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Pour le Cameroun, BIMBIA doit être reconnu comme Patrimoine mondial de l’Unesco

Beaucoup n’y pensent certainement même pas, et d’autres l’ont sûrement oublié. Le site de Bimbia jadis réservé à  la déportation des esclaves, est l’un des rares vestiges au monde à porter encore les traces de ce commerce triangulaire qui a duré pendant des centaines de siècles. Il faisait alors l’objet d’un symposium international de trois jours impulsé par le ministère des Arts et de la culture, du 20 au 22 juin 2017 à Yaoundé avec pour thème : « Bimbia, lieu d’esclavage, mémoire de l’humanité ». Acteurs culturels, chercheurs, universitaires, diaspora africaine, promoteurs de tourisme culturel et autres spécialistes ont pu se pencher sur la problématique des sites mémoriels et de l’esclavage avec pour finalité de rétablir les ruines actuelles de Bimbia dans son contexte historique et patrimonial. Ainsi, le Dr. Liza Aubrey, enseignante à l’Arizona State university, a révélé avoir retracé au cours de ses recherches 166 navires de négriers partis de la côte camerounaise entre le 17ème  et le 19ème siècle. Cependant, comment expliquer les causes de la disparition de Bimbia des cartes et de l’histoire, voire le désintérêt affiché par les chercheurs pour cet édifice?

Classé sur la liste des sites culturels d’intérêt historique le 18 mars 2013 par le gouvernement, le Minac a réitéré le souhait de celui-ci à mieux le (le site) positionner sur l’échiquier international comme  patrimoine : « Nous ne devons pas ignorer toute l’histoire internationale faite de manière triangulaire entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques dans le cadre de la traite transatlantique. Bimbia a certainement été l’un des ports les plus importants pendant près de trois siècles. Il s’agit pour nous aujourd’hui de réaffirmé des principes fondamentaux tels que ceux de l’interdiction de l’esclavage, mais également la nécessité  de reconstruire un vivre ensemble harmonieux dans le cadre d’un un monde multiculturel où les exigences de tolérance, de respect de la différence, de non-discrimination et de lutte contre le racisme sont  des idéaux partagées par l’ensemble des nations civilisées. Nous voulons que Bimbia soit érigé en tant que lieu de patrimoine commun de l’humanité », soulignait le Minac, s’inspirant de la convention adoptée en 1972.

A ce jour, le Cameroun possède 2 sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco: la réserve de faune du Dja et le trinational de la Sangha. La réserve de faune du Dja fut le premier site camerounais inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 1987. C’est l’une des forêts humides d’Afrique les plus vastes et les mieux protégées, 90% de sa superficie restant inviolé. Le trinational de la Sangha a été quant à lui, inscrit à ce patrimoine en 2012. Situé dans le nord-ouest du bassin du Congo entre le

En effet, Bimbia est un petit village au bord de l’océan atlantique. Situé dans la région du Sud-Ouest Cameroun et au Sud-Est de Limbé dans le département du Fako, ce village  conserve jusqu’aujourd’hui des vestiges de la traite négrière. De par sa position littorale donc, Bimbia était un port très prisé de déportation des esclaves.

Tout ceci pour reconstituer la vérité sur cet emplacement historique, mais aussi en finir avec les non-dits concernant la pratique de l’esclavage au Cameroun.

Aussi, c’était l’occasion de toucher aux traumatismes et conséquences issus de cette époque, de réfléchir à une méthode  sous-régionale de promotion du site de Bimbia. Ceci en mettant en place les bases d’un projet intégré de développement durable avec les dimensions sociale, culturelle, mémorielle, économique et environnementale. D’autre part, Bimbia certes se trouve au Cameroun, mais Bimbia c’est un lieu de mémoires international qui malheureusement a été méconnu et demeure encore à bien des égards inconnu.

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