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Manu killer alias Chaka Zulu : « Je prépare activement mon album »

Bonsoir Manu Killer et merci de nous recevoir dans ton temple, le Safari Club où tu officies comme DJ ?

Bonsoir à vous et à tous les adeptes de culturebene.com

Déjà, ça fait combien de temps que vous travaillez au Safari Club ?

Ça va faire 5 ans déjà. Et je pense j’ai beaucoup à fournir encore à mon public, j’ai su m’imposer ici entant que DJ et le public aime ce que je fais. Je ne compte pas m’arrêter là, d’autant plus que j’ai ma carrière musicale qui toque à la porte. Je prépare activement mon album. Parce que jusqu’ici, je n’ai fait que des featurings dans d’autres projets comme celui de Viviane Etienne, Princesse Pia, le groupe C-Minaire, là je viens de faire un autre feat dans le son « secouer » extrait du tout dernier album de Lady Ponce et je suis en studio actuellement pour poser ma voix sur un titre de l’artiste Sydney. Donc mon album n’est qu’une suite logique de ma mission, qui est de toujours donner du plaisir à mon public, de lui donner de la joie, du bonheur.

Qui vous a inspiré ce métier ?

Ce métier, je peux dire que c’est ma famille qui me l’a inspiré, il y’avait trois DJ. Ce qui fait que j’ai commencé tôt, faute de moyens pour poursuivre mes études. J’accompagnais dés lors l’un  de mes grands frères DJ Quand il était en discothèque. Mon boulot en ce moment consistait à enregistrer des cassettes, lui passer des disques, ou rouler les cassettes pour passer à la chanson suivante. Plus le temps passait, je prenais goût, alors je me suis mis à m’exercer, puis je me suis lancé dans des boites de nuits, à l’époque je me faisais appeler « Manuel le Kilimandjaro ». Et j’en ai fait pas mal, je suis passé par le Moungo, Douala, Mali, Côte D’Ivoire… aujourd’hui je suis Manu Killer « Le Chaka Zulu », j’ai tenu à ajouter ce nom par rapport aux difficultés, à la galère ambiante dont j’ai été victime, aux souffrances que j’ai traversé. Bref, il me fallait un nom qui qualifierait un homme solide et courageux, capable d’endurer toutes ces étapes et pour moi, Chaka Zulu c’était l’un des plus grands guerriers qui n’avaient peur de rien. C’est aussi la raison pour la quelle j’ai opté pour la coupe de cheveux que j’ai actuellement (la crête et la moustache teintées en jaune or).

Déjà d’où quittez-vous pour le Safari Club et comment avez-vous fait pour y être ?

J’étais au César Club. Alors, à chaque fois j’allais souvent faire des petits shows ça et là et un jour je suis invité à la Radio Lumière (Ndi Samba) pour une émission avec Kenzo et il parait que le patron du Safari écoutait l’émission. Très intéressé, il m’invite à son tour à venir faire un petit show un jeudi soir dans la boite, c’était le Jeudi des filles. Le César lui fermait tôt les jeudis, du coup à chaque fois que je finissais là bas, j’enchainais au Safari et c’est comme ça qu’on ma proposé un bon contrat et je n’ai pas hésité, d’autant plus qu’ici je retrouvais  un public plus réceptif.

D’aucuns disent de vous que vous êtes frimeur, charmeur et que vous aimez la tchatche, que répondez-vous à cela ?

Vous savez, les gens ont toujours à dire et auront toujours à dire. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas compris que quand on atteint un certain niveau dans la vie, on ne peut plus embrasser les gens n’importe comment. Pas qu’on ne puisse plus le faire, mais pas n’importe comment. Je vous prends un exemple ; je suis en boite, en plein boulot, il y’a au moins 1000 personnes que je connais, s’il faille que je dise bonsoir à tout le monde, franchement, je n’aurais pas du temps pour bosser. Alors je préfère directement prendre mon couloir et me fixer sur mon travail. Alors, quand je prends ces airs là, des personnes ont comme l’impression que je me prends la tête, non ce n’est pas ça. C’est juste que je ne peux pas consacrer une minute à quelqu’un pour discuter avec moi, sans pouvoir faire autant avec les autres. Je me serais très vite fait accaparer. Alors je préfère sans offenser autrui, être concentré sur ce que je fais tout en restant dans mon coin.

Beaucoup estiment que c’est un métier qui rapporte assez et qui attire des filles. Donnez-nous quelques difficultés que vous rencontrez,  s’il y en a ?

