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Corry Denguemo : « Le Groupe Macase continue d’exister… »

De père Centrafricain et d’une mère camerounaise. Ce métissage a sans doute contribué à son succès. Aujourd’hui elle répond à nos questions.

Comment la rappeuse que tu étais a-t-elle pu s’adapter aussi facilement dans un style assez particulier que celui que tu as aujourd’hui ?

C’est vrai que je faisais du rap, seulement à la base je voulais chanter, mais chanter autre chose que du Makossa ou du Bikutsi. J’ai toujours voulu faire dans un style très particulier et le Macase faisait exactement ce que j’avais dans la tête, mais que j’avais du mal à extérioriser. Cela dit, le Hip Hop fait toujours partie de ma vie, je suis toujours dans le milieu rap et je suis toujours avec les hip hoppeurs.

Tu intègres donc le Macase vers la fin des années 90, quelles sont les premières difficultés que tu rencontres à ces moments ?

C’était précisément entre la fin 97 début 98. C’était un tout petit peu compliqué pour moi parce que je ne savais pas chanter et je leurs ai dit tout de suite. J’apprenais encore et ce n’était pas du tout évident, mais ils ont toujours cru en mon talent et m’encourageaient tout le temps. Alors, à force d’apprendre j’ai fini par les convaincre. Ils ont aimé mon feeling, ma façon d’être, mon look et tout…, bref ils ont accroché et j’ai fini par devenir la chanteuse du groupe et je suis restée.

Il faut noter que tu étais la seule femme du groupe, ce n’était pas intimidant ?

Non, je savais ce que je voulais, donc j’étais plutôt très concentrée. Je ne faisais pas les chichis de filles, pas de caprices… j’étais assez disciplinée, je venais toujours à l’heure, quand il fallait faire du sport j’étais là, quand il fallait vite manger pour enchainer les répétitions je le faisais. Donc il n’y avait aucun souci à ces moments là.

Et comment vous organisez-vous pour composer des chansons c’est tout le monde qui participait ? Prenons par exemple « ETAM »…

« ETAM », je l’ai écrite toute seule je l’ai composé avec Blick Bassy. On l’a proposé aux autres qui ont validé à leur tour. Pour ce qui est des restes des chansons, parfois j’écrivais, parfois je composais et pour avoir la mélodie je les soumettais au pianiste, puis on attendait les répétitions pour montrer aux autres et chacun était libre d’apporter sa touche  individuelle et on faisait les arrangements ensemble.

Une parfaite symbiose qui a marché, puisqu’on parle de Macase un peu partout jusqu’au moment où, on n’a pas trop compris pourquoi, mais il y a eu comme une dislocation dans l’air… peux-tu nous en dire plus ?

Dislocation… beh, Blick Bassy a tout simplement voulu poursuivre sa carrière solo à l’international, c’était pareil pour Henri… écoutez, à un moment il arrive dans une famille qu’un fils décide de se prendre une chambre à coté pour pouvoir inviter les « petites » (rire), c’est un peu ça quoi. Un moment où il décide de voler de ses propres ailes et c’est ce qui nous est arrivé on va dire.

Cette tournure des choses arrangeait-elle tout le monde, ou plutôt, aviez-vous essayé de rester ensemble malgré tout ?

Euh…ouais. Bon beh, quand quelqu’un veut partir il n’y a pas de souci, pas de problème, le noyau dur reste et continue à faire vivre le groupe, c’est tout.

Après leur départ, quel est le fonctionnement actuel du Macase ?

Le groupe Macase continue à fonctionner à Bastos comme d’habitude tout simplement, c’est tout ce que j’ai à dire.

Il faut souligner que parallèlement à ta carrière artistique, tu as également des responsabilités au sein de l’association Mango Tree, comment gères-tu ton temps ?

C’est facile, il faut dire que Mango Tree est une association que j’ai mis sur pied avec Paulin Bertrand Bidzogo justement pour accompagner les jeunes talents en leurs offrant un plateau pour s’exprimer, fort du constat qu’il n’y avait pratiquement pas de scènes que certains artistes se retrouvaient complètement lésés et aujourd’hui tous les medias parlent du Mango Night, ce qui nous satisfait énormément. La gestion de mon planning est plutôt relaxe, encore que mon travail pour Mango Night n’est pas quotidien, donc il ne me prend pas tout mon temps.

Les participants à vos ateliers paient-ils leur formation ou les partenaires vous apportent assez ?

