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L’écrivaine Camerounaise Djaïli Amadou Amal première lauréate du ‘’Prix Orange du livre en Afrique’’ !

L’auteure camerounaise est la première lauréate du Prix Orange du livre en Afrique. Dans « Munyal », elles dénonce la situation des épouses soumises.

C’est un poids terrible qui étreint au sortir de la lecture de « Munyal, les larmes de la patience ». Un roman bouleversant racontant le destin de deux femmes du nord du Cameroun, peules musulmanes, à qui on n’assigne qu’une seule place : épouse soumise au mari désigné dès l’entrée dans la puberté. A 17 ans, Ramla et Hindou, deux demi-sœurs, savent qu’il est temps pour elles de se marier : pour l’honneur, le rang et le prestige des familles. Ramla doit épouser le riche Alhadji Issa, 50 ans, et Hindou le cousin Moubarak, alcoolique et violent. Adieu le rêve de devenir pharmacienne auprès d’un mari choisi, pour la première ; celui d’être une épouse respectée, pour la seconde.

Dès lors, les mères, les tantes, reprenant l’injonction des pères, des oncles, ne cesseront de leur répéter : « Accepter tout de nos époux. Il a toujours raison, il a tous les droits, et nous, tous les devoirs. Si le mariage est réussite, le mérite reviendra à notre obéissance […]. Si c’est un échec, le causer sera de notre seul fait », fait dire Djaïli Amadou Amal à l’un de ses personnages. Et pour accepter cela, une seule règle : « munyal » ! « Patience à toute épreuve, à toute douleur, à toute peine. » On s’en doute, le mariage finira mal pour Hindou, terrorisée par son époux. Brisée, Ramla tentera d’accepter sa situation, mais devra affronter la jalousie de Safira, la troisième héroïne du livre et la première épouse, qui fera tout pour le rester.

Dans une langue élégante, l’auteure camerounaise dénonce avec force une situation banale et révoltante : les femmes échangées, l’hypocrisie des familles, la rivalité entre les coépouses, le savant piège social qui maintient les femmes dans un état de servilité, puisque de leur soumission dépend l’avenir de leurs enfants. On comprend mieux pourquoi la plupart préfèrent être complices de leur malheur. Djaïli Amadou Amal sait pourtant que l’espoir, même infime, existe. Et cet espoir a un nom : éducation.
« Munyal, les larmes de la patience », de Djaïli Amadou Amal, éd. Proximité, Cameroun.

3 questions à Christine Albanel, présidente de la Fondation Orange

Paris Match. Pourquoi ce Prix du livre ?
Christine Albanel. Orange est présent dans une vingtaine de pays d’Afrique et, jusque-là, la Fondation Orange concentrait son action sur l’éducation, les femmes, le développement du digital, mais pas sur la culture. Or c’est pour nous très important. Nous avons donc lancé ce Prix du livre, présidé par Jean-Christophe Rufin.

Les finalistes seront au festival Etonnants voyageurs

Quel en est l’esprit ?
Nous avons voulu donner un coup de projecteur aux auteurs publiés dans les maisons d’édition africaines. Avec le soutien de l’Agence culturelle africaine et l’appui bienveillant des instituts français, nous avons mis en place cinq comités de lecture qui ont sélectionné 59 livres provenant de 16 pays. Les six finalistes ont été invités au Salon du livre à Paris et seront au festival Etonnants voyageurs.

Soutenez-vous d’autres initiatives culturelles en Afrique ?
Oui, pour la première fois, nous accompagnons des festivals de musique. Nous avons reçu 71 projets, et 11 ont été retenus.

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