La difficulté majeure à la quelle peut s’attendre un DJ, c’est l’exigence du public. Voila pourquoi il faut avoir un moral très haut pour faire ce métier. Les clients peuvent devenir très capricieux, tu te trouves par exemple devant 500 personnes et chacune d’elles à un goût particulier. Tu te bats dans cas à diffuser un morceau qui arrangerait la majorité, mais il y aura toujours quelques têtes qui bouderont, parce que tu as mis du Sergeo Polo mais pas le titre qu’ils préfèrent. Mais tu dois rester imperturbable, surtout si les gens remplissent la piste de danse, parce que c’est le but. Les gens viennent en boite pour s’amuser, déstresser, se détendre alors tu ne dois pas prendre le risque de constater  ta piste vide, juste parce que tu voulais satisfaire un individu.

Vous est il arrivé que du haut de votre perchoir, un client mécontent vienne vous retrouver et vous balance des grossièretés ?

Oui, plus d’une fois. Ça arrive tout le temps. Mais dans ces circonstances, on se doit de garder son sang froid. On reste poli face au client surtout qu’il est roi. Même lorsqu’il arrive que, ce que veut le client soit infaisable, je le baigne dans l’espoir que ça se fera, histoire de ne pas gâcher sa soirée.

A votre niveau, que faites vous pour promouvoir la culture camerounais ?

A mes heures de show, je programme plus de Bikutsi, c’est vrai qu’avant le coupé decalé s’était imposé partout, mais actuellement ce n’est plus le cas et c’est un plaisir pour moi. Je suis d’autant plus fier qu’aujourd’hui les artistes camerounais sont en plein progrès, ils parviennent à s’imposer à nouveau à l’international.

Comment ça se passe avec vos confrères DJ ?

Nous entretenons de très bonnes relations, déjà nous avons la ligue professionnelle des DJ à Yaoundé comme à Douala qu’on se retrouve tous les mardis pour des réunions et nous avons des cotisations. Bon, c’est vrai la calomnie ça ne manque pas, la jalousie… mais quand tu es l’enfant de Dieu, celui qui médit de toi, tant mieux pour lui.

Quelle est l’image que tu te fais de la « belle » femme ?

Déjà je dirais qui si une femme devrait obligatoirement avoir de belles formes pour être belle, les handicapées n’auraient pas de maris. Donc pour moi, la femme doit être belle à l’intérieur. C’est celle qui a du caractère, qui sait comprendre, qui sait partager et qui sait aimer inconditionnellement.

Est-ce que Manu Killer s’intéresse aussi à l’art ?

C’est vrai beaucoup ne le savaient pas, mais je suis le fils d’un peintre-graphiste-dessinateur. J’ai également hérité de ses talents, pour vous dire qu’au delà du showbiz, je suis un graphiste-designer. Je gère d’ailleurs une entreprise avec mon grand-frère au nom de « Public Graphic concept » située à la montée Anne Rouge et nous faisons dans les banderoles, les cachets, tout ce qui est décoration, même de voitures. Nous répondons au 99 07 63 73.

Voilà, Manu Killer, vous avez tribune libre, à vous le micro, lâchez-vous…

Déjà, j’aimerais souhaiter une bonne et heureuse année 2012 à toute la jeunesse camerounaise et à toute la diaspora camerounaise qui m’a toujours soutenu. Je tenais aussi à dire ceci à la jeunesse ; arrêtons de parler des autres et mettons-nous au travail. Aujourd’hui je suis devenu Manu Killer c’est vrai, je gagne un peu d’argent et les gens m’acclament. Mais beaucoup ignorent ce que j’étais hier. Qui était Manu Killer hier, pour devenir ce qu’il est aujourd’hui ? C’est la question qu’ils doivent se poser. J’ai vécu une galère mais alors, vous ne pouvez pas imaginez. J’ai fait 6 pays africains dans ma vie sans prendre l’avion, je vous épargne les détails. Tout cela pour vous dire que quand on a la foi, on peut y arriver. Après ces pays africains, je suis rentré au pays et si vous jetez un coup d’œil sur ma carte d’identité, vous verrez écrit Profession « Vendeur ». Je faisais mon petit commerce dans la rue, parce qu’à un moment ce métier m’avait dépassé. Mais en fin de compte j’ai cru, j’ai continué à travailler dur et ça a donné ce que ça a donné aujourd’hui. Donc arrêtons de nous mentir dans la vie, le secret de la réussite c’est la confiance en soi.

Le message est passé Manu Killer alias Chaka Zulu, merci de nous avoir reçus, au plaisir de vous revoir très vite, peut être cette fois là devant un micro…

Ce sera avec grand plaisir. Vous savez dans la vie, il n’ya rien de plus beau que de pouvoir s’exprimer. Il y en a qui s’étouffent même, tellement ils ont envie de parler, mais n’ont pas l’occasion. Moi je suis honoré que vous soyez venus m’en offrir. Vous êtes toujours sur le terrain afin de servir du beau, vous abattez un travail énorme pour la culture, merci pour ce que vous faites, bonne année à toute l’équipe de culturebene.com

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