcée, destinée à assurer une protection effective des femmes et des jeunes filles à travers tout le Cameroun.
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