L’organisation en elle-même nous coûte pas mal… il n’en demeure pas moins vrai que l’IFC de Yaoundé nous accompagne, il est notre partenaire, donc il nous donne la salle, les moyens logistiques et tout. Certains mécènes aussi commencent à s’intéresser à nous parce qu’ils ont vu que c’est une initiative sérieuse, qui aide à faire avancer la culture. Les apprenants eux ne payent  qu’une modeste somme pour l’inscription.

Nous sommes rendus à la 4e saison du Mango Night, on va dire la 11e édition… quel bilan fais-tu de vos activités aujourd’hui ?

Le bilan pour ma part, est plus que positif, déjà parce que notre partenaire l’IFC nous est resté fidele aujourd’hui les medias sont de plus en plus nombreux à parler de nous et les artistes sont encore plus nombreux à nous solliciter par rapport aux passages dans Mango Night. Le projet prend de l’ampleur et nous sommes de plus en plus sollicités vers d’autres villes. Donc bientôt nous mettrons le cap sur Douala et après on verra bien. Et nous accueillons aussi pas mal d’artistes qui viennent d’ailleurs, des pays comme la France, le Gabon… et qui veulent passer au Mango Night.

Il y a 2 mois tu es rentrée de ta formation en France, pourrait-on avoir plus de détails au sujet de ce voyage ?

J’ai été lauréate du programme visa pour la création de l’Institut Français et j’ai obtenu une bourse de 6 mois de formation, mais je déplore le fait que les medias n’en ont pas parlé, tout le monde disait que Corry a eu une bourse qu’elle est partie et qu’elle ne va forcement pas revenir, mais je suis revenue. J’y suis allée pour 6 mois, de Juin à Décembre et je suis rentrée.

Ça s’est bien passé, ton séjour ?

Ça s’est très bien passé, mais maintenant je suis de retour et je suis en plein dans le Mango Night.

Donc si je comprends bien les medias auraient dû vous consacrer plus d’attention ?

Oui, parce qu’ils ont passé le temps à parler d’autre chose au lieu de l’essentiel

Et c’est l’essentiel pour toi c’était quoi ?

L’essentiel…, j’ai quand même était lauréate, il faut le dire. On était plusieurs et j’ai remporté et ça personne n’en a parlé.

Beh aujourd’hui on en parle finalement

Rire

Et que se soit culturebene.com qui le fait, c’est encore mieux…

Biensûr.

L’idée d’une carrière solo ne t est elle jamais venue à l’esprit ?

Je l’ai toujours dit depuis 5 ans, oui elle me traverse l’esprit permanemment.

Et qu’attends-tu ?

Je n’attends rien. Je n’attends rien du tout.

On va parler de ton association à présent…

Justement, mon association « Voix en chœur », dont malheureusement, on n’en parle pas beaucoup. C’est pour les enfants de la rue, les orphelins, les handicapés, bref les démunis. Elle existe depuis 2006, je compte d’ailleurs relancer les activités, vous serez tenus au courant le moment venu.

On a quand-même remarqué que Corry, depuis son retour se fait toute petite y a-t-il une raison qui se cache derrière ?

Je ne suis pas de celles qui se font voir quand elles rentrent d’un séjour à l’étranger de quelque nature que ce soit. Je reste chez moi, alors si on veut me voir, il suffit de me chercher. Ça fait bizarre que l’on me dise tout le temps « tu viens de rentrer ? » alors que je suis rentrée depuis 2 mois. Je rappelle que ma résidence allait du 15 juin au 15 Décembre et le 15 Décembre à 18h j’atterrissais à Nsimalen.

Perçois-tu toujours tes droits d’auteurs ?

Les droits d’auteurs franchement, ça fait très longtemps je ne suis pas passée de ce côté-là, mais je suis à la SACEM et pour moi c’est l’important. La SOCAM…, je n’aime pas trop en parler parce que je gère d’autres choses dans ma vie et j’estime qu’elle me perd le temps.

D’autres gouts, en dehors de la musique ?

Oui, surtout le théâtre. Beh on va dire un peu de la littérature aussi. Mais la lecture chez moi prend le dessus quand je m’informe sur le net, dans la presse et tout…

Qu’as-tu à dire à tes fans ?

De garder toujours une place pour quelqu’un dans leur cœur. Moi j’ai une place pour tout le monde dans mon cœur.

Ce cœur doit sans doute être énorme…

Rire. Oui, oui, j’ai toujours une petite place qui leur est réservée dans mon cœur, donc qu’ils aient une petite place pour moi également dans leur cœur et qu’ensemble on fasse des choses merveilleuses pour le Cameroun, pour la culture de notre pays.

Merci Corry Denguemo, ce fut un plaisir de nous entretenir avec toi…

C’est moi qui vous dis merci.

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