Le zoo du Bronx s’excuse d’avoir exposé un pygmée congolais dans sa maison de singes, 114 ans après les faits ! - Culturebene
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Le zoo du Bronx s’excuse d’avoir exposé un pygmée congolais dans sa maison de singes, 114 ans après les faits !

La Wildlife Conservation Society (WCS), l’organisation qui gère le zoo du Bronx, a présenté ses excuses pour avoir exposé un pygmée mbuti congolais  Ota Benga dans sa maison des singes en 1906. Pendant une semaine, Ota Benga a été placé dans la cage comme objet d’exposition aux côtés d’un orang-outan.

Dans une déclaration publiée le 29 juillet dernier, le président et directeur général de la WCS, Cristián Samper, a déclaré qu’au nom de la « légalité, de la transparence et de la responsabilité », ils doivent faire face au « rôle historique de l’organisation dans la promotion de l’injustice raciale ». Ces excuses s’inscrivent dans le sillage des protestations en cours contre la discrimination raciale aux États-Unis, déclenchées par la mort de George Floyd en mars dernier.

« Nous nous excusons et nous condamnons le traitement infligé à un jeune centrafricain du peuple Mbuti de l’actuelle République démocratique du Congo », a écrit M. Samper dans la déclaration.

« Il s’appelait Ota Benga. Les responsables du zoo du Bronx, dirigés par le directeur William Hornaday, ont exposé Ota Benga dans la maison de singes pendant plusieurs jours en septembre 1906 avant que l’indignation des ministres noirs locaux ne mette rapidement fin à cet incident honteux et que le révérend James Gordon n’organise le séjour d’Ota Benga dans un orphelinat qu’il dirigeait à Weeksville, Brooklyn. Privé de son humanité et incapable de rentrer chez lui, Ota Benga a tragiquement mis fin à ses jours une décennie plus tard », a-t-il ajouté.

La WCS a également condamné le « racisme, les écrits et les philosophies pseudo-scientifiques à base d’eugénisme » qui ont été propagés par deux de ses fondateurs, Madison Grant et Henry Fairfield Osborn, Sr.

Pour réaffirmer leur engagement à réparer leurs torts et à promouvoir la justice sociale, raciale et environnementale, l’organisation a déclaré qu’elle mettrait en ligne tous les documents connus qu’elle possède sur Ota Benga. L’organisation a également annoncé qu’elle embauchera un responsable de la diversité qui travaillera avec le PDG et le directeur de l’exploitation pour l’aider à mettre en place son plan de diversité, d’équité et d’inclusion qui a été introduit en 2019.

Qui était Ota Benga ?

Ota Benga un pygmée Mbuti congolais a été exposé avec d’autres pygmées lors d’une exposition d’anthropologie à la Louisiana Purchase Exposition à St. Louis, Missouri, en 1904 et au zoo du Bronx à New York avec d’autres animaux en 1906.

Né vers 1883, Benga a été amené aux États-Unis après avoir été acheté à des marchands d’esclaves par Samuel Phillips Verner, un missionnaire, anthropologue et homme d’affaires américain. Sous contrat avec la Louisiana Purchase Exposition, Verner est venu en Afrique en 1904 pour « trouver » les pygmées pour l’exposition.

Après l’exposition, Benga, ainsi que les autres pygmées ont été renvoyés au Congo par Verner. Il est resté avec la tribu des Batwa pendant un certain temps, mais a choisi de retourner aux États-Unis avec Verner.

À son retour, Verner hébergea brièvement Benga au Musée américain d’histoire naturelle puis le transféra au zoo du Bronx en 1906 où il fut exposé avec les autres animaux. D’abord engagé comme aide au zoo, Benga a ensuite été utilisé comme objet d’exposition après que le directeur du zoo ait remarqué que les visiteurs s’intéressaient à lui.

Le traitement infligé à Benga a été fortement condamné par plusieurs tabloïdes afro-américains. Une pétition pour sa libération du zoo du Bronx a également été envoyée au maire de New York de l’époque, George B. McClellan Jr, par le Dr R. S. MacArthur, porte-parole d’une délégation d’églises noires.

Le maire a succombé à la pression et a libéré Benga, qui a ensuite été envoyé à l’asile pour orphelins de couleur de Howard. Il a ensuite été transféré à Lynchburg, en Virginie, où il a vécu jusqu’à sa mort.

Après une tentative infructueuse de retour en Afrique, Benga s’est tiré une balle dans le cœur avec un pistolet volé le 20 mars 1916. Il avait 32 ans.

 Source: facetofaceafrica

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